Khaybar Shakan sur Ramat David :Les missiles que Trump disait anéantis viennent de viser Israël

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Khaybar Shakan sur Ramat David :Les missiles que Trump disait anéantis viennent de viser Israël

Khaybar Shakan sur Ramat David : l'Iran rompt le cessez-le-feu et tire ses missiles

Dans la nuit du dimanche 7 juin 2026, l'Iran a franchi une ligne rouge. Pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu d'avril, les Gardiens de la Révolution ont tiré une salve de missiles balistiques sur le nord d'Israël, visant directement la base aérienne de Ramat David. Les détails de l'attaque se précisent heure après heure, et le tableau qui se dessine est celui d'une escalade calculée, menée avec des armes de précision de troisième génération.

Khaybar Shakan : le missile qui brise le silence

L'agence de presse iranienne Tasnim a confirmé que les missiles utilisés dans cette opération sont des Khaybar Shakan — en persan, "le briseur de Khaybar", référence explicite à une bataille contre des Juifs au VIIe siècle, le nom étant une provocation en soi. Il s'agit d'un missile balistique à propulsion solide à moyenne portée, opéré par la Force aérospatiale des Gardiens de la Révolution. Dévoilé en 2022 lors du 43e anniversaire de la Révolution islamique, il constitue la troisième génération des missiles longue portée de l'IRGC.

Ses caractéristiques techniques en font une arme redoutable : propulsé par un moteur à carburant solide, son ogive est manœuvrable en phase terminale, précisément pour esquiver les défenses aériennes, et il peut atteindre des cibles jusqu'à 1 450 kilomètres. Téhéran revendique un poids de 4 500 kg pour une longueur de 10 mètres. Le lanceur est monté sur un châssis commercial à dix roues, pouvant être camouflé en véhicule ordinaire. Les missiles ont été tirés depuis des bases situées à l'ouest de l'Iran.

Ramat David : une cible qui n'est pas choisie au hasard

La base aérienne de Ramat David, dans le nord d'Israël, abrite plusieurs escadrons de chasseurs de l'armée de l'air israélienne. Le CGRI la désigne comme le point d'origine des frappes ayant visé les populations civiles libanaises. En la ciblant, Téhéran entend envoyer un message militaire précis : nous frappons là où vous décollez.

Dans son communiqué, l'IRGC a qualifié l'attaque de réponse aux "tueries massives et au déplacement forcé des populations opprimées des régions de Tyr et Nabatieh" dans le sud du Liban. La séquence est directe : Israël frappe la banlieue sud de Beyrouth, la Dahiyeh, et l'Iran réplique dans la nuit même

"Depuis l'endroit même que Trump avait dit avoir détruit"

La provocation iranienne ne s'est pas arrêtée aux missiles. Ibrahim Razaei, porte-parole de la commission de sécurité nationale au parlement iranien, a pointé une contradiction embarrassante pour Washington : les tirs ont été effectués "depuis l'endroit même que Trump avait dit avoir détruit". Une pique directe au président américain, qui avait proclamé avoir anéanti les capacités balistiques iraniennes lors des frappes américano-israéliennes de février 2026.

L'IRGC a été explicite : "L'opération de cette nuit était un avertissement. Si les agressions se répètent, les réponses seront plus larges et engloberont tous les objectifs américano-sionistes dans la région." Mohsen Rezaei, conseiller militaire du Guide suprême, a renchéri sur X : "L'Iran a répété à maintes reprises qu'il ne tolérerait pas les violations du cessez-le-feu ni les agressions contre le Liban. Ce soir, les agresseurs ont reçu leur réponse."

Tsahal intercepte, mais ne baisse pas la garde

L'armée israélienne a annoncé avoir intercepté "tous les missiles iraniens jusqu'à présent", le Commandement du front intérieur autorisant ensuite la population à quitter les abris. Les services de secours ont travaillé à l'extinction de trois incendies dans des espaces ouverts du nord du pays, provoqués par des débris d'interception, avant d'annoncer les avoir maîtrisés.

Mais Tsahal n'entend pas en rester là. Le chef d'état-major, le général Eyal Zamir, a déclaré que "Tsahal frappera l'ennemi avec force dès que le feu vert sera donné." Le haut commandement a tenu des évaluations de situation continues tout au long de la nuit depuis le bunker de l'armée de l'air, pilotant les frappes israéliennes en Iran en temps réel. Tsahal se dit "en alerte et prêt à poursuivre l'action sur tous les fronts contre quiconque menace l'État d'Israël".

Trump : "Revenez à la table"

La réaction de Washington reflète l'inconfort d'une administration prise entre deux feux. Interrogé par Fox News, Trump a déclaré ne pas être "satisfait" des frappes israéliennes sur la Dahiyeh, estimant que la riposte iranienne ne facilite "certainement pas" les négociations en cours. Son message à Téhéran, transmis en direct à l'antenne : "Ce que je suggèrerais à l'Iran : vous avez tiré vos missiles, ça suffit. Revenez à la table et concluez un accord."

Un appel au calme qui dit tout de la fragilité du moment. Le cessez-le-feu d'avril, déjà mis à mal par les accrochages répétés au Liban, vient de recevoir son coup le plus sévère. Téhéran conditionne son acceptation d'un cessez-le-feu à la cessation des hostilités sur tous les fronts, accusant les États-Unis et Israël d'avoir manqué à leurs engagements

La nuit du 7 juin 2026 restera celle où l'Iran a prouvé que ses missiles survivent aux déclarations triomphalistes et que la partie est loin d'être terminée.

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