Eurovision 2026 : Boycott d'Israël, "La chanson est au bout du canon !"

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Eurovision 2026 : Boycott d'Israël, "La chanson est au bout du canon !"

Eurovision 2026 - BOYCOTT D'ISRAËL "La chanson est au bout du canon !"

Alexandre Blondin, expert de l'Eurovision dénonce une sanction injustifiée et une atteinte à la liberté artistique

L'AUTRICHE et L'UER sont sur l'OFFENSIVE !

Depuis le massacre du 7 octobre 2023 d'une ampleur et d'une brutalité sans précédent par les terroristes palestiniens du Hamas contre Israël,  la réponse défensive  militaire de l'État  hébreu divise l'opinion et donne lieu à des actes et des prises de position "arbitraires" ou des "contre-vérités" savamment orchestrées par des mouvements politiques, activistes et antisémites qui évoquent une atteinte au droit international  par un "génocide" sur la bande de Gaza, terme qui à ce jour n'a pas été officiellement reconnu par les instances internationales,

Ces groupuscules, souvent sous influence d'extrême gauche, profitent de l'opportunité d'un drame humain pour valoriser leur idéologie, influencer l'opinion publique avec l'objectif de se positionner sur l'échiquier politique international.

Mais l'amalgame alimente la haine et éloigne la voix de la raison.  Une guerre quelle qu'elle soit est toujours  injuste, l'histoire  nous le rappelle et il en résulte des victimes sur les 2 fronts, chez les Israéliens comme chez les Palestiniens.

Face aux appels d'exclusion d'Israël de l'Eurovision revendiqués par l'Espagne, l'Islande, l'Irlande, les Pays-Bas ou la Slovénie, les instances organisatrices de l'événement et l'Autriche, pays hôte, se préparent à une course aux obstacles politiques, diplomatiques, économiques et financiers ! Martin Green, directeur du concours  a déclaré :
" Nous prenons des mesures claires et décisives pour que le concours reste une célébration de la musique et de l'unité, Le concours doit demeurer un espace neutre et ne doit pas être instrumentalisé."

L'AUTRICHE face à son devoir de mémoire

Le chancelier autrichien Christian Stocker conteste avec fermeté toute idée d'interdire la participation d'Israël à Vienne en mai prochain.
Il prévient : "Nous n'organiserons pas l'Eurovision 2026 si vous excluez Israël. Je considérerais comme une erreur fatale d'exclure Israël.

Rien qu'en raison de notre histoire, je ne soutiendrai jamais une telle mesure." évoquant ainsi que ce serait une irresponsabilité que d'oublier un devoir de mémoire.
Maintenir la neutralité artistique et politique de l'Eurovision qui doit conserver son rôle d'union des nations en chansons et non de division, tel est le message clair qu'envoie l'Autriche qui défend contre toute attaque, la participation d'Israël à l'Eurovision.

L'Allemagne, la Suisse et l'Italie se joignent à cette ligne de défense et annoncent qu'ils  n'accepteront pas l'élimination d'Israêl de la compétition.

La France quant à elle, à confirmé sa participation sans prendre de position,

L'ESPAGNE contre-attaque

L'Espagne (l'un des 5 plus gros contributeurs financiers du concours) en tête de peloton des pays demandant l'exclusion d'Israël et qui, sous forme de "chantage à demi-voilé" auprès de l'UER, menace de retirer sa participation si Israël est présent.
Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez  a d'ailleurs déclaré publiquement : "Israël devrait être exclu de l'Eurovision.

" La société publique de radiodiffusion et télévision espagnole RTVE avait sollicité, avant l'édition 2025, un débat sur la participation d'Israël à l'Eurovision.

Elle avait même défié les consignes de l'UER en diffusant le 17 mai, avant la retransmission en direct de la grande finale, un message appelant à la paix en Palestine, ce qui est contraire au règlement qui insiste sur le caractère apolitique de l'événement.
Nos confrères journalistes hispaniques ont quand même la mémoire courte en ce qui concerne leurs revendications si l'on se penche sur l'histoire de leurs propres faits de corruption passés à l'Eurovision.

1968: "La,la, la... une victoire volée sous influence."

La victoire espagnole de 1968, supposée avoir été "achetée" par le général Franco dans le but de redorer l'image de l'Espagne et de son ouverture sur l'Europe, a été largement critiquée et dénoncée par la presse britannique.

Vingt ans plus tard, la polémique  refait surface en 2008  dans un documentaire diffusé par  la chaîne de télévision espagnole LA SEXTA, qui révèle qu'il y aurait eu tricherie !
Dans son livre "La Catalogne sans limites : mémoires 1963-1996", l'auteur Josep Espar écrit avoir assisté à une réunion à Paris au cours de laquelle Artur Kaps, directeur de la TVE, aurait ouvertement annoncé qu'on finirait par acheter tous les votes des jurys, et que "La, la, la" allait forcément gagner !

L'impact des 6 votes attribués par le jury allemand pour  "La, la, la" fut tel qu'à l'époque certaines allégations avançaient que de charmantes villas à Marbella s'étaient retrouvées entre les mains de dirigeants de chaînes de télévision allemandes  (sources du quotidien espagnol
LA VANGUARDIA, Barcelone).

