Israël n’a pas inventé la pauvreté, mais il a inventé des supermarchés solidaires pour y faire face

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
supermarché gratuit en israel

En Israël, les supermarchés solidaires existent : gratuits parfois, presque gratuits le plus souvent

L’image a circulé massivement sur les réseaux sociaux : celle d’un supermarché « totalement gratuit » ouvert en Israël pour les personnes dans le besoin.
L’information, séduisante, est en partie vraie — mais mérite d’être précisée.
Car si Israël ne dispose pas d’un réseau national de supermarchés gratuits financé par l’État, le pays a vu émerger depuis plusieurs années, et notamment depuis la crise du Covid, des initiatives citoyennes et caritatives inédites : supermarchés solidaires, épiceries sociales, distributions alimentaires dignes et organisées. Une solidarité concrète, discrète, et bien réelle.

L’expérience de Petah Tikvah : quand la solidarité devient magasin

En février 2022, un supermarché gratuit a ouvert ses portes dans la ville centrale de Petah Tikvah grâce à l’action de Shani et Osher Shukrun, un couple israélien déterminé à transformer l’aide alimentaire. Ils avaient commencé, pendant la pandémie, en reliant des donateurs à des familles nécessiteuses via des groupes Facebook, achetant des courses pour une famille ou stockant des denrées chez eux.

Une initiative citoyenne devenue symbole

En 2022, plusieurs médias israéliens et juifs anglophones ont relayé l’histoire d’un couple israélien ayant ouvert un supermarché solidaire permettant à des personnes en difficulté de faire leurs courses sans payer.

Installée dans une ville du centre du pays, cette initiative reposait sur un principe simple : offrir l’accès à des produits alimentaires de base, dans un cadre normalisé, sans humiliation, sans files d’attente visibles, sans colis imposés.
Les bénéficiaires entraient dans un vrai magasin, prenaient ce dont ils avaient besoin, avec des règles destinées à garantir l’équité et la pérennité du projet.

Les médias ont insisté sur un point essentiel : il ne s’agissait ni d’un programme gouvernemental, ni d’un modèle destiné à être dupliqué à l’échelle nationale, mais d’une action privée, financée par des dons, des partenariats et une mobilisation locale. Le mot « gratuit » était exact, mais son périmètre restait volontairement limité.

Des supermarchés “presque gratuits”, un modèle déjà bien implanté

Au-delà de cette initiative ponctuelle, Israël dispose depuis longtemps d’un réseau dense de supermarchés solidaires et d’épiceries sociales à prix symboliques.
Le modèle est connu : les familles éligibles, identifiées par les services sociaux ou les associations, peuvent acheter des produits alimentaires à des prix très inférieurs au marché, parfois pour quelques shekels seulement. L’objectif n’est pas uniquement économique : il s’agit de préserver la dignité, l’autonomie et le choix.

Parmi les acteurs historiques figure l’organisation Colel Chabad, l’une des plus anciennes institutions caritatives du pays. Elle gère depuis des années des centres alimentaires et des épiceries sociales fréquentées par des milliers de familles, notamment dans les villes à forte précarité. Le principe est constant : payer peu plutôt que rien, afin de maintenir une logique de responsabilité et d’équilibre.

L’aide alimentaire en Israël, une réalité massive et structurée

La solidarité alimentaire en Israël ne se limite pas aux supermarchés.
Des organisations comme Meir Panim, Yad Ezra V’Shulamit ou Yad Eliezer distribuent chaque semaine des dizaines de milliers de repas chauds, de colis alimentaires et d’aides ciblées.
Ces structures, bien documentées par la presse israélienne, travaillent avec les municipalités, les services sociaux et les donateurs privés pour répondre à une réalité souvent ignorée : la pauvreté existe aussi en Israël, y compris chez les personnes âgées, les familles monoparentales, les nouveaux immigrants et les travailleurs précaires.

Ce maillage associatif explique pourquoi l’image d’un « supermarché gratuit » a trouvé un écho si fort : elle correspond à une réalité morale du pays, même si elle ne reflète pas une politique publique généralisée.

Entre mythe viral et vérité israélienne

Dire qu’Israël a ouvert des supermarchés totalement gratuits pour tous les pauvres serait faux. Dire qu’Israël a laissé émerger, soutenu indirectement et parfois encouragé des modèles de solidarité alimentaire innovants serait, en revanche, parfaitement exact.
Le pays n’a pas choisi la mise en scène ni l’annonce politique, mais l’action concrète, souvent locale, souvent silencieuse.

Dans une région où l’on parle beaucoup d’Israël pour l’accuser, rarement pour l’observer honnêtement, ces initiatives racontent autre chose : une société sous tension permanente, mais profondément attachée à la responsabilité collective et à la dignité humaine.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi