Hagaï Luber : "Pendant que mes fils meurent à Gaza, les déserteurs volent à Ouman – avec l’aide de l’État !

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Hagaï Luber : "Pendant que mes fils meurent à Gaza, les déserteurs volent à Ouman – avec l’aide de l’État !

« Tu perds même moi » : la colère d’un père endeuillé contre Netanyahu et son gouvernement

Alors que le gouvernement finance des vols vers Ouman pour des milliers de hassidim dispensés d’armée, un père brisé par la guerre interpelle frontalement Netanyahu. Trois de ses enfants sont mobilisés, les femmes restent seules avec des nourrissons, et lui vit dans la peur qu’on vienne frapper à nouveau à sa porte. Son message est un cri de vérité : « Ce n’est plus une direction, ce n’est pas la justice, c’est une défaite. Et pourtant, on peut encore réparer. »

Une famille sacrifiée

Hagai Luber a perdu son fils en décembre 2023 lors d’une opération militaire dans la bande de Gaza. Depuis, le deuil ne lui a pas laissé le moindre répit. Aujourd’hui, ce sont deux de ses fils et son gendre qui viennent de recevoir un nouvel ordre 8 — convocation d’urgence pour réservistes.

« Mon fils a été tué à Gaza il y a un an et huit mois. Mes deux autres fils sont repartis combattre dès la fin de la shiva, sans prononcer un mot, parce qu’il manquait des soldats et qu’il fallait éliminer la menace. Depuis, eux aussi, frères endeuillés, ont accompli des centaines de jours de réserve. »

Une colère froide, nourrie de chagrin

Dans un post publié sur Facebook, Hagai Luber s’adresse directement au Premier ministre et lui lance :

« Monsieur le Premier ministre, vous êtes en train de me perdre, moi aussi. »

Il détaille la situation de sa famille, accablante :

« Mon fils vient de recevoir un ordre 8 pour deux mois et demi. Sa femme restera seule à la maison avec trois enfants en bas âge. Mon autre fils a vu ses réserves prolongées de trois mois. Sa femme restera seule, elle aussi, avec deux petits et un bébé. Ma fille, enceinte, avec une fillette d’un an, va rester seule pendant deux mois et demi : son mari a reçu un ordre 8. Et nous, les parents endeuillés, vivons dans une peur constante, dans l’attente d’un nouveau coup à la porte. »

Le contraste qui fait mal : Ouman

Ce père israélien ne comprend pas comment l’État peut en même temps financer des voyages à l’étranger pour des jeunes qui échappent au service militaire, alors que ses propres fils risquent leur vie.

« Et vous ? Vous partez faire des petits voyages pendant les vacances. Vous prenez l’avion pour aller vous recueillir sur des tombes de justes. Et ceux qui désertent, issus d’autres secteurs de la société, on n’en parle même pas, car ils ne sont pas haredim. Où est votre fraternité humaine, où est votre solidarité juive ? »

« Ce n’est pas une direction, ce n’est pas la justice »

Hagai Luber va plus loin et accuse le gouvernement d’avoir abandonné ses responsabilités fondamentales.

« Ton comportement me déçoit profondément, Premier ministre, toi et tes collègues du gouvernement. Oui, ce gouvernement que j’ai choisi. Et voilà que, vingt-deux mois plus tard, après 690 jours, il n’y a toujours pas de loi efficace pour recruter ceux qui se dérobent à l’armée. Et dès que des sanctions personnelles contre les déserteurs à l’aéroport sont sur la table, votre gouvernement se mobilise tout entier — pour les exclure ! Pour leur permettre de voler à l’étranger sans être inquiétés. »

« Je souffre. Je me frotte les yeux d’étonnement et de déception. Ce n’est pas une direction, ce n’est pas la justice, c’est une défaite. Et pourtant, il est encore possible de réparer. »

Un appel à la responsabilité collective

Dans ses échanges avec les médias, Hagai Luber souligne qu’il n’en veut pas aux ultra-orthodoxes, mais à ceux qui, au pouvoir, refusent d’instaurer une égalité dans le sacrifice.

« Je les aime, les haredim. Je les fréquente, je prie avec eux. Mais leur croissance démographique — qui me réjouit — ne peut pas justifier qu’on les dispense de porter leur part du fardeau national. Ce manque de solidarité est le vrai danger pour notre société. »

Et à ceux qui critiquent son engagement auprès du mouvement “Akhim Laneshek”, il répond calmement :

« L’unité, ce n’est pas l’unanimité. Ce n’est pas partager les mêmes opinions. C’est savoir pour qui on est prêt à se sacrifier. Mon fils, Jonathan, était prêt à se jeter sur une grenade pour sauver ses amis. Et je veux pouvoir dire la même chose de tout Israélien, quel que soit son courant. C’est ce type d’unité que j’espère. »

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