Toujours est-il que ce petit arrangement proche de la corruption contribua largement à la victoire "volée" par  l'Espagne  à 1 petit point près du grand favori l'Anglais Cliff Richard, dont la chanson "Congratulations" contrairement à "La, la,la"  connut un véritable succès international.

Pour l'anecdote, il existe parfois dans la vie des coïncidences inattendues et pour le moins surprenantes : J'ai retrouvé dans  mon coffre d'archives professionnelles sur l'Eurovision, un mot daté du 29 avril 1968 qu'écrivait Diana Furlong, alors secrétaire de Clifford Brown,  scrutateur officiel du concours 1968 délégué sur place à Londres par l'UER ,qui mentionnait : "Je remercie la Télévision nationale espagnole TVE et son directeur Monsieur Artur Kaps pour son attention particulière et son invitation de séjour à Marbella  aux membres de  la délégation Eurovision de l'UER..."

11 ans plus tard... en 1979, l'artiste  Anne-Marie David (lauréate de l'Eurovision en 1973), qui tentait une seconde victoire à Jérusalem, déclarait dans la presse  à propos des résultats : « Quant à ''Espagne elle a obtenu sa deuxième place avec des enfants qui chantaient dans toutes les langues et qui brandissaient des petits drapeaux ! C'est parfaitement déloyal mais je suppose que les jurés seront récompensés cet été lorsqu'on les hébergera à l'oeil sur la Costa Brava !

La stratégie de soft power dans les coulisses de l'Eurovision ne serait donc pas qu'une hypothèse ? L'EUROVISION ne doit pas devenir l'arène de pressions politiques ou contestataires et encore moins activer un antisémitisme grandissant qui s'invite non seulement dans notre quotidien mais aussi dans l'univers artistique,

Si Israël  est exclu de la compétition, le plus important concours mondial de la chanson deviendrait alors une arme redoutable de propagande et de contribution aux abus et conflits politiques.

Le constat amer d'une  neutralité "arbitraire"

Si l'UER qui organise l'événement clame haut et fort que le concours est apolitique et qu'il se présente sous couvert de neutralité absolue (son siège social est situé à Genève en Suisse !),
il n'en est rien et cette affirmation n'est qu'arbitraire au vu des polémiques et des tensions qui secouent chaque année un peu plus l'image d'impartialité de l'institution que représente l'organisme international de radiodiffusion et de télévision qui regroupe 68 membres actifs et 31 membres associés  représentant près de 2000 chaines et services de télévision, de  radio et en ligne à travers le monde.

À son corps défendant, le Concours Eurovision de la Chanson victime de son succès, reflète malgré lui une vision précise de la géopolitique de l'Europe et des polémiques qui l'accompagnent.

Les pays participants utilisent le rayonnement médiatique international et l'audience de quelques centaines de millions de téléspectateurs de l'Eurovision pour peaufiner et promouvoir leur image mais aussi transmettre par voie de manipulation artistique savamment orchestrée, leurs propres revendications et envoyer ainsi un message fort  au monde entier.

Derrière certaines chansons parfois désuètes, se cachent  des messages politiques, car on peut tout dire à travers une chanson.

Je dénonçais d'ailleurs sur Alliance, en 2019, la chanson de la Pologne dont le titre traduit en anglais était "Fire of love" (Feu de l'amour) mais la traduction en une autre langue est souvent détournée Jde l'original. La véritable traduction selon nos sources serait plus proche de "Ils brûlent" ou "Brûlures".

Le titre serait bien porteur dans ce cas d'un message dissimulé qui éveille "le masque de la Shoah". Le clip de présentation était d'ailleurs visuellement parfaitement parlant... On ne peut non plus  jamais prévoir les réactions imprévisibles des artistes sur scène lors de leur prestation en direct, L'Islande qui, en 2019 hurlait"La haine vaincra" dans une mise en scène sadomasochiste, en a fait une pitoyable démonstration en brandissant un drapeau palestinien au terme de leur prestation.
Malgré une sanction immédiate de l'UER, le  message est passé et c'est là qu'il faut s'interroger sur le constat amer d'un concours qui se veut apolitique et qui ne l'est absolument pas.

Que se passera-t-il en 2026 ?

L'assemblée générale de l'UER, en réunion actuellement à Genève, doit trouver un accord à une situation  historique qui compromet dangereusement l'organisation  de la 70ᵉ édition du concours.

L'étoile de David veille sur Israël, qui souhaite  continuer à briller sur le monde et sur la scène de l'Eurovision, Les chansons israéliennes : "Ensemble" de 1977, "Vivant" (1983), "Salut au monde" (1988), "Il doit y avoir une autre solution" (2009), "Délivre-moi" (2021), "Ouragan" (2024), "Un nouveau jour se lèvera" (2025) pour n'en citer que quelques-unes, n'étaient qu'un signe du futur, sur lequel résonne un  "Alléluia" de victoire et de paix gravé dans la mémoire collective  et qui aujourd'hui résonne  comme un chant  d'appel et d'éveil à la raison des peuples pour condamner l'exclusion.

Force est de constater que cette année encore la participation d'Israël est remise en question et que la guerre des nations ne tient finalement qu'au refrain d'une chanson qui  est au bout du canon !

Alexandre Blondin, journaliste et auteur.

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