Une technologie médicale israélienne permet enfin de prédire les risques réels pour le fœtus

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Une technologie médicale israélienne permet enfin de prédire les risques réels pour le fœtus

Chaque année, des milliers de femmes enceintes apprennent que leur fœtus est infecté par le cytomégalovirus (CMV) sans pouvoir savoir si l’enfant naîtra gravement handicapé… ou parfaitement sain.

Une innovation médicale israélienne primée change radicalement la donne : pour la première fois, un test permet d’évaluer avec une précision quasi totale la gravité réelle de l’infection, évitant ainsi des interruptions de grossesse fondées sur l’incertitude plutôt que sur la science.

La technologie primée qui pourrait sauver des vies fœtales

Une initiative qui réinvente l’innovation en santé

La compétition « Initiative de santé la plus remarquable » 2025, organisée par le forum Reboot en partenariat avec le groupe Yedioth et Ynet, a couronné plusieurs projets susceptibles de transformer le système de santé israélien.

L’objectif de cette compétition est clair : stimuler des solutions audacieuses face aux défis pressants de la santé publique en Israël. Plus de 360 initiatives ont été proposées cette année, mettant en lumière des idées de toutes origines, du secteur privé aux institutions médicales. 

Un jury de haut niveau — incluant des représentants du ministère de la Santé, de cliniques publiques, de centres hospitaliers et du monde industriel — a réduit la sélection à dix finalistes, puis à trois lauréats

. Un quatrième projet a reçu une mention spéciale du jury. La récompense principale s’élève à 150 000 shekels. 

Premier prix : CMVista, prédire la gravité des infections fœtales

Chaque année, environ 1 naissance sur 200 est affectée par une infection au cytomégalovirus (CMV) transmise in utero.
Parmi ces cas, un enfant sur cinq développe des troubles graves — neurologiques, développementaux ou une surdité.
Bien que fréquente, l’infection demeure méconnue du grand public et difficile à diagnostiquer de façon prédictive.
Seule l’analyse du liquide amniotique peut confirmer l’infection ; en revanche, il était jusqu’ici impossible de prévoir l’ampleur du dommage que cela causerait. Cette incertitude pousse parfois des couples à interrompre une grossesse sans information claire. 

Le projet CMVista, développé à l’hôpital Hadassah, propose une réponse à ce vide médical.
En analysant des marqueurs biologiques dans le liquide amniotique, cette technologie identifie deux protéines spécifiques dont les niveaux corrèlent avec la gravité de l’infection. Après avoir été validé sur des centaines d’échantillons en Israël et en Europe, l’outil atteint un taux de précision d’environ 98 %. 

Le diagnostic s’articule autour d’un système de feux tricolores :

  • Rouge : risque élevé de séquelles graves,

  • Orange : nécessité d’un suivi intensif,

  • Vert : suivi standard suffisant.

Ce système permet aux médecins et aux parents de disposer d’informations tangibles pour des décisions complexes. 

La professeure Dana Wolf, dirigeante du projet et experte internationale du CMV, conduit également l’élaboration des lignes directrices européennes pour le diagnostic et le traitement de cette infection. Son objectif : réduire l’incertitude entourant ces grossesses à risque. 

Le Dr Nadav Askari, responsable du développement commercial, relate une expérience personnelle marquante : un couple qu’il avait rencontré avait décidé de poursuivre une grossesse malgré une infection, ce qui avait conduit à la naissance d’un enfant lourdement handicapé. Il affirme que CMVista aurait pu les aider à faire un choix mieux informé. 

Le professeur Ran Blitzer, membre du jury, résume l’enjeu : « Cette innovation scientifique pourrait soulager de nombreux couples confrontés chaque année à une infection congénitale fréquente et à une décision déchirante. » 

Deuxième prix : “Code Argaman”, repérer les urgences vitales

La deuxième initiative primée, Code Argaman, répond à un besoin critique des services d’urgence : détecter le plus tôt possible les patients en péril. Développée au centre médical Meir, cette solution combine un système de surveillance continue des signes vitaux avec un algorithme basé sur l’indice clinique britannique NEWS. 

L’outil attribue à chaque patient un score de 0 à 14. Lorsqu’un seuil critique est dépassé, une alerte immédiate est envoyée aux équipes soignantes, qui peuvent déclencher un « Code Argaman » — mobilisant un équipe d’intervention spécialisée sans délai. 

Le système fonctionne de manière transparente et automatique depuis l’admission du patient jusqu’à sa sortie, sans perturber le travail clinique, mais en offrant une vigilance continue. L’équipe travaille à l’adapter à d’autres services hospitaliers. 

Troisième prix : Dive Health, l’IA au service de la santé mentale

La pénurie de soignants en santé mentale, conjuguée à une lourde charge administrative, entrave l’accès aux soins. Dive Health propose une plateforme d’intelligence artificielle capable d’assister les thérapeutes en automatisant la documentation clinique, en analysant des données issues des séances (avec consentement) et en produisant des synthèses utiles à la prise de décision. 

Selon les fondateurs, cette technologie permettrait d’accélérer les démarches administratives, d’identifier des signes préoccupants, et surtout d’offrir davantage de temps aux professionnels pour se concentrer sur le patient. Aujourd’hui utilisée par des centaines de praticiens en Israël, la plateforme espère augmenter la capacité d’accueil des services. 

Mention spéciale : “Sivuv Ba’ir”, une réponse communautaire à l’isolement

Le jury a décerné une mention spéciale à l’application Sivuv Ba’ir, conçue pour encourager les promenades sociales entre membres d’une même communauté. Contrairement aux algorithmes de réseaux sociaux qui retiennent l’utilisateur devant un écran, cette plateforme facilite des rencontres réelles autour de la marche à pied, renforçant le lien social local. 

Pilote dans le centre d’Israël, le projet a enregistré un taux de retour supérieur à 90 % chez les participantes aux premières marches, bien au-delà des standards habituels. 

Une décennie d’innovations récompensées

En conclusion, le professeur Ran Blitzer a salué l’ampleur et la diversité des propositions cette année. Pour lui, l’innovation est un « outil indispensable » pour une santé plus efficace, équitable et durable ». 

 

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