L’Iran perd son principal allié en Amérique latine : la chute de Maduro porte un coup sévère à Téhéran

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L’Iran perd son principal allié en Amérique latine : la chute de Maduro porte un coup sévère à Téhéran

L’Iran perd son principal allié en Amérique latine : la chute de Maduro porte un coup sévère à Téhéran

Le Venezuela servait de soutien logistique aux activités terroristes iraniennes sur le continent.

Alors que l’Iran affronte des manifestations croissantes et une crise économique et sociale profonde, la République islamique subit un revers majeur sur la scène internationale : la capture de Nicolás Maduro, son allié clé en Amérique latine, par les forces américaines ce samedi.

Le Venezuela était bien plus qu’un partenaire pour Téhéran : il formait le noyau de ses opérations en Amérique du Sud. Caracas agissait comme plaque tournante pour le transit d’armes et de technologies iraniennes, avec des conseillers militaires soutenant le régime de Maduro. Pour l’Iran, ce pays représentait un atout stratégique pour étendre son influence régionale et potentiellement menacer les États-Unis depuis leur sphère d’influence.

Téhéran dénonce une « agression militaire »

Le ministère iranien des Affaires étrangères a promptement réagi par un communiqué virulent, qualifiant l’opération américaine d’« agression militaire » et de « violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale » du Venezuela.
« L’attaque militaire américaine enfreint les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies, notamment l’interdiction de la menace ou de l’emploi de la force », y lit-on.
Le texte exhorte l’ONU et le Conseil de sécurité à « mettre fin immédiatement à cette agression illégale » et à poursuivre les « planificateurs et auteurs de ces crimes ».

Les intérêts iraniens au Venezuela étaient économiques, sécuritaires et politiques. Le pays facilitait l’achat et la vente de pétrole pour contourner les sanctions internationales.
Une usine de drones y était implantée. L’Iran y déployait des conseillers militaires et favorisait l’ancrage du Hezbollah, utilisant cette présence comme levier de menace contre les États-Unis depuis l’hémisphère occidental.

Outre ces dimensions stratégiques, le Venezuela soutenait les activités terroristes iraniennes sur le continent. L’an dernier, des cellules iraniennes et du Hezbollah au Pérou, au Brésil et au Mexique ont été liées à des tentatives d’attentats contre des Israéliens, dont une agression contre l’ambassadeur d’Israël à Brasilia et une tentative d’assassinat visant son homologue au Mexique.

L’Iran avait édifié une infrastructure de « soft power » : la chaîne HispanTV pour la propagande, une influence sur les nominations d’imams, des établissements comme l’université Al-Mustafa, et des centres religieux gérés par les ambassades, servant de hubs pour l’espionnage et le terrorisme. Téhéran exploitait aussi les communautés chiites importantes au Brésil, en Argentine et en Colombie.

Une série de revers diplomatiques

La capture de Maduro s’inscrit dans une vague de défaites iraniennes en Amérique latine cette année. L’élection de José Antonio Caste au Chili en décembre, celle de Rodrigo Paz en Bolivie, la réélection de Daniel Novoa en Équateur, et le renforcement de Javier Milei en Argentine ont marqué des tournants. Ce dernier priorise la lutte contre l’influence iranienne et pousse pour la poursuite des responsables de l’attentat contre le centre communautaire juif de Buenos Aires en 1994.

Le fondement idéologique liant l’Iran à certains États latino-américains reposait sur une hostilité partagée envers l’Occident. Ces nouveaux dirigeants en sont l’antithèse, favorisant le rapprochement avec les États-Unis et Israël.

Des élections sont prévues en Colombie et au Brésil l’an prochain ; d’éventuels changements pourraient aggraver le recul iranien. En Colombie, Gustavo Petro – figure de la gauche radicale ayant rompu avec Israël et prôné une « armée pour la libération de la Palestine » – ne pourra se représenter.

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