Guy Birenbaum : le patron c'est moi, c'est pas cette saloperie de téléphone

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Guy Birenbaum comment éviter la dépression

Celui qui entre autres activités professionnelles lisait chaque matin sur Europe 1 un billet sur l'actualité du web passait sa vie, de 4h30 du matin à minuit, à être réceptif aux réseaux sociaux et à l'actualité, à s'offrir comme une éponge de l'ensemble des critiques dont une quantité non négligeable d'antisémites qu'il pouvait recevoir, à participer tout au long de la journée à des débats, à sauter sur la moindre des infos pour être sûr de ne rien manquer. Jusqu'au jour où l'éponge n'a plus été capable d'absorber.

A côté du burn-out figure aussi le plus classique "burn-in", selon l'expression du journaliste Guy Birenbaum,

Guy Birenbaum a fait l'objet du burn-in . Il décrit sa dépression ,une vraie, du genre qui paralyse au lit et interdit toute activité physique et intellectuelle, dans son livre :" Vous m'avez manqué".
Burn out, L'expression est à la mode mais la maladie est réelle, bien que parfois utilisée à tort par ceux qui s'en prétendent victimes.

Elle fait même l'objet d'un amendement du gouvernement à la loi sur le dialogue social et l'emploi, pour que "les pathologies psychiques puissent être reconnues comme maladies d’origine professionnelle".

Sans en faire la mère des causes, Guy Birenbaum dit que "l’hyperconnexion a joué un rôle dans [sa] dépression".

Son cas est bien sûr extrême, quoi que banalement humain, mais il est révélateur d'un mal qui nous guette tous, et des solutions qu'il est possible d'y apporter, par des remèdes simplissimes.

Il a bien sûr fallu à Guy Birenbaum s'assommer d'anti-dépresseurs en guise d'essorage.

Mais aussi et surtout prendre des mesures correctives.

"J'ai développé tout un tas de tactiques, de stratégies, pour — au moins sur cette partie de la maladie qui concernait l'hyperconnexion, me débarrasser de ça", expliquait-il la semaine dernière sur RMC. "J'ai vraiment des plages horaires réglées, régulées...

Et de la même manière, j'ai enlevé les alertes. Je n'ai plus une alerte sur mon smartphone. J'ai pas une notification. Je n'ai rien. C'est moi qui suis maître du temps. Je suis maître de mon temps. Je décide du moment où c'est moi qui regarde. J'ai repris la main ;  le patron c'est moi, c'est pas cette saloperie de téléphone".

LAISSER L'UTILISATEUR DÉCIDER
L'auteur de ces lignes ayant toujours pris soin de désactiver toutes les notifications, justement pour rester maître et ne pas être sans cesse dérangé, le problème ne nous avait jamais vraiment frappé. Mais il est pourtant évident.

Si l'on reconnaît — et qui peut le nier ? — que les notifications sont sources de stress, à des degrés divers selon les individus, il est de santé publique d'interdire aux applications d'afficher des notifications sans que l'utilisateur ne les ait explicitement demandées.

C'est d'autant plus important qu'il n'est pas toujours intuitif de comprendre où et comment modifier les réglages permettant de désactiver les notifications.

Comme pour le démarchage commercial qui a nécessité que le législateur impose de passer de l'opt-out à l'opt-in dans une stratégie anti-spam, il faudra que le législateur s'empare du sujet si les concepteurs de systèmes d'exploitation (en particulier Google, puisque Apple le fait déjà) et les développeurs d'application ne s'accordent pas sur une démarche volontaire visant à imposer l'opt-in pour l'affichage de notifications et alertes dans les "centres de notification".

L'idée n'est pas d'interdire les notifications, mais d'imposer que ce soit l'utilisateur qui choisisse quelles applications doivent afficher des alertes. A chaque application, ensuite, de savoir convaincre.
(illustration : montage à partir de @bottled_vold, CC by)

source : http://www.numerama.com/


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