Holocauste : une enquête est ouverte sur la rafle du Vieux-Port de 20.000 Marseillais

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Hitler voulait "épurer" le "chancre de l'Europe": une enquête a été ouverte pour "crimes contre l'humanité" pour retrouver d'éventuels responsables encore en vie des persécutions et du transfert forcé en 1943 d'au moins 20.000 Marseillais lors de la rafle dite du Vieux-Port.

800 juifs avaient été envoyés dans les camps d'extermination, la justice enquête pour "crimes contre l'humanité" sur une rafle de 1943 à Marseille

Soixante-seize ans après les faits, l'enquête a été ouverte le 29 mai par le pôle du parquet de Paris spécialisé dans ce type de crimes imprescriptibles. Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (Oclch).Elle fait suite à une plainte contre X déposée par un avocat marseillais, Me Pascal Luongo, au nom de quatre survivants et de descendants de victimes de cet épisode relativement méconnu de la Seconde Guerre mondiale.

Entre les 22 et 24 janvier 1943, une série de rafles, parmi les plus vastes avec celle du Vel' d'Hiv' six mois plus tôt à Paris, a été conduite dans les vieux quartiers de Marseille sur décision des nazis avec la collaboration active de Français sous les ordres du secrétaire général de la police du régime de Vichy René Bousquet.

A Marseille, près de 800 juifs du quartier de l'Opéra ont été envoyés à la mort dans les camps d'extermination nazis, et tout un quartier populaire baptisé "la petite Naples", coeur historique de la cité phocéenne derrière le Vieux-Port, a fait l'objet d'une deuxième rafle, vidé de force de ses habitants, pour beaucoup des immigrés italiens, puis dynamité.

"Vichy avait prévu de démolir les vieux quartiers, et en a profité", témoigne Robert Barone, évacué à l'âge de six ans, qui espère que l'enquête aidera à faire connaître ce drame.

"On attend que ce soit reconnu et inscrit dans les livres d'histoire", ajoute une autre plaignante, Antoinette Castagno, évacuée avec ses trois frères et soeurs au petit matin, à l'âge de 9 ans.

Entassée dans un wagon à bestiaux et transférée dans des baraquements insalubres à Fréjus (Var), sa famille était rentrée à Marseille une semaine après et avait trouvé son domicile saccagé et pillé: "Nous avons tout perdu et ça a été passé sous silence".

L'ouverture d'une enquête judiciaire "est le premier pas vers une juste reconnaissance d'un passé douloureux. Toute leur vie, les survivants n'ont pas pu mettre de mot sur ce qu'il s'était passé", a commenté Me Pascal Luongo, dont le grand-père a fait partie des victimes de cette rafle.

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