Cinq Klimt volés par les nazis entament une nouvelle vie aux U.S.A

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Volés par les nazis, au centre d'une longue bataille judiciaire avant d'être rendus à leur héritière nonagénaire, cinq tableaux de Gustav Klimt d'une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars ont entamé cette semaine une nouvelle vie aux Etats-Unis.

Ces oeuvres du maître autrichien (1862-1918), figure-clé de l'Art nouveau et du symbolisme viennois, ont été exposées pour la première fois ensemble mardi au musée d'art du comté de Los Angeles (Lacma). Parmi elles, le célèbre "Portrait d'Adele Bloch-Bauer", dit "Adèle dorée".

Maria Altmann n'avait qu'un an lorsque Klimt, un ami de sa famille d'industriels autrichiens juifs, avait exécuté ce portait de sa tante, mais elle a passé huit années de sa vie à tenter de les récupérer.

"Je ne pourrais pas être plus heureuse", déclare Mme Altmann, toujours alerte à 90 ans, en admirant les peintures qui avaient été volées par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale et qui étaient exposées depuis 60 ans dans un musée de Vienne.

"J'ai vécu à Vienne, maintenant je vis à Los Angeles, et les tableaux m'ont suivi ici (...) Maintenant, ils sont là, et les mots me manquent pour dire à quel point c'est bon", affirme-t-elle.

L'"Adèle dorée", l'un des deux portraits de Bloch-Bauer parmi les cinq toiles rendues par Vienne, "est une icône de l'art du début du XXe siècle", affirme Christopher Knight, critique d'art au Los Angeles Times.

Réalisée à la demande du mari de Mme Bloch-Bauer, Ferdinand, la peinture, qui montre une femme élégante vêtue d'une robe dorée ornée de motifs géométriques, vaudrait à elle seule quelque 100 millions de dollars.

Adele Bloch-Bauer est décédée en 1925. Ferdinand a fui l'Autriche après l'annexion du pays par les nazis en 1938 et a passé une grande partie de la guerre en Suisse, laissant les toiles à Vienne où elles ont été pillées par les nazis. Avant de mourir, M. Bloch-Bauer a légué ses biens à ses trois neveux, dont Mme Altmann est la dernière survivante.

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Cette dernière a voulu faire valoir ses droits sur les tableaux, mais Vienne affirmait qu'ils appartenaient à son musée du Belvedere, car Adele Bloch-Bauer avait demandé dans son testament en 1923 que les toiles reviennent à cet établissement après sa mort.

Toutefois, en 1998, une enquête avait montré que ce testament n'était pas légal et que la propriété des toiles revenait à Ferdinand, donc à Mme Altmann. L'héritière a alors lancé une bataille judiciaire acharnée, qui a débouché en 2004 sur une décision de la Cour suprême des Etats-Unis l'autorisant à poursuivre l'Autriche devant une juridiction américaine.

Un arbitrage en faveur de Maria Altmann est finalement intervenu en janvier dernier. L'Autriche avait encore la possibilité de racheter les toiles avant qu'elles ne quittent le pays, mais les autorités ont dû baisser les bras face à la cote de ces oeuvres, estimées à 300 millions de dollars au total.

La conservatrice en chef du Lacma, Stephanie Barron, avait proposé à Mme Altmann de superviser l'emballage, le transport et l'assurance des toiles de Vienne à Los Angeles, en échange de leur exposition. Un accord a été trouvé, et les cinq Klimt pourront être vus du grand public jusqu'au 30 juin.

Et après? Mme Altmann pourra en faire ce qu'elle voudra. "Aucune décision n'a été prise quant à ce qui arrivera aux toiles", assure l'avocat de la vieille dame, Randol Schoenberg, qui a mené le combat judiciaire à ses côtés.

Certaines des toiles pourraient même retourner en Autriche, car il existe plusieurs initiatives privées, de mécènes ou d'universitaires, pour les racheter.

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