La menace des drones déjà en Israël : six minutes pour atteindre Tel Aviv

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« Si un drone franchit la frontière, il atteint Tel Aviv en six minutes » : la menace qui plane sur les localités de la ligne de couture.

Dans le Conseil régional de Sharon-Sud, l'inquiétude n'a plus rien de théorique. Des dizaines de drones piégés ont été localisés ces derniers mois en Judée-Samarie et saisis par Tsahal, preuve qu'Iran tente d'y importer la tactique déjà utilisée contre les forces israéliennes au Liban.

Six minutes : c'est le temps qu'il faudrait à un drone pour atteindre Tel Aviv s'il franchissait la ligne de démarcation. Face à ce danger, les trente et une localités du conseil réclament radars, systèmes d'interception et cinquante millions de shekels, une somme aujourd'hui bloquée devant la Cour suprême. « Nous sommes le ventre mou de l'État », résume la présidente du conseil Osnat Gani-Gonen, qui exige de l'armée qu'elle protège enfin cette frontière exposée.

Des dizaines de drones ont été récemment repérés en Judée-Samarie et saisis par Tsahal, alors que l'Iran cherche à transposer sur ce front la méthode déjà éprouvée au Liban. Les localités frontalières réclament radars et moyens d'interception : « Nous sommes le ventre mou de l'État, cette menace est immédiate. »

Un vrombissement qui réveille les peurs

Le calme du kibboutz Eyal, dans le Conseil régional de Sharon-Sud, a volé en éclats un matin de cette semaine. Un avion ravitailleur américain survolait la zone. Les habitants, pourtant familiers du bruit des appareils en approche de l'aéroport Ben Gourion, ont cette fois sursauté. Ils redoutaient un tout autre danger, celui qui obsède désormais la région : les drones piégés.

Youval, résident du kibboutz, ne cache pas son inquiétude. L'armée a confirmé avoir découvert des drones en Judée-Samarie, et l'exemple libanais nourrit toutes les craintes. Quand on observe ce qui s'y déroule, la vigilance devient réflexe.

Une méthode importée du front libanais

Cette angoisse ne sort pas de nulle part. La semaine dernière, Ynet révélait que l'armée identifiait des efforts iraniens pour embraser le terrain, notamment en tentant de reproduire en Judée-Samarie l'usage des drones explosifs qui ont causé de lourds dégâts aux forces israéliennes au Liban.

Des sources sécuritaires précisent qu'aucun drone piégé actif n'a, à ce stade, été confirmé dans le secteur. Mais par mesure de précaution, Tsahal confisque systématiquement tout appareil repéré. Selon des responsables sécuritaires des localités concernées, des dizaines de drones explosifs ont été localisés ces derniers temps en Judée-Samarie et saisis par l'armée.

« Ce n'est plus une menace future »

La présidente du conseil, Osnat Gani-Gonen, à la tête d'un territoire regroupant trente et une localités, ne mâche pas ses mots. Pour elle, il ne s'agit plus d'un scénario hypothétique mais d'un danger bien réel, actif ici et maintenant.

Elle explique qu'aucune longue évolution technique ne sera nécessaire avant que la menace ne se concrétise. Une partie des drones est fabriquée sur place, une autre provient directement d'Iran. Elle souligne aussi que le danger dépasse largement les localités frontalières : si un drone franchit la ligne de démarcation, six minutes suffisent pour qu'il atteigne Tel Aviv.

Un dialogue permanent avec l'état-major

Gani-Gonen affirme être en contact constant avec le général Avi Bluth, chef du commandement central, avec qui la question des drones piégés a été directement abordée. Elle résume la situation en une formule frappante : son conseil représente le ventre mou de l'État, et elle exige que l'armée protège ses administrés en leur fournissant tous les outils nécessaires à leur propre défense. Elle réclame des moyens de détection et de surveillance, à commencer par l'installation de radars sur place, ainsi que des équipements électroniques de neutralisation des drones. Faute de solutions civiles existantes, c'est à l'armée, insiste-t-elle, de les fournir.

Le sujet a également été évoqué lors d'échanges récents entre le général de brigade Kobi Heller, commandant de la division Judée-Samarie, et les responsables du conseil.

Une bataille juridique en toile de fond

La présidente du conseil va plus loin. Les habitants, dit-elle, ne retrouveront pas de sérénité tant que l'ensemble des moyens de protection ne sera pas déployé. Elle révèle qu'une requête est actuellement pendante devant la Cour suprême siégeant en Haute Cour de justice, exigeant de l'État le versement de cinquante millions de shekels destinés à la défense du territoire, afin de permettre l'activation d'une salle de commandement sectorielle et l'acquisition d'équipements de protection.

Le terrain confirme l'urgence

Les responsables sécuritaires locaux partagent cette inquiétude. Yoav Saban, officier de sécurité du conseil, raconte qu'un récent rassemblement des officiers de sécurité des localités de la ligne de couture a justement porté sur ce sujet. La menace fait désormais partie du quotidien, ce qui a conduit les participants à réfléchir collectivement à la manière dont les instances civiles peuvent y répondre.

Selon lui, le danger touche l'ensemble du secteur. Chaque semaine, Tsahal communique le nombre de drones confisqués, preuve d'une menace réelle qui ne doit surprendre personne. Il anticipe qu'un incident impliquant un drone finira par se produire. L'appareil ne sera peut-être pas relié par câble à fibre optique comme au Liban, mais un drone classique reste capable de larguer une grenade à fragmentation, y compris au-dessus d'un jardin d'enfants.

Une course contre la montre

Saban insiste sur l'urgence du calendrier. La rapidité avec laquelle l'ennemi apprend et s'adapte est considérable, et la préparation doit être immédiate. Il réclame des budgets pour équiper l'ensemble de la ligne de systèmes de surveillance continue, ainsi que des dispositifs capables d'abattre les drones. Ces équipements, martèle-t-il, doivent être positionnés precisément sur la ligne de couture, puisque ces localités constituent le flanc exposé de l'État.

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