Leo Klein a survécu aux camps nazis

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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leo.jpgArticle paru dans La Voix du Nord

Leo a témoigné au lycée Gambetta. Sa force réside dans sa simplicité, sa tendresse, sa précision. Leo a témoigné au lycée Gambetta. Sa force réside dans sa simplicité, sa tendresse, sa précision.

« J'ai un gentil accent, je n'ai pas été à l'école comme vous. À 14 ans, en 39, j'ai fait mon entrée dans les camps. Je suis le seul rescapé de ma famille en Pologne. Trente-quatre personnes exterminées. » Ainsi commença à parler Leo Klein, dont la jeunesse, de septembre 1939 au printemps 1945, a été volée, brisée par la barbarie nazie.
 
Ce n'est qu'en 2008, à 80 ans passés, que Leo Klein, né juif polonais et vivant à Paris après une station salvatrice à Bruay-en-Artois, a consenti à coucher dans un livre déjà épuisé, son témoignage sur la déportation et les abominations qu'il a vécues dans les camps allemands pendant toute la Deuxième Guerre mondiale. Tant ses petits-enfants le poussaient à « livrer la vérité de ses ancêtres », et sa part de la Shoah. Haut débit de paroles, maîtrise du français quoiqu'il en dise, candeur et mémoire intacte de sa vérité crue, Leo Klein a immédiatement accroché son très jeune auditoire.

Pas d'effet de manches pour décrire la barbarie des SS dans les camps. Premier temps de la valse à Dachau, où les massacres de déportés s'organisent au bon plaisir des nazis. « Pour impressionner ». Où la dispersion des fusillés et gazés est confiée aux survivants. Où on crève de faim, de tuberculose. Où on vous mitonne « une soupe de betteraves à sucre pour réveiller la dysenterie. » Redéportation à Blastzow, avant Mathausen où il arrive en 1944 avec la peau sur les os. Vingt-huit kilos, mais habitué à résister au froid, ce qui lui sauve la vie. Dans son village près de Cracovie, (Carpathes), l'air est frais. Mathausen ? « Un camp terrible, des assassinats sans relâche. Je m'invente un métier d'ouvrier métallurgiste.  » Un mensonge qui signe à la fois sa sauvegarde (« il valait mieux travailler »), et une souffrance atroce infligée par le chef de camp, un « fou furieux » qui le torture pour sabotage de matériel à l'atelier d'armement. Son corps en garde la trace : une jambe perdue, un défoncement du crâne. Leo Klein décrit aussi la mort de ses parents, les quatre jours de convois de déportés, tassés dans des wagons. Sans eau, mais avec la pestilence des cadavres tombés d'épuisement.

C'est miracle qu'il soit resté en vie. À l'arrivée des soldats US, on le pose sur des chambres à air, tant les furoncles rongent son corps. Un peu plus tard à l'hôpital de Bratislava, en Tchécoslovaquie, on lui saigne le flanc à cru, on pose un drain et on ne lui diagnostique qu'une pleurésie.

Une fois retapé, personne ne l'aide plus. « Seul, sans argent, je pars à Bruay où il me reste une soeur, partie de Pologne avant la guerre. Les gens, dans les corons, m'ont accueilli à bras ouverts, ils m'ont trouvé un boulot. Après, je suis devenu un homme libre. Je ne passe pas un jour sans penser à tout cela. »

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