Israël : Sous l'omerta orthodoxe, un père , médecin, viole ses filles pendant 23 ans

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Israël : Sous l'omerta orthodoxe, un père , médecin, viole ses filles pendant 23 ans

L’horreur qui a duré vingt‑trois années

Un médecin généraliste du centre d’Israël vient d’être reconnu coupable d’« abus sexuels répétés » sur deux de ses filles, de leur enfance jusqu’à leur majorité. 

Le verdict

Le tribunal de district de Rishon‑LeZion–Lod a rendu un jugement accablant : le médecin – membre de la communauté ultra‑orthodoxe – a commis de multiples infractions, notamment des « viols et actes indécents », sur deux de ses filles, entre leur plus jeune âge et leur 18 ans.

Les juges ont estimé que « le médecin ne dit pas la vérité » et l’ont décrit comme « un homme manipulateur à deux visages : d’un côté soignant et père de famille modèle, de l’autre un “monstre” agissant derrière les apparences ».

Les juges décrivent un homme aux deux visages, « un père qui abuse de ses filles la nuit, tout en exerçant la médecine le jour, s’occupant d’enfants avec patience et douceur ». Une duplicité insupportable, dénoncée avec une clarté implacable.

La défense contestée

L’accusé niait toute responsabilité. Il prétendait que les deux plaignantes avaient inventé les faits. Concernant l’aînée, il alléguait qu’elle « souffre d’un trouble de la personnalité et aurait fabriqué l’histoire à la suite d’une thérapie déficiente ». Pour la cadette, il soutenait qu’elle « imitait sa sœur », influencée par son désir de quitter le domicile au moment de ses 18 ans, et éprouvait de la « haine » envers lui. 

Le tribunal a rejeté ces arguments. Il n’a « découvert aucune preuve que l’aînée souffre d’un trouble de la personnalité ». Au contraire, il a relevé qu’elle présentait « des signes de trouble de stress post‑traumatique complexe », conséquence directe des abus qu’elle a subis. Tous les experts de la défense ont été jugés non crédibles, souvent n’ayant jamais rencontré la victime ou s’appuyant sur des informations fournies par l’accusé lui‑même. 

L’aveu malgré tout de la société familiale

Le tribunal relève que, malgré l’ampleur et la gravité des faits, les victimes n’avaient pas souhaité porter plainte immédiatement. Les abus ont été révélés « par hasard » lorsque la cadette a quitté le domicile à l’âge de 18 ans et a demandé un ordre de protection contre son père. Lors de l’examen de cette requête, le juge a pris connaissance de « quelques‑uns des actes du père » et a transmis l’affaire à la police. Même à ce stade, les jeunes femmes refusaient de déposer plainte. Ce n’est que plus tard qu’elles ont accepté de s’exprimer. 

Le jugement souligne que les deux sœurs « ont manifesté un courage et une détermination extraordinaires » quand elles ont décidé de témoigner contre leur père. 

Le poids du silence

Le tribunal a également mis en lumière la forte pression sociale et familiale à laquelle les victimes ont été exposées. Presque toute la famille – à commencer par la mère – a tourné le dos aux deux jeunes femmes et préféré croire le père.
Concernant la mère, le jugement conclut qu’elle « avait parfaitement conscience des signes tout le long du processus », y compris des informations rapportées par ses filles, mais qu’elle a choisi de croire sans réserve son époux. Elle reconnaissait toutefois « que ses filles ne sont pas des menteuses » et ne pouvait concevoir pourquoi elles inventeraient une telle horreur. 

L’opinion de l’accusation

L’avocate de l’accusation, Me Yaël Zelig, a déclaré sans détour : « Nous sommes confrontés à un dossier d’une gravité extrême de violences sexuelles familiales perpétrées de façon continue, cruelle et humiliante. Lors des premières audiences, le tribunal a noté que c’était l’un des dossiers d’abus sexuels les plus graves jamais présentés devant cette juridiction. La condamnation reflète la confiance que la cour a placée dans le témoignage courageux et sincère des victimes, qui ont fait preuve d’une force de caractère hors du commun en affrontant leur père. » 

Un rappel brutal

Cet acte judiciaire réveille l’urgence de la parole, la difficulté de la révélation et l’omerta qui règne encore trop souvent au sein des communautés. Il s’agit d’un signal fort : les institutions judiciaires sont prêtes à croire les victimes, même dans des environnements où la victime se heurte à une famille entière et à une communauté qui lui tourne le dos.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi