Synagogue, Shabbat et solidarité : l’incroyable voyage d'Ariel Ron, un Israélien en autostop

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Synagogue, Shabbat et solidarité : l’incroyable voyage d'Ariel Ron, un Israélien en autostop

Antisémitisme en pleine explosion mondiale, mais la solidarité humaine résiste

La haine des Juifs, un phénomène global qui s’intensifie

Depuis l’attaque du 7 octobre, la vague d’antisémitisme n’a cessé de se propager d’un continent à l’autre. Aux États-Unis, l’Anti-Defamation League a constaté une augmentation de plus de 360 % des incidents, poussant plus d’un Juif sur deux à modifier ses habitudes par peur d’agression. En Europe, l’Allemagne a enregistré une hausse de 83 % des actes antisémites en 2023, tandis que la Suisse a vu bondir ses signalements de 42 % en 2024.
Même en Australie et en Italie, les chiffres atteignent des niveaux jamais atteints depuis des décennies. Partout, les synagogues sont profanées, les musées de la Shoah vandalisés, et les familles juives vivent dans l’inquiétude permanente.

Pour Israël, ces statistiques sont le miroir d’une réalité inquiétante : la guerre contre le Hamas a déchaîné une hostilité qui dépasse les champs de bataille.

Le voyage d’Ariel Ron : un Israélien sur les routes d’Europe

C’est dans ce climat pesant qu’Ariel Ron a décidé de prendre la route. Son projet : traverser l’Europe en autostop, du point le plus méridional de la Grèce jusqu’au nord de la Norvège. Presque à mi-chemin de son périple, après plus de deux mille kilomètres parcourus et plus d’une centaine de véhicules arrêtés, il racontait son expérience avec un mélange de fatigue et d’émerveillement.

À chaque automobiliste qui s’arrêtait, Ariel répétait la même chose : « Je suis Israélien », le tout avec un sourire franc et une fierté assumée. Loin de provoquer des réactions hostiles, son honnêteté suscitait souvent un sourire en retour. En Albanie, on lui lança même avec enthousiasme : « Israel good, good ! », signe d’une affection spontanée pour son pays.

La rencontre providentielle en Bosnie

Mais c’est en Bosnie que l’aventure a pris une tournure presque mystique. Un conducteur s’arrêta et, apprenant qu’il venait d’Israël, lui demanda s’il était juif. « Oui », répondit Ariel sans détour. L’homme, chrétien fervent et admirateur d’Israël, s’enthousiasma : pour lui, la rencontre n’était pas un hasard mais une mission divine. « Dieu t’a envoyé vers moi », déclara-t-il. Pendant une heure de trajet, il partagea avec Ariel des histoires de la Bible, comme pour ancrer leur rencontre dans un récit plus vaste.

Le voyage ne s’arrêta pas là. Le conducteur l’invita à manger dans un restaurant situé à quelques mètres seulement d’une mosquée. Puis, levant soudain le doigt vers un bâtiment, il s’exclama : « Regarde, c’est une maison juive ! » Ariel leva les yeux : c’était bel et bien une synagogue. Et ce jour-là, hasard des hasards, on était samedi, jour de Shabbat.

Intrigués, ils franchirent le seuil. À l’intérieur, une petite communauté priait encore, discrète mais vivante. C’est là qu’Ariel fit la connaissance de Doron, membre de cette fragile communauté juive bosnienne. « Je ne suis pas un homme religieux », confiera-t-il plus tard, « mais il était impossible d’ignorer ce que je ressentais à ce moment-là. » Pour lui, ce fut sans conteste « l’un des moments les plus émouvants de tout son voyage ».

Entre la haine et l’espérance

Le contraste est saisissant : d’un côté, les chiffres glaçants qui témoignent d’une haine des Juifs toujours plus décomplexée ; de l’autre, la chaleur humaine inattendue qui surgit sur les routes d’Europe. Là où les statistiques dessinent un monde hostile, les rencontres d’Ariel rappellent qu’il existe encore des individus capables de tendre la main, d’offrir un repas, de partager un récit biblique ou d’ouvrir les portes d’une synagogue oubliée.

. Et peut-être que le véritable antidote à la haine se trouve là : dans la rencontre directe, dans ce sourire échangé au bord d’une route, dans ce Shabbat improvisé au cœur de la Bosnie.

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