Ani Shulman : le début de la révolution des travailleurs indépendants en Israël

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le début de la révolution des travailleurs indépendants en Israël

« Ani Shulman » : « C’est le début de la révolution des travailleurs indépendants »

Après avoir attiré plus de 220 000 adhérents en quelques semaines, le fondateur de la page Facebook nous parle des prochaines démarches et appelle les détenteurs de petites entreprises à le rejoindre : « Nous allons fonder une maison pour les travailleurs indépendants qui rivalisera avec le Syndicat Histadrout, mais sur une base volontaire. »

« Nous voulons fonder une organisation pour les travailleurs indépendants en Israël », déclare Abir Kara, l'auteur du groupe Facebook « Ani Schuman ».

Cette idée n'est pas nouvelle. «C'est un processus que j'ai lancé avec un ami du nom de Ytsik Benin, qui tient un restaurant à Jérusalem. Pour ma part, je suis entraîneur de chevaux. Nous sommes partis du principe qu'il fallait changer les choses. Il faut sortir protester, et il nous faut rassembler l'ensemble des travailleurs indépendants pour émettre un message fort.»

Un peu plus d'un mois après son lancement, le groupe «Ani Shulman» compte déjà plus de 220 000 membres, qui se sont rassemblés sous la houlette de «la maison et l'organisme principal des travailleurs indépendants d'Israël». L'objectif de ce groupe, d'après la publication sur Facebook, consiste à placer sur le devant de la scène les sujets brûlants, et de provoquer un changement dans la position du gouvernement vis-à-vis des petites et moyennes entreprises.

«Les travailleurs indépendants, en Israël, sont confrontés à de multiples entraves, de sorte qu'ils ne peuvent pas progresser. Et on leur impose toujours plus de contraintes, du moment que c'est tout simplement possible», précise Kara. «Nous réglons à l'Assurance Nationale un montant de 19% supérieur à celui de nos employés. Nous payons aussi la part de l'employé pour un taux de 52%, quand ce dernier n'en paye que 48%. Et si, par malheur, il arrive un problème au travail, l'employé aura droit dès le premier jour à une entrée d'argent de la part de la boîte, tandis que la boîte n'obtiendra aucun sou de personne.»

«La régulation ne nous permet pas de progresser»

Cela fait des années qu'on nous informe que les entreprises qui ferment sont de plus en plus nombreuses, que la bureaucratie est un fardeau pour les travailleurs indépendants, et que l'internet influe sur la consommation de sorte que les affaires qui fonctionnent en dehors du réseau en subissent de graves conséquences. La question se pose alors : est-ce que ça vaut la peine d'ouvrir une entreprise indépendante en Israël? «Le défi est très difficile à relever», admet Kara. «Nous manquons personnellement de connaissances, mais la régulation est très dure en Israël, de sorte que nous sommes dans l'impossibilité d'évoluer. La bureaucratie pèse sur les autorités locales. Nous avons contacté le président de l'Administration locale, Haïm Bibas. Nous exigeons que l'Administration locale, lorsque Shulman s'adresse à elle afin d'obtenir une licence pour une entreprise, pour des choses simples, nous accorde ses services.»

Après être parvenus à sensibiliser l'opinion et à rassembler des dizaines de milliers de travailleurs indépendants sous la houlette de leur groupe sur Facebook, ils cherchent à comprendre et établir les prochaines étapes. «La démarche opérationnelle principale que nous mettons au point consiste dans la fondation d'une maison pour les travailleurs indépendants en Israël, dont l'ampleur égalera celle de la Histadrout», explique Kara. «Le terme "syndicat" déplaît aux travailleurs indépendants, car il évoque une organisation statutaire, alors que nous aspirons à être une organisation volontaire, où chacun pourra jouer un rôle. Les travailleurs indépendants doivent se rassembler sous un seul toit.»

«La situation actuelle présente un véritable défi. Les travailleurs indépendants sont obligés d'être superman, batman, Shulman, de savoir s'occuper de leur entreprise, de la bureaucratie. Ils doivent engager un avocat, uniquement pour servir leurs clients.»

Quel est l'élément le plus important que vous devez obtenir pour les freelances, les travailleurs indépendants et les propriétaires de petites et moyennes entreprises en Israël?

Benin : «Une organisation mère qui rassemblera et unira toutes les familles "Shulman" du pays, qui s'investira tout d'abord en vue de modifier le regard et le ton des autorités à leur égard, tout en entretenant une coopération fructueuse entre l'ensemble des autorités et des intervenants. En parallèle, l'organisation aidera, dirigera, secondera les "Shulman" pour tout problème qui les tracasse.»

Vous avez choisi de démarrer votre combat dans une période où le système politique se préoccupe surtout de lui-même, et où le gouvernement de transition est relativement statique

«Dès que nous franchi la barre des 50 000 inscrits dans le groupe, des organismes ont commencé à nous contacter : des partis politiques, des médias, des autorités locales et autres… Cela veut dire que notre force est dans notre union. Plus nous grandirons, plus ils rechercheront notre compagnie. Nous n'avons absolument aucune intention de créer une situation d'anarchie. Nous aspirons uniquement à nous asseoir autour d'une table ronde afin de résoudre les problèmes tels qu'ils sont. D'après le rythme des nouvelles adhésions à la contestation, on comprend bien qu'il y a des problèmes. Même en l'absence de gouvernement, nous continuons à travailler, à payer, à entretenir etc. Nous avons beaucoup de travail concernant les pourparlers avec les autorités locales, la régulation etc. Dès qu'il y aura un gouvernement, nous nous présenterons prêts avec des chemins d'action, des demandes, des propositions de changements de règlementation et de lois qui nous lient les mains.»

Et quel est votre ennemi, dans le pays?

«Il n'y a pas d'ennemi, je n'aime pas ce mot. Mon pays m'importe plus que tout, tous sont prêts à donner leur vie pour le pays. Mais tous veulent aussi vivre dans la dignité.»

Si je voulais ouvrir une petite société, dans les conditions actuelles, vous me le conseilleriez?

«Je peux vous dire que personne n'est suffisamment doué pour mener à bien un tel processus», ajoute Kara. «C'est faisable uniquement en collaborant, car une fois encore notre force se situe dans notre union. Si nous parvenons à être suffisamment unis, et à présenter un message suffisamment homogène, nous serons capable de provoquer un grand changement.»

Sarah Ben de Trouver en Israël

 

 

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