France en crise : la disparition silencieuse des Juifs d'Alex Gordon

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France en crise : la disparition silencieuse des Juifs d'Alex Gordon

SOLIDARITÉ JUIVE  Alex Gordon

Mes nombreuses visites dans les instituts de recherche d’Europe occidentale débutaient toujours de la même façon : un scientifique local me décrivait le pays « arriéré », « irrationnel », parfois même « en déclin » dans lequel il vivait.

Les pays changeaient. Les discours, eux, se ressemblaient.

Les chercheurs ne ménageaient pas leur propre nation. Ils la critiquaient avec une sévérité presque jubilatoire. Dans ces tableaux apocalyptiques, la France occupait la première place.

Et pourtant, j’ai toujours été attiré par la France. Je viens d’une famille francophile. Lorsque j’y suis arrivé pour la première fois, tout m’était familier : sa grande littérature, sa musique singulière, sa langue magnifique.

Mais la crise française n’était pas une invention d’universitaires grincheux. Elle était réelle, profonde. Elle se mesurait en chiffres vertigineux : des dettes gigantesques, atteignant des trillions d’euros, dépassant le produit intérieur brut. Aucun autre État de l’Union européenne ne portait un tel fardeau en valeur absolue.

Dans le même temps, les Français refusaient de réduire les dépenses publiques ou d’engager une véritable réforme des retraites. Le taux de natalité tombait à son plus bas niveau depuis la Première Guerre mondiale. La France voyait naître davantage de musulmans que de catholiques. Sa productivité diminuait. Elle semblait aspirer à multiplier les pauses.

Un jour, il y a de nombreuses années, ma femme et ma fille de six ans me rejoignirent dans la ville française où je travaillais. Elles arrivèrent en août. La chaleur était écrasante. Une grande partie des habitants était en vacances. Les établissements étaient fermés.

À la mi-journée, les commerces baissaient leurs rideaux pour une longue interruption. Quand une ville cesse de fonctionner aussi longtemps, on comprend comment s’accumule la dette d’un pays. La ville dormait. Elle faisait la sieste.

En observant cette inertie, je repensais aux récits alarmés de mes collègues sur la crise française.

Nous logions dans l’hôtel réservé aux invités de l’université. Un jour, notre fille se plaignit de douleurs aux uretères. Probablement une inflammation. Elle avait besoin d’un médecin. Nous découvrîmes rapidement que le médecin de l’institut était en congé.

La médecine, elle aussi, semblait à l’arrêt.

Comment soigner un enfant dans une ville étrangère, sans médecin disponible ?

Nous sommes sortis dans la rue, sans savoir vers qui nous tourner. Soudain, notre fille déclara qu’elle apercevait une inscription en hébreu.

Nous étions devant une boucherie casher.

J’ai aussitôt pensé que, peut-être, là se trouvait la solution : les Juifs aideraient les Juifs.

À l’intérieur, il y avait évidemment des Juifs. Et ils travaillaient, alors même que la ville entière semblait en sommeil.

J’expliquai au boucher que j’étais Israélien et que je cherchais une aide médicale pour ma fille. Il trouva l’adresse d’une pharmacie juive et m’y envoya.

À la pharmacie, je me présentai. Cela provoqua une véritable excitation. Nous étions juifs, venus d’Israël, et, de surcroît, mon grand-père était pharmacien.

Alors un petit miracle se produisit : une ordonnance pour un antibiotique apparut pour notre fille.

La solidarité juive fonctionnait — même lorsque la ville, elle, ne fonctionnait pas.

Plus de vingt ans ont passé. Je ne vais plus en France, bien que je reste issu d’une famille francophile.

Le fait est que dans ce pays, il devient de plus en plus rare de rencontrer un Juif.

Et plus rare encore de rencontrer une solidarité juive.

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