Israël : comment un terroriste armé a franchi la frontière et semé la panique au Nord

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comment un terroriste armé a franchi la frontière et semé la panique au Nord

De l'incendie à l'élimination : comment un terroriste armé a franchi la frontière et semé la panique au Nord

Un incendie, une silhouette suspecte, et soudain tout s'emballe

Mardi, vers 13h30, un signalement tombe : un incendie s'est déclaré dans la zone du massif Ramas, à proximité immédiate de la frontière libanaise. Un soldat en mission logistique qui se trouvait sur place aperçoit une silhouette suspecte, vêtue d'un uniforme militaire. Il donne l'alerte. Un groupe de combat est aussitôt dépêché sur les lieux.

Sur le terrain, la confusion s'installe rapidement. Des travailleurs étrangers employés dans les vergers voisins se trouvaient également dans le secteur, compliquant l'identification. Pendant une heure et demie, la situation reste suspendue. Puis le terroriste ouvre le feu sur les soldats de Tsahal. Les combattants ripostent.

Quand l'individu est localisé et neutralisé, la stupeur est totale : il se trouvait à l'intérieur même d'un poste d'observation de Tsahal, en territoire israélien, à environ 1,2 kilomètre du moshav Margaliot. Sur lui : un pistolet, un long couteau, un uniforme de camouflage identifié au Hezbollah et des sandales Crocs.

Trois heures de bouclage, des hélicoptères, des drones

La procédure d'urgence "Chevalier de la nuit B" est immédiatement déclenchée. Tout le secteur est bouclé. Les habitants de Margaliot, Menarah et Misgav Am reçoivent l'ordre de s'enfermer chez eux et de ne pas circuler. La route 886, longeant le massif Ramas, est coupée à la circulation.

Des forces importantes sont mobilisées en urgence : hélicoptères, drones, aéronefs de l'armée de l'air quadrillent la zone pendant près de trois heures, craignant d'autres infiltrations. Ce n'est qu'en fin de soirée que Tsahal exclut officiellement la présence d'autres terroristes dans le secteur.

Le commandant de la 91e division, le général de brigade Yuval Gaz, et le commandant de la brigade 769, le colonel Yuval Mazoz, se rendent sur les lieux peu après le début de l'incident pour un premier débriefing sur le terrain. L'événement doit encore être passé en revue par le commandant du front Nord, le général Rafi Milo, et le chef d'état-major, le général de corps d'armée Eyal Zamir, a annoncé qu'il conduirait sa propre enquête.

La question qui brûle les lèvres : comment est-il arrivé jusque-là ?

Au sein de l'appareil sécuritaire, l'heure est aux questions graves. Comment un terroriste armé a-t-il réussi à s'approcher de la clôture frontalière, à la franchir, et à atteindre un poste militaire israélien dans une zone théoriquement sous surveillance et contrôle permanents, alors que Tsahal opère simultanément dans le sud du Liban ?

Pour l'instant, son appartenance organisationnelle n'a pas été formellement établie, malgré l'uniforme de camouflage associé au Hezbollah retrouvé sur lui. L'enquête est en cours.

"Tsahal a les mains et les pieds liés"

Eitan Davidi, président du moshav Margaliot, ne mâche pas ses mots : «Tsahal l'a identifié alors qu'il était déjà à l'intérieur du pays.» Et d'enfoncer le clou : «Tsahal est au Liban, mais le gouvernement israélien lui lie les mains et les pieds et ne lui permet pas de faire le travail qu'il aurait dû faire.» Avant de conclure, avec une amertume à peine voilée : «Nous espérons que les habitants pourront retrouver leur vie normale dans un bref délai si tant est qu'on puisse appeler ça une vie normale.»

"Nous sommes des citoyens de seconde zone"

Plus au sud, à Kiryat Shmona, Esther ne décolère pas. «Il n'y a pas de cessez-le-feu au Nord», lâche-t-elle. «Nous sommes des citoyens de seconde zone dans l'État d'Israël. Mais qu'y faire tous mes enfants ont quitté Kiryat Shmona. Je suis la seule à être restée.»

Ce témoignage résume à lui seul le sentiment d'abandon qui ronge les communautés du Nord depuis des mois. Après de longues semaines de combats dans ce secteur, un terroriste armé a quand même réussi à franchir la frontière et à pénétrer en territoire israélien. Pour les habitants, la question n'est plus sécuritaire : elle est politique.

Et maintenant Israël va-t-il répondre ?

La question se pose désormais au niveau politique et militaire. Israël avait clairement averti qu'il ne tolérerait aucun tir sur les localités du Nord. Mais une infiltration armée en territoire souverain, avec tentative d'attentat contre des soldats cela appelle-t-il une riposte significative au Liban ? La réponse de Jérusalem, ou son silence, sera scrutée de très près dans les prochaines heures.
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