Le scandale du consulat turc à Jérusalem : installé dans un bien des survivants du génocide

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Le scandale du consulat turc à Jérusalem : installé dans un bien des survivants du génocide

Le paradoxe de Jérusalem : le consulat turc installé dans un bien appartenant aux victimes ottomanes.

Israël vient de reconnaître officiellement le génocide arménien. Une décision historique votée à l'unanimité par le gouvernement, qui résonne d'autant plus fort qu'une étude publiée le même jour révèle une réalité proprement stupéfiante : à Jérusalem, le consulat turc occupe depuis des années un bâtiment appartenant à l'Église syriaque, dont la communauté fut elle-même massacrée par les Ottomans.
L'héritier présumé des bourreaux installé chez les héritiers des victimes, au coeur de la capitale israélienne, avec bail en bonne et due forme.
Le paradoxe est absolu, l'indécence flagrante.

Au lendemain de la reconnaissance officielle par Israël du génocide arménien, une étude du Jerusalem Center for Applied Policy (JCAP) révèle une contradiction historique et morale saisissante : le consulat turc de Jérusalem opère depuis un bâtiment qui appartient à l'Église syriaque, dont la communauté fut elle-même massacrée par les Ottomans.

Un bâtiment qui ne leur appartient pas

Sur la colline de Kiryat HaMemshalah, au nord de Jérusalem, se concentrent de nombreuses représentations diplomatiques. Parmi elles, le consulat turc, qui fournit l'essentiel de ses services à l'Autorité palestinienne et se définit lui-même, côté ankara, comme "l'ambassade de Turquie pour la Palestine".
Ce que personne ne semblait avoir relevé jusqu'ici : le bien immobilier depuis lequel opère ce consulat n'est pas propriété turque. Il appartient à l'Église syriaque.

C'est la recherche du JCAP qui l'a mis au jour. "C'est une contradiction morale, en particulier au regard de la reconnaissance par le gouvernement israélien du génocide arménien", a déclaré Haïm Silverstein, président du Centre.

Les héritiers des victimes ottomanes

Le génocide arménien, commis il y a plus d'un siècle, ne fit pas que des victimes arméniennes. Des milliers de membres de la communauté syriaque-araméenne, également connue sous les noms de chrétiens assyriens ou syriaques-orthodoxes, périrent dans les mêmes massacres. L'Église syriaque représente précisément cette communauté, dont les membres actuels sont les descendants directs de ces victimes. Depuis des décennies, les deux communautés, arménienne et syriaque, mènent de concert un combat pour la reconnaissance internationale de ces crimes.

Et c'est là que le paradoxe éclate. Une institution ecclésiastique qui exige la reconnaissance des massacres subis par les Syriaques, qui exprime sa solidarité avec les Arméniens, autorise simultanément sur son propre bien la présence d'un État qui se perçoit comme l'héritier de l'Empire ottoman.

Un haut responsable de la Patriarchie arménienne a confié à Ynet : "Nous ne connaissions pas ces détails et ils nous ont surpris. Les 'Syriens' (syriaques-orthodoxes) nous sont liés. Malheureusement, c'est ce qui arrive quand l'argent remplace les valeurs."

Une présence qui dépasse la diplomatie ordinaire

Le consulat turc à Jérusalem ne saurait être considéré comme un simple arrangement administratif ou économique neutre. Sa présence excède largement la diplomatie de routine : il constitue une plateforme de soft power culturel, historique et idéologique, incluant la promotion de l'héritage et des symboles ottomans.

Ran Yishaï, directeur de la recherche au JCAP et ancien ambassadeur au ministère des Affaires étrangères, est direct : "Ce cas illustre comment la Turquie continue d'exploiter la faiblesse des communautés chrétiennes au Moyen-Orient, en particulier des chrétiens de Syrie et de Turquie qui vivent aujourd'hui dans la terreur sous les régimes d'Al-Charaa et d'Erdogan. Alors que dans de nombreux pays de la région ces communautés sont gravement menacées, en Israël elles bénéficient de la liberté, de la protection de leurs lieux saints et du droit de vivre en sécurité."

La décision historique d'Israël relance la question

Le gouvernement israélien a voté à l'unanimité, ce dimanche, la proposition du ministre des Affaires étrangères Guideon Sa'ar de reconnaître officiellement le génocide arménien. La résolution adoptée stipule qu'"en vertu du devoir moral et historique, Israël reconnaît le génocide perpétré contre le peuple arménien à la fin de la période de l'Empire ottoman" et condamne "tout déni, minimisation ou distorsion de la vérité historique de ces événements." Cette décision historique devrait accentuer encore les tensions déjà vives avec Ankara.

Dans ce contexte, Ran Yishaï n'hésite pas à franchir un pas supplémentaire : "Il est temps de reconsidérer l'existence même du consulat turc à Jérusalem, qui se définit comme l'ambassade de Turquie pour la Palestine, ou plus exactement pour la sauvegarde du Hamas, tout en niant et en portant atteinte à la souveraineté israélienne sur Jérusalem."

Un bâtiment, une Église, un génocide, et un locataire que l'histoire devrait rendre indésirable : le paradoxe de Jérusalem attend toujours sa résolution.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi