Israël: les gays religieux demandent à être reconnus

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Les organisations « lesbiennes, gays, bisexuels et trans » (LGBT) religieuses Bat Kol, Shabal et Chavrouta organisent cette semaine pour la 10ème année consécutive une série d'événements visant à aller à la rencontre de la société nationale-religieuse.

Sous le titre "Pessah Cheni, les 10 ans – nous ne sommes plus transparents", ils relient le concept de "Pessa'h Cheni" à celui des homosexuels religieux.

Le concept de Pessa'h Cheni est un concept biblique et sa source se trouve dans le livre des Nombres chapitre 9. Les personnes qui avait été en contact avec un mort étaient impures (tamé met) et n’étaient pas autorisées à participer à la fête de la Pâque. Ils avaient la possibilité d’offrir le sacrifice de la Pâque un mois plus tard - le 14 Iyar - Pessa'h Cheni. Les initiateurs expliquent dans le même style qu'ils ne sont pas des personnes «impures» et qu’ils souhaitent qu’on leur permettre d'entrer pleinement et légitimement dans la société.

Dimanche, une grande soirée a eu lieu à l'Institut Hartman sur le sujet et hier (mardi), il y un séminaire s’est déroulé à l'Université Bar Ilan. De plus, il y a des soirées de «ossim makom» - un appel aux communautés, des cours préparatoires et des écoles pour organiser des rencontres entre la religion et les LGBT. Ils ont également publié une brochure pour les mouvements de jeunesse religieux sur la tolérance religieuse.

"Nous avons tous grandi et été éduqués dans des institutions religieuses", disent les initiateurs, "nous connaissons la société religieuse et la plupart d'entre nous la considérons encore comme partie inséparable de nous, nous appartenons à des communautés religieuses et observons la halakha. En tant que religieux LGBT, nous croyons qu'il est nécessaire de retourner aux racines de notre terre et de développer un dialogue qui aidera la communauté religieuse à être plus attentive aux défis auxquels nous sommes confrontés. "Nous croyons qu'une rencontre et un dialogue permettent l'ouverture des cœurs, la compréhension mutuelle et le développement d'un langage commun"

"Nous voulons que les rabbins nous voient"

Tomer Eliasian (27 ans) marié à Lior, un étudiant en éducation politique au Collège Oranim et frère d'une lesbienne religieuse,  coordonne le projet cette année. Il raconte comment les événements ont pris forme.

"Il y a deux objectifs ici: Le premier objectif est de faire accepter les gays et les lesbiennes dans la communauté religieuse, afin que les fidèles ne haussent pas les sourcils en les voyant prier dans les synagogues, les accueillent et les acceptent. Il est vrai que la situation actuelle est meilleure que par le passé et il n'y a pas de mise à l’écart ou d'antipathie du public, mais je suis toujours convaincu qu'un couple homosexuel qui entrera dans la synagogue ne sera pas nécessairement accepté facilement. Il y a des communautés qui ne peuvent accueillir aucun couple de ce genre.

"Nous voulons que les rabbins nous voient"

"Nous voulons que les rabbins nous voient"

"Nous appelons le public à nous rencontrer, nous, les personnes LGBT religieuses qui veulent faire partie de la communauté, qui veulent accomplir la Torah et les mitsvot. Nous voulons qu'ils comprennent que nous sommes comme toutes les autres personnes."

"La communauté veut d'abord que nous discutions, que nous reconnaissions qu'il y a un problème. Il y a peut-être une solution, et peut-être pas, mais ils veulent être vus. Jusqu'à il y a 10 ans, une femme religieuse lesbienne était seule, ils ne savaient même pas qu’un tel être existait, qu'il y avait d'autres personnes comme elles. Nous voulons que les rabbins nous voient".

Nous voulons que la question soit étalée sur la table, que notre douleur s'élève au-dessus de la surface et ne soit pas repoussée vers les marges et que l’on prétende qu'il n'y a pas d'homosexuels religieux. Ce sera un changement, et certains d'entre nous espèrent qu'il y aura des cérémonies de mariage pour la communauté, de sorte qu'il y aura des changements dans la halakhah. Mais ce point est secondaire pour le moment. "

Ariela Reshef (33), est mariée à Vered et maman de Shai (3 ans) et Roy (1 an). Enseignante de la Bible et de la culture juive dans une école secondaire de Jérusalem, elle dit que le but de ces activités est de faire en sorte que le public religieux national voie la communauté LGBT telle qu'elle est et non la diabolise.

«Au quotidien, ma partenaire et moi ne nous sentons pas aliénées dans les milieux où nous vivons, au jardin d'enfants et dans la communauté, l'attitude envers nous est vraiment bonne, et je peux dire compter les attitude irrespectueuses sur les doigts d’une main".

"Mais il y a une dimension dans laquelle les figures publiques du sionisme religieux créent des schismes et agissent contre nous, et ce n'est pas juste. Après tout, le phénomène existe, il y a des jeunes et des adultes comme ça et ce sont des êtres humains".

"Nous voulons faire partie de la communauté religieuse, nous sommes des personnes croyantes. Il faut dire dire que les objections dirigées contre nous ne viennent généralement pas à cause de la question sexuelle elle-même, de l'interdiction religieuse, mais juste des préjugés et ce n'est pas correct. Il y a l'interdiction elle-même, mais la plupart des revendications sont différentes et simplement populistes et c'est ce qui me blesse. Qu'ai-je fait comme péché pour que l’on  m'attaque avec toutes sortes de sujets sans rapport?"

Vous enseignez la Bible, comment vous sentez-vous face à Dieu en rapport à qui vous êtes. Etes-vous en colère contre lui?

"D.ieu m'a créé et j'ai une place dans le monde. J'y ai beaucoup réfléchi et j’en ai discuté et je ne suis pas en colère contre lui pour avoir fait de moi une lesbienne et m’avoir causé des problèmes d'identité. En ce qui me concerne, le Créateur voulait que j'existe et il a de l'importance dans ma vie. Il m’a donné la vie et je ne ressens que de l'amour pour lui. Je ne ressens pas du tout de colère, bien qu'il ait pu être naturel d'être en colère contre lui.

Source : Israel HaYom

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