Gilbert Chikli a tort de se croire à l'abri en Israël

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Gilbert Chikli a tort de se croire à l'abri en Israël

"Gilbert Chikli a tort de se croire à l'abri en Israël"

Richard Sitbon économiste

Richard Sitbon économiste

Richard Sitbon, économiste, vient de publier chez L'Harmattan "La France, peuple élu de l'Europe ?"Un livre sur la situation hexagonale vue d'Israël. Alliance y reviendra.
Mais ce francophone occupe aussi un posté clé au sein de la cellule chargée de la lutte contre le blanchiment à Jérusalem.Interview et révélations sur la manière dont l'Etat juif traque la délinquance économique et fiscale, notamment celle des binationaux.

Alliance : En matière de lutte contre la fraude, tout a changé en quelques années...

Richard Sitbon : C'est exact. Cela dit, Israël n'a jamais été sciemment un paradis pour l'argent sale, contrairement à la Suisse, le Luxembourg ou Panama. Mais depuis le milieu des années 2 000, nous sommes entrés dans l'OCDE, qui regroupe les pays les plus développés.

Du coup, nous nous sommes engagés à mener un combat sans merci contre le blanchiment de l'argent de la drogue, des jeux, de la prostitution, etc. Si bien que les sociétés roumaines qui avaient l'habitude, par exemple, de transférer à Tel-Aviv leurs gains provenant de jeux de hasard... ne peuvent plus le faire.

Alliance : La deuxième étape a été la lutte contre l'évasion fiscale.
Richard Sitbon : Absolument. Depuis environ 3 ans, on ne peut plus déposer de grosses sommes en liquide dans les banques israéliennes, les Français doivent donner leur numéro fiscal s'ils veulent ouvrir un compte...

Tous les mouvements suspects sont surveillés et signalés. Si vous êtes français, Paris saura forcément ce qui se passe sur votre compte israélien. Mais nous allons encore plus loin : en mars dernier, il y a eu un virage majeur. Jusqu'à présent, au nom de la protection de la vie privée, les services antiblanchiment et fiscaux étaient séparés. Désormais, nous travaillons en étroite collaboration.

Alliance : Conséquences ?
Richard Sitbon : Elles sont considérables ! Si le fisc français interroge son homologue israélien, il obtiendra des informations éventuelles concernant le blanchiment.

Alliance : Et alors ? Israël, dit-on, n'extrade pas les Juifs, encore moins les binationaux...
Richard Sitbon : De nos jours, c'est totalement faux. Les polices et les justices françaises et israéliennes collaborent de plus en plus étroitement.
Nous sommes signataires des accords internationaux en la matière. Les extraditions existent, y compris pour délits financiers. Il est évident que lorsque Paris va demander à Israël d'acheminer Gilbert Chikli sur son sol, lui qui a inauguré les fameuses "arnaques aux présidents" et empoché illégalement des millions d'euros... nous ne nous y opposerons pas.

Il a donc du souci à se faire. Ses activités douteuses sur le Forex (marché des changes) en Israël même sont d'ailleurs stoppées grâce à une traque administrative qui a porté ses fruits.

Alliance : Quelle est votre priorité aujourd'hui ?

Richard Sitbon : Certains escrocs israéliens vendent, via des call centers, de faux contrats d'assurance à des Français installés dans l'Hexagone. Nous allons nous occuper sérieusement de ce problème. Depuis mars, nous sommes habilités à organiser des "descentes" communes fisc/cellule antiblanchiment dans les entreprises fraudeuses. Nous avons commencé à le faire et ce genre d'opération musclée va prendre une tournure spectaculaire. L'Etat juif ne peut plus se permettre de perdre un seul shekel, du fait de nos besoins budgétaires publics. Le but, c'est la tolérance zéro.

Propos recueillis par Norbert Cohen

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