Hillary Clinton quitte le Proche-Orient sans résultat concret

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hilary.jpgLa secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a mis fin jeudi à trois jours de discussions avec les dirigeants israélien et palestinien sans parvenir à dégager une solution au problème des colonies juives de Cisjordanie, qui menace la poursuite des pourparlers.

Côté palestinien, plusieurs personnalités ont répété que les pourparlers directs, renoués le 2 septembre à Washington, s'achèveraient si les constructions reprenaient à la fin du moratoire, prévue le 30 septembre, mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu de le prolonger, même pour une période réduite.

"Au point où nous en sommes, une prolongation serait utile, ce serait extrêmement utile", a insisté Hillary Clinton, dans un entretien accordé à la 10e chaîne de télévision israélienne.

"Je ne pense pas qu'une prolongation limitée empêcherait le processus de se poursuivre si cela faisait l'objet d'une décision des deux parties", a-t-elle ajouté.

Bouclant une tournée entamée mardi à Charm el Cheikh, en Egypte, qui s'est poursuivie mercredi à Jérusalem, la secrétaire d'Etat s'est entretenue en Jordanie avec le roi Abdallah après avoir rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah.

Lors d'une conférence de presse à Amman, elle s'est de nouveau déclarée convaincue qu'Abbas et Netanyahu prendraient "les décisions difficiles nécessaires pour résoudre toutes les questions centrales dans un délai d'un an".

Le porte-parole d'Abbas, Nadil Abou Rdaïnah, a toutefois clairement fait savoir que les Palestiniens n'avaient pas renoncé à leur exigence concernant la prolongation du moratoire.

"Si une colonie est construite après la fin du gel, nous arrêterons les négociations directes avec Israël", a quant à lui réaffirmé le ministre palestinien des Affaires étrangères Riad al Maliki, en marge d'une réunion de la Ligue arabe, au Caire.

NÉGOCIER LES FRONTIÈRES

Selon des sources proches des négociations, Israël a rejeté une proposition du président égyptien Hosni Moubarak de prolonger de trois mois le gel des nouvelles constructions.

"J'ai parlé de cette question avec lui et lui ai dit de donner trois mois de plus au moratoire pendant les négociations", a déclaré le président égyptien dans une interview à la première chaîne de télévision israélienne.

Les Etats-Unis auraient avancé une proposition similaire, que le Premier ministre israélien a également déclinée.

Dans un communiqué, les services de Benjamin Netanyahu indiquent qu'aucun commentaire ne serait fait sur le contenu des discussions en cours et que le chef du gouvernement s'en tient à la position affichée jusqu'ici.

Le Premier ministre israélien a indiqué qu'il ne prolongerait sans doute pas le moratoire mais qu'il limiterait l'ampleur des futurs chantiers.

Hosni Moubarak a fait valoir que pendant un nouveau moratoire de trois mois, Israéliens et Palestiniens pourraient négocier les frontières d'un futur Etat palestinien.

Israël estime qu'un tel accord pourrait prendre la forme d'un échange de territoires en vertu duquel il conserverait les grands blocs de peuplement en Cisjordanie, où vivent 300.000 colons juifs.

S'y ajoutent les 200.000 juifs qui vivent à Jérusalem-Est, également prise par les Israéliens pendant la Guerre des Six-Jours, en 1967, ou dans des zones de Cisjordanie proches de la ville et annexées à Jérusalem après le conflit.

Une fois conclu un accord sur les frontières, a expliqué Hosni Moubarak, Israël pourrait construire au sein de ses futures frontières et les Palestiniens faire de même, ce qui résoudrait la question du gel des colonies.

L'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell a précisé que les négociateurs des deux camps se retrouveraient la semaine prochaine pour fixer la date de nouvelles discussions entre Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas.

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