La Belgique découvre stupéfaite un complot néonazi au sein de son armée

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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La mise au jour, à un mois des élections municipales, d'un complot fomenté au sein de l'armée belge par un groupe de néonazis flamands a stupéfait de nombreux Belges et provoqué l'ire de l'extrême droite flamande, qui crie à la manipulation préélectorale.

Jeudi, plus de 150 policiers ont perquisitionné cinq casernes --une à Bruxelles et quatre en Flandre (nord)-- et 18 habitations privées du nord du pays et procédé à l'interpellation de 17 membres d'un groupuscule néonazi qui préparait des "actions terroristes" pour déstabiliser les institutions du royaume. Lors des perquisitions, la police a saisi une bombe artisanale "assez forte pour faire exploser une voiture", des armes à feu, des détonateurs, une "grande quantité" de munitions, de la propagande néonazie et des explosifs.

 

Deux autres civils ont été arrêtés vendredi et un nouvel arsenal d'une centaine d'armes prohibées a été découvert. En tout, trois militaires et trois civils ont été placés en détention provisoire après avoir été entendus par un juge d'instruction anti-terroriste, qui les a inculpés d'infractions à la loi sur le terrorisme, pour trafic d'armes et pour racisme, xénophobie et négationnisme. Sept autres suspects ont été remis en liberté conditionnelle et six autres devaient encore être auditionnés vendredi soir. Même si rien ne démontre qu'un "attentat spécifique" était en préparation, les enquêteurs sont persuadés que le groupuscule "avait l'intention de mettre ses idées terroristes en pratique". "L'Etat belge est notre grand ennemi, les étrangers qui vivent en Belgique aussi", a expliqué vendredi à la télévision RTL-TV un des suspects mis en liberté conditionnelle. "Je pense que c'était pour faire tomber le gouvernement, faire un coup d'Etat et faire en sorte que l'extrême droite soit au premier plan", a ajouté le militant, le visage dissimulé.

 

"C'est une mauvaise affaire pour notre pays et pour l'armée, car cela met en doute la renommée" de la Belgique, a déclaré vendredi le Premier ministre, Guy Verhofstadt. Le groupe démantelé, baptisé BBET (Sang, Terre, Honneur et Fidélité), avait été fondé par un militaire en fonction au Régiment Libération de Bourg-Léopold, une ville de garnison située non loin de la frontière néerlandaise. Cet homme de 25 ans, identifié sous les initiales T.B., recrutait dans des casernes et dans des cafés fréquentés par des militaires.

 

Son groupuscule, dissidence du groupe britannique "Blood and Honnour", fait partie de la mouvance d'extrême droite la plus radicale en Flandre, admiratrice de la période hitlérienne et prête à en découdre militairement lors d'une "guerre des civilisations" qu'elle juge inévitable, selon des experts. Alors que les sondages prédisent que le parti d'extrême droite Vlaams Belang (L'Intérêt flamand) pourrait séduire plus du quart des électeurs flamands lors des prochains scrutins, ce parti présent au parlement a immédiatement crié à l'"amalgame" et à la "manipulation". "Tout cela est orchestré par la ministre de la Justice (la socialiste Laurette Onkelinx, NDLR) et par certains médias qui craignent une nouvelle victoire de notre parti", a déclaré à l'AFP Tom Van Ter Oost, un des porte-parole du Vlaams Belang.

 

Selon les autorités judiciaires, les membres du BBET n'ont pas de liens avec le VB. Le ministre des Finances, le libéral francophone Didier Reynders, a toutefois estimé vendredi qu'il y avait en Flandre un "terreau, autour de Vlaams Belang", favorable à la propagation des idées extrémistes. Pour Manuel Abramowicz, auteur de plusieurs ouvrages sur l'extrême droite en Belgique, les "ultras" de la droite radicale ont longtemps eu pour objectif "d'infiltrer les rouages de l'Etat". Mais l'armée belge s'est aujourd'hui globalement "démocratisée", en réorientant ses missions, notamment vers l'humanitaire, souligne l'expert.

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