Coup de tonnerre au procès Netanyahou : un ancien haut gradé révèle des irrégularités explosives

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Coup de tonnerre au procès Netanyahou : un ancien haut gradé révèle des irrégularités explosives

Tremblement de terre judiciaire chez Benjamin Netanyahou : l’audience qui fait vaciller les institutions

Un choc judiciaire qui ébranle l’État. Lors de la dernière audience du procès de Benjamin Netanyahou, un ancien haut responsable de la police israélienne a dévoilé des pratiques d’enquête irrégulières, passées sous silence par les autorités judiciaires.
Face à la gravité des révélations, la défense s’organise, l’appareil judiciaire tangue, et la démocratie israélienne vacille. Ce qui se joue désormais dépasse le sort d’un homme : c’est la confiance dans les institutions qui se trouve au bord de l’effondrement.

Par : Claudine Douillet – Alliance

Hier, dans la salle d’audience du tribunal de district de Jérusalem, une audition a provoqué ce que l’on peut légitimement qualifier de séisme institutionnel. L’ancien directeur de l’Inspection générale de la police, Dubi Shertzer, a pris la parole pour dévoiler des pratiques d’enquête dont la légalité et la régularité sont désormais gravement mises en cause dans les dossiers instruits contre le chef du gouvernement.

Révélations brutales

Lors de cette audience, l’ancien haut fonctionnaire a désigné nommément un enquêteur-clé de l’unité anti‑fraude : « l’enquêteur de police est Tzahi Havkin ». Il a précisé que cet enquêteur opérait au sein de l’unité Lahav 433, impliquée dans l’instruction visant Netanyahou.

Selon ses propos, cette équipe avait fait remonter des « irrégularités » en temps réel à la direction de l’époque — la directrice était alors Keren Bar Menahem — mais les alertes ont été ignorées.

Parmi les allégations :

Que l’équipe d’enquêteur aurait outrepassé l’autorisation délivrée par le conseiller juridique de l’État, Avihai Mandelblit, dans le dossier dit « 1000 ». Le cadre de l’autorisation se limitait a‑t‑il à l’usage de l’appartement de James Packer à l’hôtel Royal Beach ? Pourtant, l’enquête a « décidé de son propre chef d’élargir le cadre ».

Concernant l’interrogation de Yossi Cohen, ancien directeur du Mossad, Havkin rapporte : « J’avais demandé pourquoi Ilan Yeshua n’a pas été placé en garde à vue bien qu’il ait raconté de lui‑même son implication. On m’a dit : c’est ce que Mandelblit a ordonné. »

Sur le dossier dit « 4000 », il indique que l’enquête avait déjà constaté que la réunion dite des « instructions » (où Netanyahou aurait donné des consignes à propos de la fusion entre Bezeq Group et Yes Telecom) ne coïncidait pas avec les preuves géographiques et temporelles : « C’est un sujet dont on parlait dans l’unité. »

Il dénonce enfin « des méthodes moralement répréhensibles » : intimidation de témoins par présentation d’une personne non liée à l’enquête pour faire pression (témoignage de Nir Hefetz). « Pour moi : amener quelqu’un qui n’a aucun lien réel avec l’enquête, uniquement pour faire pression sur quelqu’un, c’est quelque chose d’irrégulier. Je ne pense pas que ce soit illégal ou criminel. Irrégulier. »

Sur fond de crise institutionnelle

À ces accusations, s’ajoutent aujourd’hui des révélations récentes issues de médias israéliens : des arrestations de proches collaborateurs du Premier ministre dans une affaire dite « QatarGate » (fonds d’origine qatarie allégués pour influencer des décisions israéliennes).

Selon un article du Washington Post, deux conseillers ont été arrêtés pour « liens financiers avec le Qatar ». Cette enquête intervient alors que l’Shin Bet accuse Netanyahou d’avoir exercé des pressions pour que soient surveillés des manifestants anti‑gouvernementaux et pour que l’agence se soumette non pas à la justice mais à des demandes politiques.
Cette seconde affaire jette une ombre supplémentaire sur la séparation des pouvoirs et l’indépendance de l’appareil d’État.

Dans ce contexte, la justice israélienne et la police paraissent prises dans un étau politique : l’instance d’enquête se voit questionner sur son autonomie, l’exécutif est accusé d’interférer, et l’opinion publique observe un affaiblissement de la confiance. Le député Moshe Saada (Likoud) qualifie l’audience d’hier « du séisme »:
« Ce qui vient de se produire… relève du séisme. » Il ajoute que « le parquet m’en a empêché, a refusé d’accorder l’immunité à la source… Aujourd’hui – la vérité éclate au grand jour. »

Quelle portée pour les dossiers Netanyahou ?

Les dossiers contre Netanyahou sont déjà lourds :

  • Le dossier « 1000 » (cadeaux de luxe – cigares, champagne, bijoux) ;

  • Le dossier « 2000 » (tentative présumée d’accord avec la presse pour un traitement médiatique favorable) media Walla  ;

  • Le dossier « 4000 » (relations entre l’État et Bezeq/Yes Telecom).

    Mais l’audience d’hier marque un tournant : ce ne sont plus seulement les faits allégués, mais la manière dont l’enquête elle‑même a été conduite qui est mise en cause.

La question désormais posée : ces irrégularités alléguées peuvent‑elles conduire à la nullité d’une partie de l’instruction, voire au renvoi de l’audience ?

Le parquet va‑t‑il répondre aux accusations de manière crédible ou sera‑t‑il contraint d’ouvrir une enquête sur les enquêteurs eux‑mêmes ? Sur le plan politique, quel impact ? Le gouvernement Netanyahou, déjà fragilisé par la guerre en Gaza, la réforme de la justice et l’affaire QatarGate, se trouve désormais confronté à une crise de légitimité.

Un instant charnière pour Israël

Il ne s’agit plus seulement d’un procès à hauts enjeux : l’audience d’hier apparaît comme un révélateur de l’état de santé démocratique de l’État d’Israël. Lorsque des allégations de pressions internes, d’outre‑passage de compétences, et d’intimidation de témoins émergent, c’est le fondement même de l’équité judiciaire qui vacille.

Pour Netanyahou, pour l’État, pour la démocratie israélienne, l’enjeu est immense : peut‑on encore considérer que l’instruction et le jugement sont impartiaux ? L’audience d’hier a pris des allures de moment symbolique — un point de bascule.

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