Tchéquie, l’alliée inébranlable d’Israël face aux pressions de l’Union européenne

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Tchéquie, l’alliée inébranlable d’Israël face aux pressions de l’Union européenne

« Nous combattrons les initiatives de l’Union européenne »: la Tchéquie reste aux côtés d’Israël

Un îlot de soutien frontal dans un océan de condamnations

Alors que la quasi-totalité de l’Europe condamne Israël, une petite nation campe à contre-courant. Depuis le début de la guerre, et plus récemment encore, la Tchéquie assure une protection diplomatique solide pour Israël.

« Nous combattrons les mesures de l’UE dirigées contre Israël »

La semaine dernière, la nouvelle ambassadrice de Tchéquie à Tel-Aviv, Veronika Kočínova, l’a affirmé sans détour : la Tchéquie continuera à défendre Israël, même face à un blitz diplomatique sans précédent en Europe.
Elle rappelle que parmi les 27 États membres de l’UE, seuls trois – Tchéquie, Hongrie et Roumanie – n’ont pas condamné Israël.
Le ministère des Affaires étrangères tchèque a qualifié l’offensive sur Gaza de « décision risquée », tout en soulignant sa confiance dans la capacité d’Israël à protéger les civils et en rappelant qu’il est impossible d’ignorer la réalité d’un régime terroriste du Hamas.

Une alliance scellée par l’histoire

Cette solidarité s’explique par une longue histoire.
Dès 1927, Tomáš Masaryk, premier président de la Tchécoslovaquie, avait manifesté son soutien à la cause sioniste.
Après la chute du communisme, la Tchéquie s’est rapidement imposée comme l’un des soutiens les plus fidèles d’Israël, à rebours d’une Europe largement acquise aux causes palestiniennes. Ce positionnement traduit aussi une identification profonde : un petit État encerclé de menaces qui admire la manière dont Israël affronte ses ennemis.

Des intérêts stratégiques et militaires

Le partenariat ne se limite pas au symbolique. La coopération économique et militaire est cruciale. Israël a fourni à la Tchéquie des systèmes de défense aérienne, et Prague n’hésite pas à souligner qu’Israël est un partenaire de premier plan. La communauté juive tchèque, bien intégrée au tissu national, incarne aussi ce lien singulier, contrastant avec les fractures visibles ailleurs en Europe.

Diplomatie de terrain et soutien concret

La Tchéquie a montré son engagement par des gestes politiques forts. Son ministre des Affaires étrangères fut le premier à se rendre en Israël trois jours après le 7 octobre, suivi peu après par le Premier ministre. Prague a aussi livré du matériel militaire précieux, notamment pour le système « Iron Dome ». Autant de signaux d’un soutien qui dépasse les simples déclarations de principe.

Résister à la pression européenne

L’ambassadrice reconnaît que la pression des partenaires européens est réelle :
« Quand 25 États te disent qu’il faut adopter des positions similaires, tu ressens la pression. » Mais Prague continue de croire qu’il est possible d’infléchir la machine européenne, non pas par des coups d’éclat, mais en dissuadant certaines initiatives d’être présentées, sachant qu’elles échoueraient face à l’opposition tchèque.

Un soutien populaire, mais une vigilance sur Gaza

L’opinion publique tchèque reste largement favorable à Israël, tous partis confondus. Seule une jeunesse influencée par les discours dominants en Europe s’en éloigne légèrement. Pourtant, même dans son soutien, la Tchéquie garde un regard critique : Veronika Kočínova admet son inquiétude face au sort de civils affamés à Gaza, et son ministre des Affaires étrangères a récemment jugé « risqué » le projet israélien de reprendre le contrôle total de Gaza City. Si le soutien reste ferme, il s’accompagne d’un appel à une solution qui protège les civils, libère les otages et mette fin à la domination du Hamas.

 La Tchéquie face à l’UE et aux grandes puissances

La fidélité tchèque à Israël ne se joue pas dans le vide. À Bruxelles, elle contribue à bloquer les mécanismes de sanctions européennes.
En février 2024, Prague et Budapest ont déjà empêché l’adoption de mesures contre des colons violents en Cisjordanie (Reuters).
Plus récemment, les débats sur la suspension d’accords commerciaux favorables à Israël se heurtent aux mêmes blocages (The Guardian). Cette stratégie affaiblit considérablement la capacité de l’UE à parler d’une seule voix.

L’ombre du commerce plane sur cette alliance. Bruxelles détient une carte maîtresse : l’accord d’association avec Israël, garantissant d’importants avantages douaniers.
Sa remise en cause, agitée par certains États membres, reste improbable tant que Prague et ses alliés s’y opposent. En pratique, l’Europe apparaît donc fracturée, incapable d’imposer une ligne dure à Jérusalem.

Enfin, le ministre tchèque Jan Lipavský a résumé ce dilemme dans une déclaration récente : Israël doit assurer sa sécurité et libérer ses otages, mais il ne peut le faire sans respecter le droit international et sans offrir une perspective politique crédible. Dans un continent européen souvent accusé d’ambiguïté, la Tchéquie choisit la clarté : soutien indéfectible, mais pas aveugle.

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