Le cas des enfants volés - leur souffrance demeure par Yechiel A. Mann.

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Le cas des enfants volés. - leur souffrance demeure

Les témoignages. par Yechiel A. Mann.

 

Les enfants yéménites disparus en israel

Les enfants yéménites disparus en israël

 

 

Les tombes vides des enfants Yéménites

Les tombes vides des enfants Yéménites.

Voici l'histoire d'un autre enfant, racontée par Shosh Philo, qui vit actuellement à Tel Aviv :
"J'avais quatre ans lors, lorsque mes parents émigrèrent en Israël et s'installèrent dans le camp d'immigrants à Znoach. Les infirmières trouvèrent que mon frère, qui avait presque un an à l'époque, suçait deux de ses doigts "d'une façon bizarre". Il suçait son medium et son annulaire ensemble, et elles prétendirent le prendre pour le soigner.

On l'emmena loin de nous et il fut amené de temps en temps à mes parents. Ils lui avaient mis des bandes sur les doigts afin de l'habituer à ne pas les sucer.

Un jour on nous annonça qu'il était mort. Mes parents ne pouvaient pas comprendre comment un enfant en si bonne santé pouvait mourir ainsi, et on leur dit qu'il voulait sucer ses doigts, mais qu'il n'y arrivait pas à cause des bandages, et qu'il en souffrait et mourut. Bien sûr, on ne nous présenta aucun corps, et il n'y eut pas de funérailles.

Mes parents étaient naïfs et ne pouvaient pas penser qu'on leur mentait. Mais quelques années plus tard, lorsque d'autres cas furent connus, ma mère dit tristement : "Nous étions trop naïfs. Si cela arrivait aujourd'hui, j'irais avec lui, et je resterais avec lui tout le temps."Cette histoire fut aussi rapportée dans le journal Yom leyom.

Une histoire intéressante fut rapportée dans le journal Makor Rishon du 12 Décembre 1997. Dans ce reportage, les journalistes Zeev Sharon et Pini Ben-Or rapportent le témoignage d'un homme qui était alors ambulancier, décédé depuis.

Selon ce rapport, une lettre fut envoyée par un avocat, Shlomo Perles, à cet ambulancier, qui raconte aussi qu'il conduisit un jour une ambulance avec deux enfants qu'il avait prit dans un hôpital dans la zone de Tel Aviv, pour les amener à l'institut de la WIZO pour être adoptés.

L'article raconte aussi comment l'ambulancier lui-même choisit un enfant et l'adopta.

Dans la lettre envoyée par l'avocat Perles, celui-ci offre à l'ambulancier de se joindre à l'activité organisée et dans laquelle lui-même participe, afin d'établir de faux certificats de naissance qui ne mentionnent pas l'adoption et qui ont l'air de certificats de naissance normaux.

Le même article mentionne l'histoire de Tova Barka, résidente de Tel Aviv, qui rapporte qu'elle fut adoptée à trois mois, et ne sut rien de son adoption juqu'à l'âge de douze ans.

Elle raconte que lorsqu'elle atteignit cet âge "sa tante vint à la maison et demanda à lui parler.Ainsi, en présence de se parents, elle me raconta que j'étais une enfant adoptée. J'étais sous le choc. Selon ma mère d'adoption, ma mère biologique était décédée juste après ma naissance et je fus adoptée. Je suppose que mes parents adoptifs ne connaissaient même pas la vérité et que c'était ce qu'on leur avait raconté. Quelques années avant sa mort, ma mère d'adoption déménagea. Pendant le déménagement, j'ouvris un de ses sacs et je découvris le certificat du tribunal concernant mon adoption.

C'était un certificat établi alors que j'avais huit ans, je trouvais aussi mon certificat de naissance." c'est alors que Barka réalisa qu'elle n'avait pas existé pendant huit ans selon ces papiers.
Elle continua : "Ma mère adoptive, n'a pas nié la validité de ce document, mais  prétend qu'elle ne sait rien de mes parents biologiques, même si elle admit qu'elle connaissait mon origine yéménite.

Lorsque j'eus 38 ans, je décidais d'aller au bâtiment du "shirut le maan hayeled" (service de l'enfance) rue Ibn Gabirol, à Tel Aviv, dans l'espoir de trouver mes origines encore inconnues.

L'assistante sociale de ce service  (dont le nom n'est pas rapporté dans le Makor Rishon), me donna le nom de ma mère biologique (passé lui aussi sous silence), née selon l'assistante sociale en 1921, et immigrée en Israël en 1945.

Selon l'assistante sociale les papiers de ma mère attestaient qu'elle était arrivée en Israël sans possessions personnelles, ni famille, ou personnes apparentées.

L'assistante sociale me dit aussi que le reste des éléments écrits sur les papiers étaient flous et étaient illisibles.

Plus tard elle affirma que l'information était classée. J'étais sous le choc. Je ne savais que dire ni que faire. J'essayai de lui téléphoner plusieurs fois, afin de lui faire rechercher des détails et de me les donner. Mais elle me répondit qu'elle m'avait déjà tout dit de ce qu'elle savait

A cette époque, après avoir découvert que j'étais une enfant adoptée, je pleurais pendant toutes les nuits.
J'aurais vraiment aimé savoir qui étaient mes parents biologiques, peut-être même avais je des  frères et soeurs.

Je ne voulais pas causer de peine à mes parents adoptifs, alors je pleurais la nuit, lorsque j'étais seule. Jusqu'à aujourd'hui tout ce problème m'empêche de dormir. Je veux savoir qui je suis, qui est ma famille et quelles sont mes racines. Je suis déjà grand-mère, et j'en pleure encore."

