La shemitta, l'année de jachère de la terre d'Israël, sera respectée grâce à des drones

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Israël - le - par .
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Un rabbin dans son champ du Néguev, en Israël.

Sur le papier tout paraît simple, la Bible est formelle pour les agriculteurs : « La septième année sera un sabbat, un temps de repos pour la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel, tu n’ensemenceras pas ton champ, tu ne tailleras pas ta vigne. » Ce précepte est répété à maintes reprises par le texte sacré.

Détail important : il s’applique uniquement à la terre d’Israël et non pas aux Juifs en diaspora si bien que pendant des siècles cette obligation était avant tout symbolique.

Avec l’arrivée des Juifs dans ce qui était la Palestine de la fin du XIXe siècle, puis la création de l’État d’Israël en 1948, la plupart des rabbins ont exigé que le texte soit de nouveau appliqué.

Importer depuis d’autres territoires

Dans les marchés populaires, tel celui de Mahane Yehuda, dans le centre de Jérusalem, des vendeurs ultra orthodoxes vont apposer, comme ils le font tous les sept ans, de petites affiches devant leurs étals : elles garantissent que leurs fruits et légumes respectent le commandement de la Chemita sous le contrôle de rabbins de cette communauté regroupant un peu plus de 10 % de la population israélienne.

Toute la question est de savoir comment s’assurer qu’aucun agriculteur juif n’a fait pousser puis récolté sur la terre d’Israël des primeurs qui sont proposées à la vente.

Une des solutions consiste à importer des fruits et légumes des territoires palestiniens de Judée Samarie et de la bande de Gaza. Cette possibilité est toutefois limitée cette année à cause des tensions entre Israël et le Hamas, les islamistes au pouvoir à Gaza ayant provoqué la fermeture quasi hermétique de la frontière après les récents affrontements armés.

En Judée-Samarie, le rabbin David Tehrani, un de ceux qui délivrent des certificats de conformité avec la Chemita, explique que le ministère de la Défense a, pour des raisons de sécurité, donné comme instruction aux contrôleurs religieux de ne pas se rendre dans les localités arabes. « Nous allons utiliser des drones, des caméras pour vérifier à distance que tout se passe comme il le faut dans les champs et au moment de la récolte », a-t-il expliqué.

Une autre option est utilisée cette année grâce à un accord d’approvisionnement conclu le mois dernier entre les ministres de l’Agriculture d’Israël et de la Jordanie, un pays voisin. Histoire d’éviter toute pénurie, des produits agricoles seront également importés d’Europe, notamment de France, de Grande-Bretagne, de Belgique et d’Espagne.

D’autres options, mais moins orthodoxes

Une troisième possibilité plus « originale » consiste pour un agriculteur juif à vendre pendant une année ses terres à un gentil, un non-juif, un arabe musulman ou chrétien, qui continuera à les cultiver quitte ensuite à les racheter à la fin de période de jachère. Plus modernes, certains recourent à la culture hydroponique, qui consiste à utiliser des pots et des boîtes disposés sur des plateformes dans des serres et qui ne présentent aucun contact direct avec la terre.

Néanmoins, ces manières de contourner l’obstacle sont loin de faire l’unanimité. Les rabbins ultra orthodoxes les plus stricts estiment que ces procédés aussi ingénieux soient-ils constituent des entorses si ce n’est à la lettre au moins à l’esprit de la Torah, et doivent donc être rejetés au profit de l’importation.

Cette intransigeance sur les principes a un prix. Le respect scrupuleux du commandement représente une perte substantielle pour les quelque 3 500 exploitations agricoles concernées (environ 10 à 15 % des terres cultivées). Pour éviter des faillites en cascade, le gouvernement a débloqué un fonds d’indemnisation de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Détail important : la très grande majorité de la population israélienne est indifférente à cette question et continuera à acheter ses fruits et légumes sans se préoccuper des certificats attestant que leurs achats respectent la Chemita.

Désaccord avec les écologistes

En revanche, un nouveau motif de dispute est apparu. Le quotidien laïc de gauche Haaretz est parti en guerre contre l’interdiction de planter dans les villes des arbres et des fleurs durant l’année sabbatique.

Des défenseurs de l’environnement ont alerté : « Arrêter de planter des arbres, alors que nous sommes en pleine période de changement climatique et de réchauffement de la planète serait désastreux », prévient Shahar Zur, un architecte paysagiste enseignant au Technion, un prestigieux institut technologique équivalent de Polytechnique.

Selon lui, ce qu’il appelle la « forêt urbaine constitue un des moyens les plus importants pour lutter contre l’effet de serre »« Je respecte la tradition, mais dans ce cas précis, il s’agit d’une question de vie ou de mort, les arbres sont indispensables », proclame-t-il sur un ton quelque peu prophétique.

Pour en savoir plus, Haaretz a interrogé les responsables de 21 des plus importantes localités du pays. Neuf d’entre elles, dont Jérusalem et Haïfa, ont annoncé qu’elles s’abstiendraient de planter des arbres et des fleurs durant un an.

Les autres municipalités ont refusé de répondre, pour ne pas admettre publiquement, selon le journal, qu’elles ne respecteront pas l’interdiction et éviter ainsi de faire naître des tensions avec les ultra orthodoxes. Seule la municipalité laïque de Ramat Ha-Sharon, une ville aisée de la banlieue de Tel-Aviv a osé proclamer qu’elle ne céderait pas à la pression.

Le poids des ultra orthodoxes

Un état de fait qui reflète l’influence des partis ultraorthodoxes qui jouent la plupart du temps les faiseurs de roi en accordant ou non un soutien souvent indispensable pour constituer une majorité politique. Ils ont certes été évincés en mai 2021 du gouvernement dirigé par Naftali Bennett après avoir noué une solide alliance, pendant 12 ans, avec Benyamin Netanyahou, le précédent chef du gouvernement.

Les deux partis qui représentent cette communauté, le Shas et la Liste unifiée de la Torah, n’en conservent pas moins une influence prépondérante et n’attendent qu’une occasion pour être à nouveau associés au pouvoir. Certaines formations de la majorité n’ont aucune envie de couper les ponts avec ces partis. Bref, ces religieux, aussi minoritaires soient-ils, font partie de l’identité du pays.

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