Front nord : Tsahal prépare une offensive terrestre inédite contre le Hezbollah

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Front nord : Tsahal prépare une offensive terrestre inédite contre le Hezbollah

Tsahal mobilise ses hommes sur le front nord en prévision d’une possible offensive terrestre de grande envergure

Loin d’être secondaire, le front nord occupe une place extrêmement importante dans la campagne que mène Tsahal, avec des frappes de précision sur tout Beyrouth, et plus seulement sur la Dahiyeh, le bastion du Hezbollah. En parallèle, une offensive terrestre à l’échelle du Liban se prépare.

L’armée israélienne a fait savoir, via un communiqué, qu’elle redéployait la brigade Golani, présente jusqu’alors dans la bande de Gaza, vers la frontière avec le Liban. En plus des opérations défensives qui se poursuivent depuis la semaine dernière au sud-Liban, il fait peu de doute que l’establishment israélien voudra profiter de cette « erreur » pour en finir définitivement avec la menace qui pèse sur les kibboutzim et les villes du nord d’Israël.

D’autant que le Hezbollah n’est pas le seul groupe implanté au pays du Cèdre. En effet, Tsahal avait notamment éliminé Wasim Atallah Ali, responsable de la formation et du recrutement de combattants pour la branche militaire du Hamas au Liban, lors d’une frappe menée par la marine israélienne.

De même, Adham Adnan Al-Othman, ancien chef de la branche armée du Jihad islamique palestinien au Liban, a été éliminé lors d’une frappe ciblée à Beyrouth.

Le nombre de camps de réfugiés palestiniens au Liban est de 12, dont trois dans le sud, proches de la frontière. L’urgence de remédier à cette situation s’amplifie chaque jour un peu plus et, sans l’intervention militaire d’Israël, la situation serait probablement déjà pire.

Les forces en présence et leurs capacités impressionnantes de régénération

Car bien qu’affaibli par l’opération « Flèche du Nord » et par les raids quasi quotidiens de l’armée de l’air israélienne depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, les groupes armés restent actifs.

Si pour le Hamas et le Jihad islamique, on sait de source sûre que leur popularité grandit parmi les réfugiés palestiniens, souvent considérés comme des « sous-citoyens », et qu’ils posséderaient plusieurs milliers de combattants, nous disposons en revanche de chiffres plus précis concernant le Hezbollah.

Le groupe disposerait aujourd’hui d’environ 25 000 roquettes de courte portée, de plus de 5 000 drones, d’environ 2 000 combattants actifs et de 50 000 réservistes (des civils ayant reçu une formation militaire et mobilisables par l’organisation).

L’unité d’élite Radwan, détruite à près de 75 % selon certains rapports lors de la dernière guerre, s’est quasiment reconstituée. Si l’organisation terroriste n’est pas redevenue l’immense machine militaire qu’elle était avant le 8 octobre 2023, elle est néanmoins revenue à un niveau comparable à celui d’avant la vague d’éliminations ciblées d’octobre 2024, notamment grâce à l’argent iranien et à son redéploiement au nord du fleuve Litani.

Le sud du fleuve reste la zone principale des combats, car proche de la frontière. L’objectif de la précédente confrontation était de repousser une éventuelle infiltration du groupe, ce qui avait été fait. Désormais, la stratégie du camp d’en face va devoir s’adapter.

Des raids ciblés à une incursion, voire une invasion

Entre le 8 octobre 2023 et le 28 septembre 2024, puis entre le 24 novembre 2024 et récemment, Tsahal a mené pas moins de 1 470 raids ciblés, répartis sur plusieurs nuits, parfois avec des chars Merkava, afin de détruire des tunnels et empêcher le plan appelé « Conquérir la Galilée ».

Paradoxalement, c’est pendant les périodes de cessez-le-feu que le Hezbollah est le plus affaibli par des opérations terrestres et aériennes ciblées. En position défensive, l’armée israélienne multiplie les raids furtifs : des soldats entrent dans une zone ou un village, détruisent les infrastructures, puis se replient sur leurs positions.

Cependant, cette stratégie devra évoluer, car le Hezbollah et les autres organisations terroristes l’ont désormais comprise, notamment parce qu’elle a déjà été utilisée dans la bande de Gaza.

Cette approche s’explique par une métaphore de l’ancien chef d’état-major Hertzi Halevi : le Hamas serait comme une tour, qui finirait par s’effondrer sous les coups répétés d’une boule de démolition.

Mais cette analyse est probablement incomplète. L’armée manque d’effectifs, et certains analystes estiment que la seule solution viable sur le long terme serait d’envahir le sud-Liban, puis de poursuivre l’offensive au-delà du Litani, voire jusqu’à Beyrouth, afin d’encercler la Dahiyeh, le bastion politique et militaire du Hezbollah.

Ensuite, une zone tampon à la frontière pourrait être négociée, et des pourparlers de paix entre Israël et le Liban pourraient légitimement voir le jour.

Car malgré toute la bonne volonté de la communauté internationale, ni le gouvernement libanais ni l’armée libanaise n’ont réussi à désarmer le Hezbollah ou les autres groupes palestiniens, et cet échec est dramatique pour l’ensemble de la région.

Affaiblir le Hezbollah en le privant de son pouvoir de nuisance et de ses ressources

En parallèle, Tsahal affaiblit les infrastructures du Hezbollah, pourtant jugées illégales par le gouvernement libanais, mais toujours actives. C’est notamment le cas de Hichat el Hichat, sa banque privée, ainsi que de son organe de propagande, la chaîne de télévision Al-Manar.

Ces cibles n’avaient plus été visées depuis 2006.

Si 20 % du trafic de drogue et les investissements iraniens (plus de 1  milliards  de dollars sur l’année civile écouler ) restent importants, plusieurs évolutions internationales pourraient affaiblir les revenus du Hezbollah.

La lutte mondiale contre le narcotrafic pourrait en effet réduire certaines de ses sources de financement indirectes. Par exemple :

  • la chute du régime de Maduro au Venezuela pourrait remettre en cause certaines routes de trafic en Amérique latine,
  • la nouvelle politique au Mexique visant à lutter plus fermement contre les cartels,
  • ou encore les pressions américaines sur Cuba.

À cela pourrait s’ajouter une évolution majeure au Moyen-Orient : si le régime iranien des mollahs venait à tomber, le Hezbollah perdrait son principal soutien financier et stratégique.

Le groupe a littéralement pris position dans le sud du Liban et s’est enraciné dans les institutions, notamment au Parlement et au gouvernement. Mais cette situation se retourne progressivement contre lui.

Alors que les élections législatives prévues en mai prochain devraient avoir lieu — sauf reprise majeure des hostilités —, le Hezbollah n’a jamais été aussi isolé au sein de la société libanaise, y compris chez une partie de la population chiite.

Son principal allié, le mouvement Amal, commence lui aussi à prendre ses distances.

Si certains analystes estiment qu’une offensive terrestre majeure est désormais inévitable, force est de constater que Tsahal a déjà réussi une première depuis 1982 : séparer politiquement le Hezbollah du reste du Liban.

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