A Yarden Bibas : Quand tu as tout perdu et que toi seul restes

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
A Yarden Bibas : Quand tu as tout perdu et que toi seul restes

Quand tout est perdu, mais que tu restes : Une lettre de l’âme juive à celui qui demeure

“Car l’homme est comme un arbre des champs” (Devarim 20:19).
“Même s’il se cache dans l’obscurité, l’Éternel est ma lumière” (Michée 7:8).
“Celui qui sème dans les larmes moissonnera dans la joie” (Téhilim 126:5).

À toi, père brisé mais vivant, homme qui marche dans l’ombre des cendres, cœur battant dans le silence du néant.

Tu es celui qui est resté. Celui qui devait partir et qui pourtant demeure.
Tu as vu le monde s’écrouler sous tes pieds, les murs de ta maison tomber en poussière, le rire de tes enfants s’éteindre comme une bougie qu’un vent cruel a soufflée.
La femme de ta vie est retournée au firmament, les bras vides, te laissant seul dans ce désert de larmes.

Que peut-on dire à celui qui a tout perdu ? À celui dont la vie a été brisée comme les Tables de la Loi dans les mains de Moïse face au Veau d’or ?

La Torah ne t’abandonne pas. Elle a déjà parlé de toi, elle t’attendait entre ses lettres de feu. Elle connaît la douleur de l’homme écrasé, de celui qui ne comprend pas pourquoi il respire encore quand ceux qu’il aimait sont partis.

L’épreuve d’Avraham : Sacrifier l’irrémédiable

Avraham a dû attacher son fils sur l’autel. Il a levé le couteau, sachant qu’il allait perdre son unique enfant, celui pour lequel il avait tant prié.
Dieu l’a arrêté au dernier moment, mais Avraham, lui, est descendu du Mont Moriah avec un vide immense. Selon le Midrash, c’est à cet instant que Sarah, la mère, est morte de chagrin.

Ce que tu ressens, Avraham l’a ressenti. Mais il a continué. Il a marché.

Job : L’homme qui a tout perdu

Le Talmud (Baba Batra 15a) raconte l’histoire de Job, l’homme que Dieu lui-même appelait “intègre et droit”, et pourtant, il a tout perdu : ses fils, sa fortune, sa santé.
Il n’avait plus rien, pas même la force de crier. Mais dans son silence, il a entendu une vérité :

“L’Éternel a donné, l’Éternel a repris, que Son Nom soit béni” (Job 1:21).

Les Sages disent qu’un homme ne peut jamais comprendre la justice divine.
Moshe Rabbénou lui-même, l’homme qui parlait face à face avec Dieu, n’a pas compris pourquoi les justes souffraient. Mais dans son dernier souffle, il savait qu’au-delà de la souffrance, il existe une lumière qui dépasse le monde.

Les Lamentations de Jérémie : Quand Dieu pleure avec toi

Le prophète Jérémie a vu la destruction du Temple, l’exil, les enfants massacrés, les mères arrachées à leurs bébés. Il a écrit ces mots, qui ne sont pas des mots d’homme, mais des mots d’un Dieu en larmes :

“Mes yeux se consument en larmes, mes entrailles sont en feu, mon foie s’épanche sur la terre, à cause de la ruine de la fille de mon peuple.” (Eikha 2:11)

Lorsque tu pleures, sache que l’Éternel pleure avec toi. Dieu n’est pas seulement dans le ciel. Il est dans tes larmes.

Rabbi Akiva : Danser au milieu des ruines

Rabbi Akiva a tout perdu. Sa femme, ses vingt-quatre mille élèves, son peuple, son pays. Et pourtant, il a ri en voyant le Temple détruit (Makot 24b).

Ses élèves lui ont demandé : “Comment peux-tu rire ?”

Il a répondu : “Parce que si la prophétie de la destruction s’est réalisée, alors celle de la reconstruction se réalisera aussi.”

Pour toi, père qui reste : Une mission divine

La Kabbale dit que chaque âme descend dans ce monde avec un rôle précis. Si tes enfants sont partis et que toi, tu es resté, c’est qu’il y a encore une mission sur ta route.

Le Ari Zal enseigne que les âmes des enfants partis trop tôt n’avaient plus rien à réparer sur cette terre. Elles étaient pures.

Mais toi, tu es encore ici. Parce que l’Éternel attend quelque chose de toi.Ne cherche pas à comprendre pourquoi.
Mais cherche à
marcher. Même si c’est dans l’obscurité.

“Si je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi.” (Téhilim 23:4)

Le Kaddish : Des mots plus forts que la mort

Quand un père récite le Kaddish, ce n’est pas un cri de révolte, ce n’est pas une plainte.
C’est un chant de foi dans l’obscurité.

“Yitgadal ve-yitkadash Shemé Raba…”

Qu’est-ce que cela signifie ? “Que Son Nom soit grandi et sanctifié.”

Tu es là, debout, avec un vide dans ton cœur, et pourtant, tu proclames : “Dieu est grand.”

Pourquoi ? Parce que ce n’est pas la mort qui aura le dernier mot. C’est toi.

Chaque pas que tu feras, même en trébuchant, sera une victoire sur l’injustice du monde.
Chaque acte de bonté, chaque sourire arraché aux larmes, sera une rébellion contre le néant.
Chaque prière, chaque souvenir partagé, sera une lumière pour ceux qui sont partis.
Ils ne sont pas partis pour toujours.

L’âme juive ne disparaît jamais. Elle attend.
Un jour, tu les retrouveras.
Et ce jour-là, tu comprendras que chaque pas que tu as fait ici, chaque larme que tu as versée,
était un fil d’or tissé dans l’éternité.

Tu es celui qui reste. Mais tu n’es pas seul.
Dieu est avec toi dans tes pleurs.
Tes enfants sont avec toi dans ton souffle.
Et ton chemin, aussi brisé soit-il, mène encore à la lumière.

Sois fort. Pour eux. Pour toi. Pour Celui qui t’a confié cette mission sacrée.

Un jour, au bout de la nuit, tu comprendras que même dans la plus grande perte, l’âme juive n’est jamais vaincue.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi