Mort de l'ex-espion russe: nouvelles traces de radiations à Londres

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        Mort de l'ex-espion russe: nouvelles traces de radiations à Londres

esp.jpgLONDRES  - Le gouvernement britannique a tenté lundi de rassurer le public après la mort de l'ex-agent russe Alexandre Litvinenko, même si des traces de radiations ont été détectées dans deux autres endroits de Londres et si trois personnes ont été invitées à passer des examens médicaux.
Le ministre britannique de l'Intérieur John Reid a affirmé que le public n'avait "aucune raison de s'inquiéter", en dépit de la découverte de ces nouvelles traces de radiations en "plusieurs endroits" de Londres, autres que le restaurant et l'hôtel où s'était rendu Litvinenko le 1er novembre.

Ces radiations "ne voyagent pas sur de longues distances, au maximum quelques centimètres", a expliqué M. Reid, dans une communication d'urgence à la Chambre des communes. Scotland Yard a ensuite précisé que "des traces de polonium (avaient) été trouvés au 7 Down Street et au 25 Grosvenor Street", deux adresses de Mayfair dans le centre de Londres, et a souligné continuer à enquêter.

Les télévisions avaient auparavant parlé de bureaux dans le West End et d'un immeuble à Mayfair. Des radiations avaient déjà été décelées dans le restaurant de Picadilly et l'hôtel de Mayfair qu'avait fréquentés Litvinenko le 1er novembre avant de se sentir mal, ainsi qu'à son domicile du nord de Londres. Les autorités sanitaires ont demandé à toutes les personnes présentes dans ces lieux ce jour là de les contacter. Après avoir reçu près de 500 appels en 48 heures, l'Agence de protection de la santé (HPA) a annoncé que trois personnes devraient "par mesure de précaution" subir des examens. Litvinenko est décédé jeudi à l'âge de 43 ans d'un empoisonnement au polonium 210, un agent hautement radioactif, dans des circonstances toujours très mystérieuses. La section antiterroriste de Scotland Yard, en charge de l'enquête, ne parle pas de meurtre mais de "mort suspecte". M. Reid a présidé lundi une nouvelle réunion d'urgence du comité de coordination gouvernemental Cobra, qui se réunit en cas d'événement grave. Une enquête judiciaire doit être ouverte jeudi à Londres. Litvinenko avait obtenu l'asile politique au Royaume-Uni en 2001 et la nationalité britannique récemment. Selon son porte-parole, le Premier ministre Tony Blair n'a pas évoqué l'affaire avec le président russe Vladimir Poutine, que Litvinenko a accusé dans une lettre posthume d'être responsable de son empoisonnement.

 
Il serait "prématuré de tirer des conclusions à ce stade", a déclaré ce porte-parole, qui a assuré que les propos dimanche du ministre à l'Irlande du Nord Peter Hain, très critiques vis-à-vis de M. Poutine, étaient conformes aux déclarations antérieures de M. Blair. "Le Premier ministre et d'autres ministres ont de manière répétée souligné notre préoccupation concernant certains aspects des droits de l'Homme en Russie", a-t-il remarqué. "Mais dans ce cas particulier, nous devons avancer avec prudence". M. Hain a dénoncé "les énormes attaques contre les libertés individuelles et la démocratie" en Russie, et a estimé que les réussites de M. Poutine étaient "assombries" par les assassinats comme celui "extrêmement trouble" de la journaliste russe d'opposition Anna Politkovskaïa, le 7 octobre à Moscou.

Une nouvelle piste sur les causes de la mort de Litvinenko a été lancée lundi par le Times. Le quotidien britannique a révélé que l'ancien colonel du FSB (ex-KGB) s'était rendu en Israël récemment dans le cadre d'une enquête sur la liquidation du groupe pétrolier Ioukos par les autorités russes. Selon le Times, Litvinenko a transmis à Leonid Nevzlin, ancien numéro deux du groupe pétrolier russe, un dossier sur les dessous de la prise de contrôle de Ioukos par l'Etat russe. Litvinenko avait découvert des preuves "renversantes", écrit le journal, citant des enquêteurs ayant requis l'anonymat.

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