Le Cœur de Brahma : le thriller mystique juif que tout le monde va s'arracher

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Le Cœur de Brahma : le thriller mystique juif que tout le monde va s'arracher

 

Le Cœur de Brahma : quand un médecin juif plonge le lecteur dans les abysses de la Birmanie pour mieux le ramener à la lumière

Ils ont fui les flammes du Manipur.Un père et sa fille. Une fuite éperdue à travers les jungles birmanes. Des cages, les mines maudites de Mogok, des trafiquants, des tigres. Et au bout de l'odyssée, dans une ruelle de Séoul, la révélation que tout cela avait un sens. Que la douleur était une initiation. 
Ils ont survécu même aux tempêtes de la mer de Chine. Et au bout de l'odyssée, dans une ruelle de Séoul, un vieux sage leur a dit la vérité

Yves-Victor Kamami n'écrit pas des romans. Il envoie des éclairs.

Médecin et écrivain : deux façons de réparer le monde

Claudine Douillet - Vous êtes médecin et écrivain, deux vocations qui semblent opposées et pourtant dans ce roman elles se rejoignent parfaitement. Comment expliquez-vous cette dualité en vous ?

Yves Victor Kamami - En tant que médecin on voit souvent la misère du monde que l'on doit réparer, c'est le fameux Tikoun Olam de la Kabbale. Par ailleurs, on doit pouvoir s'échapper vers d'autres horizons, ce qui explique le côté imaginaire qui me pousse à écrire.

Tout est là, dès la première phrase. Le Tikoun Olam, cette obligation juive de réparer le monde, comme boussole éthique. L'imaginaire comme espace de respiration. Le roman comme synthèse des deux.

Les Bnei Menashe, ces Juifs oubliés au bout du monde

CD- Avidan est un Bnei Menashe, ces Juifs du Manipur qui se réclament des tribus perdues d'Israël. Peu de gens connaissent cette communauté. Pourquoi avoir choisi ce personnage si rare, si méconnu, comme héros de votre roman ?

YVK - J'ai toujours été passionné par l'histoire des dix tribus perdues d'Israël, tels que les Falashas d'Éthiopie, les Lemba d'Afrique du Sud. Les Bnei Menashe sont passionnants par leurs coutumes préservées, par leur souhait de rejoindre la Terre Sainte, par leur engagement religieux et même au sein de la société israélienne, dans Tsahal.

Ce choix n'est pas anodin. Il rappelle à chaque page que le peuple juif est universel, fragmenté aux quatre coins du monde, portant partout avec lui une identité intacte malgré les siècles et les persécutions.

La Birmanie vue de l'intérieur

CD - Les descriptions de la Birmanie, Mandalay, le pont U Bein, les mines de rubis de Mogok, sont d'une précision troublante, presque sensorielle. Avez-vous vous-même foulé cette terre ? Qu'est-ce que vous y avez vécu ?

YVK- J'ai eu la chance de visiter la Birmanie en 2016, alors qu'elle venait de s'ouvrir au tourisme après l'élection de Aung San Suu Kyi. J'ai pu apprécier la beauté des temples, de la jungle, la gentillesse des Birmans et surtout leur diversité en différentes ethnies.

Ce voyage a tout changé. Il a donné au roman cette chair, cette odeur de terre mouillée et d'encens, cette précision des gestes et des paysages qui font qu'on ne lit pas le Cœur de Brahma, on l'habite.

Quand la Kabbale rencontre le bouddhisme

CD -Le Cœur de Brahma est une pierre mystique hindoue qui finit par dialoguer avec la Kabbale juive. Comment vous est venue cette idée audacieuse de faire converger deux traditions mystiques aussi éloignées ?

YVK - J'ai appris la méditation juive kabbalistique telle que la pratiquait Abraham Aboulafia.
Elle ressemble étrangement à la méditation des moines bouddhistes et j'ai pu constater beaucoup de points de convergence entre les deux traditions. Cependant c'est surtout autour de la mystique des rubis et de l'influence éventuelle qu'ils peuvent avoir sur la convoitise et la passion humaine que je me suis basé.

Ce n'est donc pas un effet de style. C'est une conviction profonde, celle que les grandes traditions mystiques, par-delà leurs langages différents, pointent vers la même lumière. Le Cœur de Brahma en est la démonstration romanesque.

La violence comme vérité

CD - La scène des cages, les mines où des enfants fouillent la boue, l'assassinat de la famille du pasteur dont aucun détail ne nous est épargné.
Était-ce un choix délibéré de montrer la violence du monde sans filtre ?

