Une famille juive de couleur refoulée à l'aéroport Ben-Gourion en Israël

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(jpost)

Malka, 40 ans et son fils de 10 ans arrivent en Israël le 12 juin dernier, depuis les Etats-Unis, afin de célébrer le mariage de la soeur de Malka.

La famille de Malka a émigré en Israël quand elle était jeune. Cette famille appartient à la communauté des « Hébreux Noirs ».

Cette communauté est un ensemble de groupes Afro-Américains qui considère que les Israélites de l'Ancien Testament étaient noirs. Ils pensent que les noirs actuels sont leurs descendants.

Il est à noter que les communautés juives traditionnelles ne reconnaissent généralement pas ces groupes comme juifs.

Les thématiques de l'esclavage, de la délivrance, de l'exode, expliquent cette identification aux anciens Hébreux, au peuple élu  et renforce la fierté noire.

Nombreux sont les membres de cette communauté qui refusent aux juifs blancs le statut de véritables israélites.

Ces « Hébreux Noirs », ne doivent pas être confondus avec les juifs noirs américains faisant partie des communautés juives traditionnelles, issus de mariages mixtes ou de conversions ni même avec les Falashas d'Éthiopie, dont la judéité a été reconnue par l'État Israélien et qui ont presque tous émigré en Israël dans les années 1980-1990.

Cette communauté des « Hébreux Noirs » veulent exprimer une volonté de créer des religions par et pour les noirs, qui participent à une idéologie liée au nationalisme noir aux États-Unis.

Il est très difficile de recenser tous leurs membres, certains estiment leur population aux alentours de 200 000 âmes.

Ceux de cette communauté qui ont rejoint Israël, vivent dans la région de Dimona et sont aujourd’hui reconnus par l’état d’Israël.

Malka affirme avoir été séparée (dès l’âge de 13 ans) des membres de cette communauté et que :

« Aucun de mes frères et sœurs n'appartiennent à la communauté de Dimona et j’ai vécu toute ma vie d’adulte comme une femme juive ».

Son parcours est difficile à résumer. Malka est née et a passé son enfance en Israël et c’est à l’adolescence qu’elle rentre aux États-Unis. C’est en Amérique qu’elle va se convertir deux fois au Judaïsme.

Une première conversion acceptée par les réformistes en 1995, puis une deuxième, validée par les autorités conservatrices en 2004.

Deux ans plus tard, forte de ces conversions elle décide de faire son Alyah.A peine arrivée en 2006, elle demande la citoyenneté Israélienne.

Malka affirme qu’elle a dû faire face à une telle obstruction administrative qu’au bout de 4 ans elle abandonne son Alyah et repart aux États-Unis en 2010.

Ce voyage du mois de juin était son premier voyage en Israël depuis 2010.

Un voyage qui s’est terminé avant même d’avoir commencé.

Malka témoigne que :

« Dès que nous sommes arrivés au contrôle des frontières, le greffier nous a emmenés à un salon où nous avons attendu pendant heure. Puis, une femme est sortie et nous a demandé d’entrer dans son bureau. Quand je demandé pourquoi, elle m'a demandé: Pourquoi êtes-vous ici ?
Je lui ai répondu que nous sommes venus pour nos vacances d'été, pour rendre visite à ma famille et pour assister au mariage de ma sœur. Mais j’ai compris que le refus d'entrée avait été entériné avant que je parle à qui que ce soit ».

Mais qui ne sonne qu’une cloche, n’entend qu’un son.

Les autorités Israéliennes ont également donné leur version des faits :

Elles affirment dans un courrier que : « Malka est arrivée à l'aéroport sans coordination préalable avec les autorités, qu’elle a changé plusieurs fois sa version des raisons de sa visite en Israël et que pour finir elle est devenue violente et irraisonnée. Ce sont ces raisons qui ont motivé le refus d’entrée en Israël.

Malka a réagi à ce communiqué en expliquant :

« Qu’Israël était au courant des raisons de ma venue depuis le début et qu’une fois que nous avons été détenus, nous n’avons eu aucune autre explication à cette détention que : Eretz Israel n’est pas un pays pour les nègres ! ».

Elle continue en disant que :
« Je n’ai jamais été violente, seulement, fatiguée et humiliée, j’ai fini par lancer une malédiction sur la femme agent de sécurité de l’aéroport ».

Autorisée à passer un appel téléphonique, elle contact un de ses frères qui ont immédiatement fait appel à un juge de garde pour les aider.
Mais le juge a décidé de maintenir l'interdiction d'entrée et elle et son fils ont été placés sur un vol qui retournait en Floride.

Les autorités ne changent pas leur discours :
« Si elle avait demandé la permission de venir en Israël à l'avance, elle aurait pas été rejetée et aurait pu empêcher cela dès le début," dit la porte-parole du PIBA, Sabine Hadad.

Pour Malka : « Mon petit garçon de 10 ans qui voulait rendre visite à ses cousins, à sa famille, a eu ses vacances gâchées de la manière la plus horrible ».

Pour elle : « En tant que citoyen américain, je ne devrais pas avoir besoin de justifier ma venue en Israël et un juif ne devrait pas avoir besoin de « prévenir » pour visiter son pays de naissance ».

David BRISSET.


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