Israël : émouvantes retrouvailles de deux amies d'enfance, 70 ans après la Shoah

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Plus de 70 années se sont écoulées depuis leur dernière rencontre. Tosha et Mariacha, aujourd’hui toutes deux âgées de 87 ans s’observent et n’en croient pas leurs yeux.

Chacune se souvient de l’autre comme d’une enfant âgée de 10 ans, en 1940, pendant la seconde guerre mondiale, dans un camp de travail russe en Sibérie. Elles étaient dans la même classe, habitaient à côté l’une de l’autre et jouaient ensemble l’après-midi. Un an plus tard, leurs chemins se sont séparés et elles ne se sont jamais plus revues.

Il y a un mois et demi, elles se sont retrouvées, de manière assez étonnante. Il s’avère que leurs petits-enfants, Assaf Springer (22 ans) de Beit Hanina et Lital Kohl (20 ans) de Zikhron Yaakov forment un couple depuis un an et demi. Tous deux ont été ébahis d’apprendre que leurs grands-mères avaient été des amies d’enfance en Pologne. Suite à cela, Tosha, qui se nomme aujourd’hui Malka Springer et Mariacha, désormais Myriam Shenker, se sont retrouvées.

Comment se sont passées vos retrouvailles ?

Myriam : J’étais si émue, c’est difficile de le décrire. Quasiment toutes les personnes que j’ai connues enfants ne sont plus.

Malka : J’étais transportée : Je n’étais pas sure de la reconnaître. J’étais curieuse de voir ce qu’elle était devenue. Je ne parle pas polonais au quotidien mais quand nous nous sommes vues, nous avons directement commencé à parler polonais.

Vous êtes-vous reconnues ?

Malka : Non. Nous avons toutes les deux traversé beaucoup d’épreuves au cours de notre vie. Mais elle est fantastique. Lorsque nous avons entamé la discussion, j’ai retrouvé la petite fille d’alors.

Myriam : Je ne l’ai pas reconnue au premier coup d’œil. Mais ses traits m’étaient familiers. Nous avons toutes deux beaucoup changé.

Myriam à droite, et Malka

Myriam à droite, et Malka

De quoi vous souvenez vous ?

Malka : Mariacha était une fille bien. Une jolie blonde avec des tresses et un grand cœur. Nous étions dans la même classe. Nous jouions à la marelle. Nous nous promenions parfois. Nous échangions des livres car il n’y avait pas de bibliothèque.

Myriam : Ils habitaient à côté de chez nous et le père de Tousha venait nous emprunter notre baquet pour se laver.

Aujourd’hui, elles sont toutes deux veuves avec des enfants, des petits enfants et des arrière-petits-enfants. Malka, qui est veuve depuis 7 ans a 3 enfants, 9 petits-enfants et 7 arrière-petits-enfants. Myriam vit à Tel Aviv. Elle est veuve depuis 13 ans, a eu 4 enfants (l’un d’entre eux est décédé). Elle a 11 petits-enfants et 3 arrière-petits-enfants.

Myriam et Malka sont nées en Pologne et se sont rencontrées durant l’horrible seconde guerre mondiale. Jusqu’à l’éclatement de la guerre, Malka vivait dans la ville de Tarnobrzeg en Pologne et Myriam à Cracovie, où son père était un chirurgien respecté. Leurs familles ont été chassées et envoyées dans des camps de travail russes en Sibérie. Elles y sont restées pendant trois ans, souffrant du froid, et de la faim. A la fin de la guerre, elles se sont installées à Reichenbach.

Pourquoi avez-vous souhaité monter en Israël après la guerre ?

Malka : Car nous ne voyions aucun espoir en Pologne. Le voyage vers Israël a été très long et difficile, avec une année et demie passée dans les camps de Chypre. Finalement, je suis montée en Israël à l’âge de 18 ans en 1947 alors que Myriam y vivait déjà depuis un an.

Comment avez-vous réagi en apprenant que la grand-mère de Lital était votre amie d’enfance ?

Malka : Wow ! C’était extraordinaire. Ce sont des choses que l’on n’entend pas tous les jours.

Myriam : J’étais vraiment très émue. Nous avions traversé des moments difficiles ensemble. Depuis, nous avons passé beaucoup de temps à en discuter.

C’est Myriam qui s’est rendue chez Malka car cette dernière a des difficultés à se déplacer. Elles s’appellent toujours par leurs prénoms polonais, Tosha et Mariacha. Depuis leur rencontre, elles gardent le contact, par téléphone et par mail. "C’est rare de retrouver une amie à cet âge. Une amitié si forte, c’est une seule fois dans une vie", conclut Myriam.

Y a-t-il une chance pour que vous soyez un jour parentes ?

Qui sait ? a répondu Malka dans un sourire malicieux. J’en serais ravie.

Source: mynethadera.co.il

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