L'itinéraire d'une famille juive

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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Article paru dans "Sud Ouest"

Philippe Glanzberg est né en 1920 à Sarrebruck, en Sarre à l'époque sous contrôle français, dans une famille de confession israélite d'origine polonaise. Quand la Sarre en 1935 est rattachée à l'Allemagne nazie (et donc soumise aux lois de Nuremberg), la famille Glanzberg (parents et leurs quatre enfants) s'installe à Metz. En 1939, ils sont évacués, comme de nombreux habitants des régions frontalières, et se retrouvent à Aytré près de La Rochelle où ils résident jusqu'à ce, qu'en 1942, ils soient obligés de quitter la zone côtière qui leur est interdite. Ils se retrouvent alors près de Saintes, à Chaniers. Ils sont victimes des mesures discriminatoires du régime de Vichy : port de l'étoile obligatoire, interdiction de fréquenter cinémas et parcs publics.

Philippe et ses deux frères cadets travaillent dans une usine d'entretien de matériel ferroviaire et y font du sabotage. Ils sont arrêtés en 1943, emprisonnés à la prison de Saintes, interrogés, torturés. De là, ils sont emmenés à Poitiers dans un camp de transit puis à Drancy d'où ils partent, le 20 novembre 1943, dans le convoi n° 62 à destination d'Auschwitz. Sur les quelque 1 200 personnes de ce convoi, seules 29 rentreront vivantes.

C'est le cas de Philippe Glanzberg et de ses deux frères qui se retrouvent, en janvier 1945 (ils n'ont pas travaillé dans les mêmes Komandos pendant leur détention à Auschwitz) et affrontent ensemble l'effroyable « marche de la mort » qui marque l'évacuation du camp.

Après la fin de la guerre, très affaibli, Philippe Glanzberg restera un an en sanatorium avant de pouvoir reprendre le cours d'une vie lourdement endeuillée. À leur retour, les trois frères ont appris que leurs parents et leur soeur cadette ont été déportés à Auschwitz en 1944 et y sont morts. Le sort de leurs cousins, oncles et tantes de Pologne, est identique.

Il lui faudra longtemps - au moins dix ans - pour parler de ce qu'il a vécu dans les camps. En 1945, personne n'est prêt à entendre ce type de récit. Philippe Glanzberg s'est fixé à La Rochelle après la guerre, s'y est marié. Ses enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants, vivent aujourd'hui en Amérique. L'un de ses frères est récemment décédé, l'autre vit en Floride entouré de sa famille.

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