Seulement un tiers des Juifs américains âgés se disent sionistes

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Seulement un tiers des Juifs américains âgés se disent sionistes

Seulement un tiers des Juifs américains âgés se disent sionistes

Une enquête récente de la Jewish Federations of North America (JFNA) révèle un détachement croissant vis-à-vis du terme "sioniste" au sein de la communauté juive américaine. Seulement 37 % des Juifs américains s'identifient comme sionistes, et chez les seniors de 75 ans et plus, ce chiffre tombe à 33 %. Ce constat inattendu met en lumière une évolution des perceptions, même parmi les générations les plus âgées, traditionnellement vues comme plus attachées à Israël.

Des résultats surprenants sur les générations

Contrairement aux idées reçues, les Juifs américains les plus âgés ne sont pas plus enclins à se qualifier de sionistes. L'enquête montre que seuls 33 % des personnes de 75 ans et plus adoptent ce label, un taux similaire à celui des jeunes de 18-34 ans (35 %). Les millennials (35-44 ans) forment l'exception, avec 55 % se déclarant sionistes. Globalement, 88 % des sondés affirment que Israël a le droit d'exister en tant qu'État juif et démocratique, indiquant que le soutien à Israël persiste, mais que le terme "sionisme" est évité.

Parmi les autres réponses : 7 % se disent anti-sionistes, 8 % non-sionistes, 18 % incertains, et 30 % estiment qu'aucun label ne leur convient.

Les racines historiques de la réticence

Pour les générations plus âgées, le mot "sioniste" évoque souvent l'idée d'une immigration en Israël (alyah), comme l'explique la sociologue Sylvia Barack Fishman : « Pour les personnes de plus de 75 ans, un sioniste est quelqu'un qui va vivre en Israël. » Historiquement, le sionisme était un mouvement minoritaire parmi les Juifs américains, qui préféraient se décrire comme "pro-Israël" en soutenant financièrement et politiquement l'État hébreu sans s'identifier idéologiquement.

Le sociologue Ted Sasson note : « Le sionisme était toujours un mouvement politique minoritaire parmi les Juifs américains. » Des accords comme celui de Ben-Gurion-Blaustein en 1950 ont renforcé cette distinction, encourageant le soutien sans lien idéologique fort.

Chez les jeunes, une stigmatisation croissante

Pour les plus jeunes, le terme est devenu "un mot sale" dans les cercles de gauche, souvent assimilé à "suprémaciste blanc". Fishman compare cela à la déligitimation du mot "féministe" : « Pour les Juifs de moins de 30 ans, le sionisme équivaut à 'suprémaciste blanc' dans de nombreux cercles. » Letty Cottin Pogrebin, qui se qualifie de "sioniste libérale", observe que le mot est désormais associé à des symboles négatifs, comme la svastika pour certains.

Les expériences générationnelles jouent un rôle : les aînés se souviennent des guerres d'Israël et des espoirs d'Oslo, tandis que les jeunes perçoivent un Israël sous des gouvernements de droite, ce qui assombrit leur vision.

Implications pour la diaspora juive

Cette enquête signale une transformation dans la manière de s'exprimer plutôt qu'un effondrement du soutien à Israël. Des voix de droite, comme celles de la Zionist Organization of America, y voient un échec éducatif, définissant le sionisme comme « le mouvement pour l'autodétermination et la sécurité juive ».
À gauche, la rabbine Jill Jacobs propose un nouveau vocabulaire pour exprimer les liens avec Israël tout en critiquant son gouvernement : « Je ne pense pas que les termes sionisme et anti-sionisme nous servent plus. »

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