Poète juif : Charles Reznikoff, New York, New York

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Poète juif : Charles Reznikoff, New York, New York

Charles Reznikoff : New York, New York

Né en 1894 à Brooklyn de parents russes émigrés aux États-Unis pour échapper aux pogroms tsaristes, Charles Reznikoff grandit dans le ghetto juif de Brownsville.

Il s’oriente vers le droit et est admis au barreau de New York. Il  fonde avec  George Oppen et Louis Zukofsky le mouvement « objectiviste » soutenu par Ezra Pound et William Carlos Williams.

Sa pratique du droit restera une expérience déterminante dans son travail poétique, notamment dans ses livres "Témoignage : les États-Unis 1885-1890" fondé  sur les archives des tribunaux de la fin du XIXe siècle et "Holocauste", écrit à partir des comptes rendus des procès de Nuremberg et d’Eichmann.

"À la source du vivre et du voir" est un livre majeur dans la bibliographie de l'auteur. Il dépasse largement l'aspect autobiographie pour plonger en un art poétique.

S'y retrouve la capacité d’émerveillement - tout sauf naïve -  de l'auteur en son regard sur les rues de New York  lourdes du  passé  de la ville  mais ouvertes sur une civilisation nouvelle construite sur  un mythe lointain de légendes disparues, grecques et hébraïques.

Mais pour mieux retrouver le tangible  et l'immédiat afin d' enlacer les plaintes d'une autre musique pour maîtriser le temps, ses flux et ses reflux au gré des vieilles prophéties.

En conséquence le livre "avance vers le passé" dans ce retour vers l’enfance du poète entre le ghetto juif  de Brownsville , Harlem, Brooklyn.

En émerge découverte de la poésie et décision d’en faire sa vie dans une imbrication  des souvenirs et du présent en une vision factuelle, et la recherche constante de la clarté du langage. "L’école de New York"  témoigne ici d’actions horodatées, de micro récits.

Dans un feuilletage de la réalité et de la fable, dans les volutes de la création, le poème transcende le réel mais selon un réalisme constant.

Tout un monde de petites gens y grouille entre dispute conjugale, brouilles dans le métro, infirmières au travail au petit matin. Surgit la chronique singulière d’une époque de crise économique, de migration, de précarité.
Preuve que la poésie fait renaître ce qui aurait dû "normalement' être coiffé au poteau.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Charles Reznikoff, "À la source du vivre et du voir suivi de Le Cinquième Livre des Macchabées", Traduit de l'anglais (États-Unis) par André Markowicz, Editions Unes, mars 023, 160 p., 22 €.

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