Selon la loi israëlienne, une personne adoptée a le droit de consulter son dossier personnel en présence d'une assistante sociale. Le fait que autant d'information aient été classées est stupéfiant.

Autre histoire terrible, celle de Shlomo et Sarah Adani, qui vivent à Emanuel.
Leur histoire fut rapportée par Yehuda Israelov et Shmuel Amrani dans le journal "Yom-le-Tov", racontée par leur petite fille Myriam Adani, qui vit à Bayit Vegan, un quartier de Jérusalem.

"Ma belle mère, Sarah, arriva en Israël avec son bébé, Myriam, qui avait alors quelques mois, et qui était très en avance pour son âge. Elle l'appellait déjà "maman" et marchait même déjà un peu. Son mari n'était pas encore en Israël. On l'emmena au camp d'immigration de Rosh-ha-Ayin, et son bébé lui fût immédiatement retiré.

Myriam tétait encore. On emmena le bébé au pavillon des enfants à Tzriffin. Une fois tous les trois mois seulement, on emmenait les mères voir les bébés derrière des vitres en ne permettant même pas un contact physique!

De temps en temps, lorsque le camion qui les emmenait voir les bébé arrivait, on annonçait le nom des bébé qui étaient morts. Un jour on annonça que Myriam était morte. Sarah, la mère, essaya de demander des détails, et on lui dit qu'on avait enterré l'enfant, mais on ne lui montra aucune tombe.

Quelques jours plus tard, son mari, Shlomo arriva, et ils tentèrent de reconstruire leur vie, mais la tragédie se répéta, et de façon plus tragique encore qu'auparavant. Sarah donna naissance à un bébé en bonne santé qui pesait 4 kilos au moment de la naissance. Tout le monde la félicita, mais  pendant qu'elle allaitait son bébé, 'on attention faiblit ,certainement à cause des suites de l'accouchement et elle s'endormit

Lorsque le docteur arriva. Il gifla la mère violemment et lui dit : "Tu es une mauvaise femme.Tu as étouffé ton enfant à la naissance." La mère épuisée était sous le choc. "Je le faisais téter il n'y a qu'un instant, il était en bonne santé", mais personne n'écouta ses pleurs.

Son mari, qui était à l'hôpital ce jour-là était sous le choc aussi. On l'avait félicité le matin même de la naissance de son fils, et voilà qu'on lui disait qu'il était mort à la naissance. Il demanda à voir le corps, et on lui répondit seulement "on l'a enterré". Le jour même!

Tous les shabbats et fêtes, ils citèrent le nom de leurs enfants volés. Mon beau-père s'était battu férocement pour s'assurer que ses enfant recevraient une éducation juive religieuse, et il était l'un des rares à pouvoir le faire aussi bien qu'il l'avait fait, mais il souffrait terriblement de ne pas savoir comment se autres enfants avaient été élevés. Avait-on circoncis son fils? Avait-il été élevé en juif? La douleur était trop forte."

L'histoire suivante que citait cet article concerne Nanjan Cahani, un immigrant de Perse qui se rappelle comment sa fille Léah lui fut enlevée à l'hôpital de Haïfa. Nanjan est certain que l'enfant vit encore.

Ce n'est que récemment que les membres de la famille recurent un certificat de décès écrit à la main, du bureau du Ministère de l'Intérieur. L'article mentionne aussi que le même bureau envoya un document à la soeur de Léah, Mali, disant que Léah avait cessé d'être citoyenne israëlienne en Juillet 1963.

Nanjan, la mère de Léah, se rappelle lorsqu'on lui offrit de vendre ses enfants.

Après que Nanjan ait immigré de Perse, elle donna naissance à des jumeaux, une fille et un garçon, à l'hôpital de Haïfa. Le nom du fils était Shmuel, et Léah était la fille qui fut volée. Immédiatement après la naissance, selon Nanjan, le docteur demanda à acheter l'un des enfants pour une certaine somme d'argent. "Le docteur dit aux infirmières qu'il aurait plus de chance en me demandant la fille puisqu'il semblait que j'était attachée à Shmuel. Lorsque je refusai, le docteur me dit : "mais vous avez d'autres enfants".

Quelques jours après avoir donné naissance, je rentrai à la maison avec mes jumeaux. Deux semaines plus tard, des infirmières de l'hôpital vinrent chez moi, et me dirent qu'elles avaient besoin que Léah revienne à l'hôpital parce qu'elle avait un bleu au mollet, et que ce serait ma faute si elle mourrait.

Mon mari et moi allions voir Léah tous les jours à l'hôpital. Un jour que j'étais malade, mon mari alla seul et on lui dit que Léah était morte. Ils refusèrent de lui laisser voir le bébé. Je suis convaincue que Léah vit encore. Je continuerai à le croire et à espérer jusqu'à ma mort, de pouvoir la revoir un jour. Le certificat de décès qu'ils nous ont envoyé ne change rien."

Il semble que beaucoup de familles qui ont souffert de cas semblables ont exactement les mêmes espoirs et les mêmes attentes. Ils veulent revoir leur parent disparu. Les hommes et les femmes qu'ils n'ont pas revu depuis plusieurs décennies depuis qu'ils étaient enfants. Ils veulent les revoir, les entendre, savoir ce qu'is sont devenus aujourd'hui. Ils veulent un contact, ne fut-ce qu'une fois. Mais la situation présente ne leur offre pas tant dans la plupart des cas. La souffrance demeure.

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