Macron persona non grata en Israël : fracture diplomatique entre Paris et Jérusalem

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Macron persona non grata en Israël : fracture diplomatique entre Paris et Jérusalem

Macron persona non grata en Israël : fracture diplomatique entre Paris et Jérusalem

Alors que la France s’apprête à reconnaître l’État palestinien à l’ONU en septembre, Israël annonce fermement qu’Emmanuel Macron n’est plus le bienvenu. Une rupture brutale dans les relations bilatérales.

Une gifle diplomatique signée Jérusalem

Israël ne mâche plus ses mots : Emmanuel Macron est désormais persona non grata.
« Tant qu’il ne reviendra pas sur sa décision de reconnaître un État palestinien, il n’a pas sa place ici », a déclaré sans détour le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar.

Un ton glacial, une porte fermée à double tour. La France avait annoncé son intention de reconnaître un État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue en septembre. Une ligne rouge pour Israël.

Ce qui était jusqu’alors une relation diplomatique ambivalente s’est brutalement tendue.
À Jérusalem, on ne parle pas d’irritation, mais de désaveu stratégique.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou aurait même refusé une éventuelle “visite surprise” du président français selon Meyer Habib.
Aucun accueil officiel, aucun entretien bilatéral. L’humiliation est assumée.

La reconnaissance palestinienne, point de non-retour

En annonçant à la fin juillet que Paris voterait la reconnaissance d’un État palestinien, Emmanuel Macron pensait jouer le rôle du médiateur éclairé.
Mais à Jérusalem, cette décision est perçue comme une trahison politique doublée d’un soutien à l’agenda du Hamas. D’autant plus que cette reconnaissance ne s’inscrit dans aucun processus de paix bilatéral, mais dans un unilatéralisme diplomatique jugé provocateur.

« Il est impossible d’imaginer une visite du président Macron en Israël tant qu’il maintient cette décision », martèle Saar. C’est une façon diplomatique de dire : vous avez pris parti, ne venez pas vous en justifier chez nous. Israël accuse la France de légitimer un État fictif, dominé dans les faits par des groupes terroristes.

Paris isolé sur l’échiquier moyen-oriental ?

Officiellement, l’Élysée reste silencieux face à cette mise à l’écart. Aucun commentaire, aucune tentative d’apaisement. Mais en coulisses, c’est une vraie crise bilatérale. Le Quai d’Orsay, qui rêvait d’un rôle pivot dans le Proche-Orient, se retrouve cloué au mur, sans voix ni relais du côté israélien. Le pari diplomatique de Macron s’est transformé en impasse.

D’autant plus que la reconnaissance de l’État palestinien, déjà engagée par l’Espagne, l’Irlande et la Norvège, n’a pas bouleversé le statu quo international. Et même les pays européens les plus favorables à la cause palestinienne restent plus prudents dans leur approche. La France, elle, avance seule, au risque de devenir inaudible dans la région.

Le choix de la rupture

En désignant Macron comme persona non grata, Israël envoie un message fort non seulement à la France, mais à toutes les chancelleries occidentales : reconnaître la Palestine aujourd’hui, c’est soutenir indirectement les commanditaires du 7 octobre. Pour Tel-Aviv, cette reconnaissance unilatérale nie le traumatisme du massacre, insulte les familles d’otages, et alimente les forces qui refusent encore aujourd’hui le droit d’existence de l’État juif.

Ce n’est pas un simple désaccord diplomatique : c’est un divorce assumé, presque idéologique.

Une fracture durable ?

Israël ne semble pas prêt à tendre de nouveau la main. Et Paris, fidèle à sa posture jupitérienne, refuse de faire marche arrière. À ce stade, la visite présidentielle est annulée de fait. Aucun diplomate français ne pourra réparer seul ce qui s’est brisé au sommet de l’État.

Le pari de Macron, celui d’un geste historique pour relancer un dialogue moribond, s’est heurté au mur de la réalité : on ne peut pas parler de paix sans parler d’otages, de sécurité, et surtout de reconnaissance mutuelle. Ce que Tel-Aviv reproche à la France, c’est précisément d’avoir choisi son camp, sans contrepartie, sans condition.

Le grand isolement français

La France, en reconnaissant un État palestinien sans négociation, perd son rôle d’arbitre.
Elle ne parle plus à toutes les parties. Elle s’exclut d’un futur processus de paix, si tant est qu’il y en ait un. Et surtout, elle jette un froid durable sur ses relations avec l’un des rares pays démocratiques de la région.

Israël n’a pas fermé ses portes à la France. Il les a claquées à la figure de son président. Et dans les relations internationales, cette gifle-là laisse des traces durables.

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