Les États-Unis et les autres puissances ont concédé des dérogations "secrètes" à l'Iran après l'accord nucléaire

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Les États-Unis et les autres grandes puissances auraient accepté "en secret" de permettre à l'Iran de se soustraire à certaines restrictions à l'accord nucléaire historique de l'an dernier afin de respecter le délai pour leur permettre d'alléger les sanctions économiques, selon un rapport révélé par l'agence Reuters.

Le rapport qui doit être publié jeudi par l'Institut pour la Science et la Sécurité Internationale basé à Washington, a déclaré son président David Albright, un ancien inspecteur des armements nucléaires pour le compte de l'ONU et co-auteur du rapport. Il est basé sur les informations fournies par plusieurs fonctionnaires des gouvernements impliqués dans les négociations, dont Albright a refusé de donner les noms.
"Les exemptions et les lacunes ont été gardées secrètes, et il semble qu'elles soient toutes en faveur de l'Iran", a déclaré Albright.
Parmi les exemptions il y en a deux qui ont permis à l'Iran de dépasser les limites de l'accord sur la quantité d'uranium faiblement enrichi (UFE), qu'il peut conserver dans ses installations nucléaires. L'UFE peut être purifié en uranium hautement enrichi, de qualité militaire.
Selon le rapport, les exemptions ont été approuvées par la commission mixte créée pour superviser la mise en œuvre de l'accord. La commission est composée des États-Unis et de ses partenaires dans la négociation (le P5 + 1) et l'Iran.
Un haut fonctionnaire "compétent" a été cité dans le rapport comme disant que si la commission mixte n'avait pas agi pour créer ces exemptions, certaines des installations nucléaires de l'Iran n'auraient pas été en conformité avec l'accord à la date du 16 Janvier, la date limite pour le début de la levée des sanctions.
L'administration américaine avait déclaré que les puissances mondiales qui ont négocié l'accord- à savoir les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne-n'avaient conclu aucun arrangement secret.
Un responsable de la Maison Blanche, parlant sous condition d'anonymat, a déclaré que la commission mixte et son rôle n'étaient «pas secrets." Il n'a pas commenté les allégations figurant dans le rapport.
Les representanta à l'ONU pour les autres pays du P5 + 1 n'ont pas non plus répondu aux demandes de l'agence Reuters de commenter le rapport.
Les affirmations du rapport sont susceptibles d'irriter les opposants à l'accord nucléaire. Le candidat républicain à la presidentielle Donald Trump ayant promis de renégocier l'accord s'il était élu, alors que sa rivale démocrate Hillary Clinton soutient l'accord.
Selon Albright,  les exceptions risquent de créer des précédents que l'Iran pourrait utiliser pour obtenir des dérogations supplémentaires.
Albright avait travaillé comme inspecteur de l'Agence internationale d'énergie atomique (AIEA) qui avait enquêté sur le programme d'armement nucléaire de l'ancien président irakien Saddam Hussein.
Alors qu'Albright n'avait ni approuvé ni dénoncé l'accord avec l'Iran, il a exprimé son inquiétude sur ce qu'il considère comme des failles potentielles dans l'accord nucléaire, notamment l'expiration des principales limites sur le developpement nucléaire de l'Iran dans 10-15 ans.

Barack Obama devant le congrès americain

Barack Obama devant le congrès americain

 

L'administration du président Barack Obama avait informé le Congrès de ces dérogations le 16 Janvier, selon le rapport. Albright a déclaré que les exemptions qui n'ont pas été rendues publiques, ont été détaillées dans des documents confidentiels envoyés au Capitole ce même jour- c'est-à-dire après qu'elles aient déjà été accordées.
Le responsable de la Maison Blanche a déclaré l'administration avait informé le Congrès "fréquemment et de manière exhaustive» sur les travaux de la commission mixte.
Le sénateur démocrate Bob Menendez, l'un des principaux opposant à l'accord nucleaire et un membre important de la commission des Affaires étrangères du Sénat, a affirmé à Reuters dans un courriel: «Je n'etais pas au courant et n'ai reçu aucune information (sur ces exemptions)."
Le rapport dit que la commission mixte a également accepté de permettre à l'Iran de maintenir 19 "cellules chaudes" soit plus ce qui est spécifié dans l'accord. Ces"cellules chaudes" sont utilisées pour le traitement des matières radioactives, mais peuvent être "détournées à des tentatives secrètes à  petite échelle de séparation du plutonium", a déclaré le rapport. Le plutonium est un autre carburant d'armes nucléaires.
L'accord avait aussi autorisé l'Iran de s'en tenir à la limite de 130 tonnes d'eau lourde produite dans son usine d'Arak en vendant ses stocks excédentaires sur le marché libre. Mais n'ayant trouvé aucun acheteur, la commission mixte a aidé Téhéran à respecter le délai pour bénéficier de l'allègement des sanctions en lui permettant d'envoyer 50 tonnes d'eau lourde - qui peut être utilisée dans la production d'armes nucléaires - à Oman, où pour y  etre stocké sous contrôle iranien, selon le rapport.
L'envoi de l'eau lourde à Oman  a déjà été reporté. Le rapport d'Albright a aussi révélé que la commission mixte avait approuvé cette concession.

Source: Ynet d'après Reuters

 

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