Les 5 chansons les plus juives de Leonard Cohen

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Leonard Cohen, dont la mort a été annoncée jeudi soir, était l'un des auteurs les plus explicitement juifs depuis le roi David dont il a judicieusement imité les Psaumes pendant les cinq décennies de sa carrière.

Cohen était le petit-fils de deux distingués rabbins canadiens dont l'un a aidé à fonder de nombreuses institutions juives et sionistes centrales de Montréal. L'autre, qui écrivit un thésaurus du Talmud, s'appelait «Sar HaDikdukim», le Prince des Grammairiens.

Même en tant que bouddhiste pratiquant, Cohen n'a jamais cessé de se considérer comme juif, déclarant lors d’une interview: «Je ne cherche pas de nouvelle religion. Je suis tout à fait heureux avec l’ancienne,  le judaïsme ». Il était cependant œcuménique dans sa gamme de sujets et de références. Le premier succès de Cohen, «Suzanne», parle peut-être du Juif le plus célèbre, Jésus, disant: «Lui-même fut brisé, bien avant que le ciel ne s'ouvre. Abandonné, presque humain, il coula sous ta sagesse comme une pierre ».

Leonard Cohen

Leonard Cohen

Cohen, lui-même maître du langage, a saturé ses paroles d’imagerie biblique et de liturgie juive qu'il connaissait intimement. Ses chansons ont adapté des prières juives bien connues et raconté les histoires centrales du judaïsme. Voici cinq de ses chansons les plus juives:

Hallelujah

La chanson la plus célèbre de Cohen, reprise des dizaines de fois, est une allusion explicite aux Psaumes et aux histoires des prophètes juifs, du roi David à Samson. Elle ouvre sur ces mots:

"J'ai entendu dire qu'il y avait un accord secret

Que David jouait et qui plaisait au Seigneur

Mais vous ne vous intéressez pas vraiment à la musique, n'est-ce pas?"

Le deuxième verset mélange deux histoires bibliques. Il commence par raconter l'histoire de David qui voit Batsheva, sa future femme, se baigner sur un toit, et se termine par l'imagerie de son attachement à elle et du fait de couper ses cheveux - une allusion à Samson et Dalilah.

Who By Fire

Une autre des chansons les plus connues de Cohen, "Who By Fire" est une adaptation de "Unetaneh Tokef", la prière centrale des grandes fêtes juives. Les versets de la prière racontent le Jour du Jugement, décrivant les différentes façons dont les gens vivront, mourront, réussiront et souffriront au cours de la prochaine année. Cohen adapte la langue presque mot à mot:

"Et qui par le feu, qui par l'eau

Qui dans le soleil, qui pendant la nuit

Qui, par grande épreuve, qui par jugement commun

Qui dans votre joyeux, joyeux mois de mai

Qui par très lente décomposition

Et qui devrais-je dire est celui qui appelle?"

You want it darker

L’une des dernières chansons de Cohen, "You Want It Darker", a été rendue publique il y a deux mois. Cohen y parle de se préparer à la mort. Hineni, terme hébreu pour « je suis ici», est le mot qu'Abraham utilise pour répondre à Dieu lorsqu'il est appelé à sacrifier Isaac, ainsi que le nom d'une prière de préparation et d'humilité, adressée à Dieu, entonnée par le chantre à Rosh Hashana. Un vers récurrent fait écho au langage du Kaddish, la prière du deuil.

"Magnifié, sanctifié, soit ton saint nom

Vilipendé, crucifié, dans la constitution humaine

Un million de cierges qui brûlent pour une aide qui n'est jamais venue

Tu le veux plus sombre, on tue la flamme"

The Story of Isaac

L'un des chants les plus obscurs de Cohen est un récit du sacrifice d'Isaac. En parlant du point de vue d'Isaac, la chanson pose la question de la moralité de l'histoire:

"Vous qui vous tenez au-dessus d'eux aujourd'hui
Vos haches émoussées et sanglantes
Vous n'étiez pas là avant
Lorsque je gisais sur une montagne
Et que la main de mon père tremblait
Avec la beauté du monde

Et si vous m'appelez frère aujourd'hui
Pardonnez-moi si je demande
"En vertu de quel plan ?"
Quand tout cela deviendra poussière
Je vous tuerais si je le dois

Je vous aiderais si je le peux" 
If It Be Your Will

Le titre de cette chanson est une traduction de «Ken Yehi Ratzon», une phrase liturgique hébraïque dirigée vers Dieu. La chanson est également adressée à Dieu, et comprend des paroles évoquant des images de Kabbalat Shabbat, le service de prière du vendredi soir accueillant le Shabbat:

"Si telle est ta volonté

S'il y a un choix

Laisse les fleuves déborder

Les collines danser leur joie."

Vous allez nous manquer, Leonard.

Source : Jta.org

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