Ba Miklat Bat Yam – Épisode 3 : vivre entre deux sirènes

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Ba Miklat Bat Yam – Épisode 3 : vivre entre deux sirènes

Ba Miklat — Bat-Yam 🇮🇱 Épisode 3

La pause dans la routine

Plusieurs alertes sans alarme, puis l'une se déclenche à 14h20. Heureusement, j'avais terminé mon travail.

Je me rends tranquillement dans la cage d'escalier — la flemme de descendre et remonter trois étages.

Je retrouve le couple qui ont tout perdu en juin 2025. Leur appartement soufflé par un missile iranien.

J'entame la conversation sans détour :
"Depuis tout ce temps, vous n'avez eu aucun remboursement ?"

"Non, mais c'est eux qui me paient le loyer ici."

"Oui, bien sûr — mais votre bien ?"

"Ils vont le reconstruire avec l'argent des religieux."

Je le regarde, interloqué. Comment ça, avec l'argent des religieux ?

Il m'explique, avec une logique toute personnelle : ils passent leur temps à prier, reçoivent des subventions de l'État — alors ils vont participer à l'effort de reconstruction. Pas d'armée ? Pas de problème, dit-il, mais une partie de ces subventions devra servir à reconstruire. Et avec tous les immeubles touchés, il faudra des milliards.

Il répète à plusieurs reprises : "Tout ira bien… tout ira bien."

Ce leitmotiv typiquement israélien. Et quand ça ne va vraiment pas : "Gam Zou le Tova" — même ça, c'est pour le bien.

Puis il me regarde soudainement :

"Mais tu parles bien l'hébreu !"

Je ris. "Eh oui !  j'ai fait une partie de mes études ici."

En arrière-plan, les explosions se succèdent. Selon leur intensité, on peut estimer : Rishon Letsion ou Holon.

Le calme relatif revient. Nous rentrons dans nos appartements respectifs.

Il s'avère qu'une chute a eu lieu à Ramat Gan deux blessés légers.

Le syndrome de la relativité

Ce qui est frappant, c'est à quel point les alertes sont devenues des pauses dans la routine quotidienne.

Ce n'est pas de la résilience le mot serait trop noble, trop conscient.

C'est quelque chose d'autre, de plus troublant : une sorte de syndrome de la relativité.

On s'arrête. On sort. On est obligé de quitter l'appartement un moment. Puis on revient. Et on reprend comme si l'essentiel était simplement d'être vivant.

Pas de trauma apparent. Pas d'effondrement. Juste ce recalibrage silencieux et déconcertant de ce qui compte vraiment.

La vie continue, parce que la vie, ici, a décidé de continuer.

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