Boycott d'Israël : le BDS réunit l'Europe à Barcelone du 18 au 20 novembre

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Du 18 au 20 novembre 2026, le BDS tient à Barcelone son congrès européen pour durcir le boycott d'Israël et bloquer les exportations d'armes

Boycott d'Israël : le BDS réunit l'Europe à Barcelone du 18 au 20 novembre

Par Claudine Douillet

Le mouvement BDS tiendra à Barcelone, du 18 au 20 novembre 2026, son congrès régional européen pour durcir le boycott d'Israël et obtenir des restrictions sur les exportations d'armes vers l'État juif. Dix pays européens, dont la France, participent à l'organisation, et la rapporteuse spéciale de l'ONU Francesca Albanese figure parmi les têtes d'affiche.

Une annonce relayée depuis Gaza

Le 2 octobre 2026, le quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi annonçait depuis Gaza que le Comité national palestinien pour le boycott d'Israël (BNC), associé à la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d'Israël (PACBI), tiendrait en novembre un congrès régional sur le continent européen. Citant la page Facebook du comité, le journal présentait la rencontre comme une étape d'« escalade » du boycott, destinée à coordonner l'action contre ce que les organisateurs appellent la « guerre de génocide » et la « complicité internationale ».

Le quotidien ne précisait ni la ville ni la date. Alliance les a retrouvées dans le dossier de presse officiel diffusé par les organisateurs : le congrès se tiendra au Casino de l'Aliança del Poblenou, au 42 Rambla del Poblenou, dans le quartier de Sant Martí à Barcelone. La soirée publique d'ouverture aura lieu le mercredi 18 novembre à 18h30, avec des billets dits « solidaires » à partir de 25 euros, dans une salle de 800 places.

Les exportations d'armes en ligne de mire

Le cœur du programme est clair. Selon Al-Quds Al-Arabi, les participants doivent élaborer des stratégies de boycott et de désinvestissement, réclamer des comptes à Israël pour de prétendus crimes de guerre et obtenir des restrictions légales et commerciales sur les exportations d'armes à destination d'Israël.

Le programme officiel confirme cette priorité. Un atelier sera consacré à la militarisation et aux technologies, dont l'intelligence artificielle, présentées comme des armes. Un autre vise les chaînes d'approvisionnement maritimes sous le mot d'ordre #BlockTheBoat, déjà utilisé pour tenter d'empêcher des navires chargés de matériel militaire de rejoindre Israël. Le cofondateur du mouvement, Omar Barghouti, réclame des sanctions contre les gouvernements qui « financent, arment et protègent » Israël, le retrait des fonds des banques visées, le boycott de marques et la rupture des liens universitaires, culturels et sportifs.

Dix pays européens dans l'organisation, la France en fait partie

Quinze groupes européens coorganisent l'événement, répartis entre l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Irlande, la France, l'Allemagne, la Suède, la Norvège, la Finlande, le Portugal et la Roumanie.

L'Espagne arrive en tête avec cinq structures, dont BDS Madrid et la Communauté palestinienne de Catalogne. Pour la France, c'est BDS France qui est engagé, aux côtés de BDS Berlin, de BDS Sverige en Suède, de l'Irish PSC en Irlande, de BDS Belfast en Irlande du Nord et de la Palestine Solidarity Campaign au Royaume-Uni. La Norvège, la Finlande, le Portugal et la Roumanie, avec un groupe basé à Cluj-Napoca, complètent le dispositif.

Albanese, Barghouti et une star du rock en tête d'affiche

Sept intervenants principaux ont été annoncés le 30 septembre : le chirurgien britannico-palestinien Ghassan Abu Sitta, la juriste Noura Erakat, Omar Barghouti, Francesca Albanese, Robert Del Naja, chanteur de Massive Attack, l'ancienne députée malaisienne Nurul Izzah Anwar et l'actrice espagnole Hiba Abouk.

La présence de Francesca Albanese pose question. Rapporteuse spéciale de l'ONU sur les territoires palestiniens depuis 2022, elle est censée exercer un mandat d'experte indépendante. Elle viendra pourtant célébrer un mouvement dont l'objet est l'isolement économique, universitaire et culturel d'un État membre des Nations unies.

Trois jours de campagnes ciblées

Le jeudi 19 novembre, les ateliers porteront sur la responsabilité des États et des entreprises, le boycott culturel et sportif, la rupture des liens universitaires et le droit international. Le vendredi 20 novembre sera consacré au rôle de l'ONU, à la mobilisation des syndicats et aux achats publics, avant une clôture à 20 heures suivie d'une soirée culturelle. Il ne s'agit pas d'un colloque d'idées mais d'une réunion de préparation de campagnes concrètes contre des entreprises, des universités, des clubs et des collectivités publiques européennes.

Une presse triée sur le volet

Les journalistes ne seront admis que le 18 novembre. Les demandes d'accréditation sont examinées au regard de principes éthiques fixés par le Syndicat des journalistes palestiniens et par le BNC lui-même, sans garantie d'acceptation. Un mouvement qui dénonce la censure choisit donc les médias autorisés à le couvrir.

Barcelone, un choix assumé

Les organisateurs expliquent que tenir le congrès à Barcelone doit adresser un message : l'Europe doit subir davantage de pression. L'Espagne figure parmi les pays européens les plus hostiles à Jérusalem depuis la guerre déclenchée par le massacre du 7 octobre 2023.

Le BDS, vingt ans de campagnes contre Israël

Lancé en 2005, le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions se présente comme non violent. Le BNC, formé début 2008, revendique sa direction mondiale et compte parmi ses missions la lutte contre toute normalisation arabe avec Israël. PACBI, lancé à Ramallah en avril 2004, cible les institutions académiques et culturelles israéliennes.

Ses détracteurs rappellent que le BDS ne vise pas une politique mais un pays entier, ses chercheurs, ses artistes et ses sportifs, et que plusieurs de ses dirigeants contestent l'existence même d'un État juif. En 2019, le Bundestag allemand a qualifié par une résolution les méthodes du mouvement d'antisémites.

Une offensive coordonnée à l'échelle européenne

Les organisateurs revendiquent des partenaires dans plus de 130 pays et annoncent d'autres intervenants. Pour les communautés juives d'Europe, confrontées à une flambée d'actes antisémites depuis trois ans, Barcelone marque une nouvelle étape : celle d'un boycott coordonné de Madrid à Stockholm, en passant par Paris et Berlin, avec désormais l'armement d'Israël comme cible prioritaire.

Sources :
Al-Quds Al-Arabi, 2 octobre 2026
Dossier de presse officiel BDS@20 Europe
Billetterie Entrapolis

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