Artiste juif : Aby Warburg, le maître des images

Actualités, Artistes, Culture - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Aby Warburg : le maître des images

Aby Warburg(1866–1929), fils d'une famille de banquier juif de Hambourg termine ses études par un doctorat sur le peintre de la Renaissance italienne Sandro Botticelli. Et en écho il étudie les divers liens entre mythes, image, rites de diverses cultures.

Il devient le précurseur de l'histoire de l'art en renverse l'interprétation  des images et iva devenir le poète de l'iconologie moderne. Roberto Ohrt et Axel Heil ont cherché dans les quelques 400000 photos de la collection du Warburg Institute de Londres les images de son Atlas. Et leur travail est une avancée majeure puisque est publié enfin l'ouvrage vraiment original.

Le "Bilderatlas Mnemosyne" ("Atlas mnémosyne") reste unique qui renouvelle les conditions de lecture et d'interprétation des images. Il a été conçu en étroite relation avec la bibliothèque d'Aby Warburg ouverte en 1926 à Hambourg qui portait l'inscription « Mnémosyne » au-dessus de sa porte d'entrée. Riche de près de 60 000 volumes et de plus de 25 000 photographies, la Kulturwissenschaftliche Bibliothek Warburg (KBW) présentait un classement reposant sur les grands thèmes sur lesquels travaillait son fondateur, principe qu'il a repris pour l'organisation des planches illustratives de son atlas.

L'objectif premier était de mener une histoire comparative de l'art basée uniquement sur l'image. Pour cela il a réutilisé pour certaines planches des illustrations préalablement recensées à l'occasion de conférences ou d'expositions organisées au sein de sa bibliothèque.

Un tel atlas est moins constitué de " pages " au sens habituel du terme que de tables, de planches où sont disposées des images, planches pour faire cohabiter le même et l'autre en établissant des correspondances inattendues entre des reproductions d’œuvres parfois très éloignées dans le temps, le style et la technique.

Warburg les épinglait sur une toile noire puis les photographiaient avant d’être éventuellement modifiées.  Son but principal était de déceler les survivances des formules du pathos (ce qu'il nomma la "Pathosformeln") à travers les représentations des émotions issues de l’art de l’Antiquité et leur résurgence pendant la Renaissance.

Ce projet de cartographie mémorielle et mouvante du savoir visuel - interrompu par sa mort en 1929 mais de toute évidence inachevable dans son essence - reste une œuvre irremplaçable. Dans les dissonances de systèmes Warburg ne cesse de chercher et découvrir, à travers les âges, des rémanences stables.

Jean-Paul Gavard-Perret

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi