Tel-Aviv : Qui a volé le téléphone d'un père endeuillé de ces fils assassinés le 7 octobre ?

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Tel-Aviv : Qui a volé le téléphone de ce père endeuillé du 7 octobre ?

Le téléphone volé de Jojo Rabiya : quand la mémoire du 7 octobre disparaît à nouveau

Un vol ordinaire transformé en tragédie

Le 19 août, sur la plage du Dolphinarium à Tel-Aviv, Jojo Rabiya, père de famille de Moshav Yisha, près de la frontière de Gaza, a perdu bien plus qu’un objet. Son téléphone portable, un Samsung Ultra 24, a été subtilisé alors qu’il profitait d’un rare moment de calme avec sa femme et leur petite fille. L’appareil n’était pas un simple accessoire de loisirs : il contenait les dernières photos et enregistrements de ses deux enfants, Noam et Yuval, assassinés le 7 octobre lors du festival Nova, près de Réïm.

Le drame de cette famille illustre la cruauté sans fin de cette journée noire. Le 7 octobre, Yuval Rabiya, sa fiancée Noy et son frère Noam tentaient d’échapper au carnage déclenché par les terroristes du Hamas lors du festival Nova, près du kibboutz Nirim. Leur fuite les a conduits jusqu’à l’entrée du kibboutz Nir Oz, où tous trois ont été abattus de sang-froid.

Les souvenirs envolés

Assis sur un banc face à la mer, Zohu avait posé son téléphone à côté de lui. Quand il a réalisé que l’appareil avait disparu, il a compris aussitôt l’ampleur de la perte.
« Le voleur m’a suivi et l’a pris sans que je le voie », a-t-il témoigné, encore sous le choc. Au-delà du geste criminel, c’est un pan entier de sa mémoire familiale qui s’est effacé. Ces fichiers, selon lui, n’étaient pas sauvegardés ailleurs, pas même sur WhatsApp. Ce vol a donc pris la dimension d’un second deuil, celui de traces numériques devenues irremplaçables.

Une plainte déposée, un appel à la solidarité

La police a été saisie et tente de retracer le parcours du téléphone. Mais Zohu a choisi de s’adresser directement aux habitants de Tel-Aviv, aux réparateurs et aux revendeurs de téléphones. Son message est clair : « Ce téléphone n’est pas un objet. Il contient ce qu’il me reste de mes enfants. » Dans les groupes communautaires, l’appel circule déjà, chacun comprenant que ce vol dépasse de loin la perte matérielle.

La recrudescence des vols sur les plages de Tel-Aviv

Depuis le début de l’été, la police israélienne met en garde contre une série de vols sur les plages de Tel-Aviv, où les téléphones portables constituent une cible privilégiée. Mais dans ce cas, le contexte en fait un symbole. Ce n’est pas seulement un incident de plus dans les statistiques criminelles : c’est une nouvelle atteinte à la mémoire d’un survivant, un rappel cruel de la fragilité des traces laissées par les victimes du 7 octobre.

Quand l’objet devient mémoire

. Le vol de ce téléphone n’a pas seulement dépouillé un père endeuillé, il a effacé une part de l’histoire de Noam et Yuval, assassinés dans la fureur du Hamas. Et il interpelle, bien au-delà de Tel-Aviv, sur l’urgence de protéger ce qui reste des mémoires du 7 octobre.

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