YVK - Le Cœur de Brahma est avant tout un roman d'aventure, de survie et d'espoir. Cependant il prend racine dans des réalités qui sont parfois extrêmement dures.
Les violences interethniques du Manipur, l'exploitation des enfants dans certaines régions minières d'Asie, les trafics humains ou les conflits armés ne sont malheureusement pas des inventions romanesques. J'aurais pu atténuer ces événements, les rendre plus confortables pour le lecteur.
Mais je craignais alors de trahir ceux qui dans le monde réel ont vécu ou vivent encore des situations comparables.
La souffrance des personnages permet aussi de mesurer l'ampleur de leur courage, de leur résilience et de leur capacité à continuer d'avancer malgré tout. Je crois que la littérature a parfois pour mission de regarder le monde en face. Mais elle doit aussi rappeler que dans les moments les plus obscurs subsistent toujours des femmes et des hommes capables de lumière. C'est cette lumière que j'ai voulu placer au cœur du roman.

Maître Elyahou et la figure du sage

CD- Maître Elyahou Ben Sasson, ce sage juif né à Haïfa, passé par Jérusalem et Prague, qui finit par enseigner le Talmud dans une ruelle de Séoul, est-il un personnage inventé ou avez-vous rencontré cet homme quelque part dans le monde ?

YVK - Maître Elyahou est inventé, mais pour moi c'est la figure de Marc-Alain Ouaknin, que je n'ai pu suivre dans ses cours que par Zoom.

Marc-Alain Ouaknin, philosophe, rabbin, passeur de la pensée juive vers le grand public. Une référence qui en dit long sur la profondeur des sources auxquelles puise ce roman.

Les 36 Justes : remparts contre la barbarie

CD - Les 36 Justes cachés qui selon la tradition kabbalistique soutiennent le monde apparaissent à la fin du livre. Pensiez-vous à cette conclusion dès le début de l'écriture ou s'est-elle imposée à vous en cours de route ?

YVK - Les 36 Justes cachés sont pour moi des symboles d'espérance dans la protection des valeurs d'humanité, de morale et d'éthique dans ce monde fou dans lequel nous vivons. C'est un peu comme des remparts contre la barbarie. D'ailleurs je suis persuadé qu'ils existent, cachés de la lumière des médias.

Une conviction qui dépasse largement la fiction et qui donne au roman sa résonance la plus profonde.

La souffrance qui révèle

CD -Le roman dit que la souffrance n'est pas un châtiment mais une purification. Est-ce une conviction profonde que vous portez personnellement, au-delà de la fiction ?

YVK - Dans la Kabbale la souffrance n'est pas toujours perçue comme une punition. Elle peut être comprise comme une épreuve, un passage, parfois même comme une occasion de transformation intérieure.
L'idée n'est pas que la douleur soit souhaitable ou justifiée, mais qu'elle puisse dans certaines circonstances révéler des ressources morales, spirituelles ou humaines que nous ignorions posséder. Dans le Cœur de Brahma les personnages ne sont pas récompensés parce qu'ils souffrent. Ils sont transformés par la manière dont ils affrontent cette souffrance. C'est une nuance essentielle. Ce n'est pas la douleur qui élève l'être humain, mais la façon dont il choisit d'y répondre.

Ce que le lecteur emportera

CD - Quel lecteur espérez-vous toucher, et qu'est-ce que vous voulez qu'il emporte avec lui en refermant la dernière page ?

Je n'ai pas écrit ce livre pour un public particulier. J'espère simplement toucher tous ceux qui aiment les grandes aventures humaines, les personnages confrontés à l'adversité et les récits qui emmènent le lecteur loin de son quotidien, à travers des paysages, des cultures et des destins qu'il ne connaissait pas forcément.

Mais si une fois la dernière page refermée quelque chose continue de l'accompagner, peut-être une réflexion sur l'exil, sur l'identité, sur la transmission, sur la résilience humaine face aux épreuves, alors j'aurai atteint mon but. Le Cœur de Brahma parle de violence mais aussi de courage. Il parle de déracinement mais aussi d'espérance.
Si le lecteur referme ce livre avec davantage d'empathie pour ceux qui vivent l'exil ou la persécution, et avec la conviction que même dans les périodes les plus sombres une lumière demeure possible, alors ce voyage aura eu un sens.

Le Cœur de Brahma d'Yves-Victor Kamami sort en librairie le 29 juin. Un roman à ne pas manquer.

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