Israël en alerte : l’IA provoque une vague de chômage sans précédent dans la high-tech

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Israël en alerte : l’IA provoque une vague de chômage sans précédent dans la high-tech

Israël face à l’IA : la high-tech en crise et les travailleurs menacés

Israël, la « Start-up Nation », vacille : l’intelligence artificielle évince ses cerveaux les plus brillants

Alors que l’IA redéfinit l’économie mondiale, près de 15 000 professionnels de la high-tech israélienne se retrouvent sur le carreau. Développeurs, analystes, ingénieurs réseaux… ce sont les piliers du miracle technologique israélien qui tombent les uns après les autres. Un chômage de masse silencieux, au cœur du secteur le plus stratégique du pays. L’alerte est lancée : le fleuron de l’innovation est en train de se fissurer.

Une explosion du chômage dans le secteur porteur de la high-tech en Israël

Selon un rapport publié ce matin par le Service de l’emploi, le nombre de demandeurs d’emploi issus de la haute technologie a grimpé à 14 961 en avril 2025, contre 7 058 en janvier 2019 – soit un bond de 112 %  .
La hausse touche surtout les métiers clés : les développeurs de logiciels et les experts en bases de données et réseaux. Depuis janvier 2019, ces dernières catégories enregistrent respectivement +147 % et +223 % de demandeurs d’emploi.

Effets de l’IA et diversification des destins professionnels

Le PDG du Service de l’emploi avertit : « Les défis actuels liés au développement de l’intelligence artificielle accentuent la nécessité d’élaborer un plan d’action ».
Face à la montée de l’IA, de nombreux professionnels expérimentés ont perdu leur emploi ou changé de carrière.
Le phénomène est d’autant plus marqué qu’il concerne essentiellement les licenciements : le nombre de personnes inscrites au chômage pour cause de licenciement est passé de 5 767 au 1er trimestre 2022 à 14 545 au 1er trimestre 2025, soit +150 %, tandis que les démissions progressent à un rythme moindre (+70 %).

Une démographie surprenante : 35‑46 ans en première ligne

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont plus seulement les juniors qui sont touchés. La tranche d’âge des 35–46 ans, au cœur de la vie active, enregistre la hausse la plus notable .
Les cadres confirmés, dont les salaires oscillent entre 25 600 et 43 800 ₪, représentent désormais 40 % des demandeurs d’emploi, contre 15 % en août 2022.
En parallèle, le salaire moyen des chercheurs d’emploi en high-tech a grimpé de 39,3 % entre janvier 2022 et avril 2025, atteignant désormais 20 900 ₪ par mois (contre 11 700 ₪ pour le reste des demandeurs)  .

Conséquences paradoxales sur les salaires et la composition du marché

Un effet trompeur sur les salaires moyens

La majorité des travailleurs licenciés dans la high-tech ne sont pas les salariés les mieux payés du secteur, mais plutôt des professionnels expérimentés aux salaires intermédiaires.
Ce sont eux qui rejoignent en masse les listes de demandeurs d’emploi.
En revanche, les très hauts salaires, mieux protégés dans leurs postes, sont moins touchés par la vague de licenciements.
Résultat : les employés restants dans les entreprises, qui comptent proportionnellement plus de hauts salaires, font mécaniquement monter la moyenne salariale globale. De la même façon, le salaire moyen des chômeurs de la high-tech augmente, car il s’agit souvent de profils qualifiés dont les revenus, bien qu’élevés, ne sont pas parmi les plus hauts du secteur.

Ce phénomène donne donc une impression trompeuse d’enrichissement général, alors qu’il reflète en réalité une perte massive de talents dans les couches intermédiaires du marché.

Concentration géographique : Tel‑Aviv et centre du pays en première ligne

Les districts de Tel‑Aviv (23,5 %) et du Centre (17,6 %) concentrent les plus fortes proportions de demandeurs d’emploi dans la high-tech, contre seulement 5 % dans les districts Nord et Sud.

Inquiétudes structurelles : une crise qui s’installe

Le ralentissement de l’emploi dans la high-tech est confirmé depuis 2022 : un recul de 5 000 postes en 2024, alors que le ratio postes disponibles/chercheurs d’emploi est passé de 1,6 à moins de 1 voire 0,9 en avril 2025. Autre symptôme : quelque 8 300 travailleurs ont quitté Israël temporairement entre octobre 2023 et juillet 2024 — soit 2,1 % de la workforce high-tech  

« Un atout national menacé » : la réaction du Service de l’emploi

L’avocate Inbal Meshesh, directrice générale, avertit : « L’augmentation constante du nombre de demandeurs d’emploi dans la haute technologie devrait nous tenir éveillés, d’autant plus qu’elle est plus importante que le rythme de croissance du secteur ». Elle annonce que le Service élabore actuellement les grandes lignes d’une stratégie nationale pour préparer Israël au monde du travail dominé par l’IA  .

Une lueur d’espoir : formation et reconversion

Face à la dislocation du marché, des formations coordonnées avec employeurs et Autorité de l’innovation sont en cours : cloud, cybersécurité, IA, développement logiciel… Autant de filières censées absorber les chômeurs issus de la high-tech .

Un paradoxe inquiétant

Alors que l’IA promet de créer de nouveaux emplois, elle contribue ici à en détruire des milliers. Des cadres et experts, moteurs de l’innovation, se retrouvent au chômage, fragilisant ce qui faisait la « Start‑up Nation ». Le défi est double : maintenir la compétitivité israélienne tout en protégeant ses talents. L’appel à une stratégie d’État se fait plus pressant que jamais.

Ce bilan alarmant, nourri de chiffres et de trajectoires individuelles, invite à penser l’innovation non seulement comme un progrès, mais aussi comme un défi social majeur, exigeant régulation, anticipation et solidarité.

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