Le sumo en Israël : immersion dans un sport japonais à l’âme sioniste -vidéo-

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Le sumo en Israël : immersion dans un sport japonais à l’âme sioniste

Le sumo en Israël : immersion dans un sport japonais à l’âme sioniste

Un ring inattendu au cœur de Tel-Aviv

On savait que le Dizengoff Center, avec ses couloirs enchevêtrés et ses étages labyrinthiques, pouvait perdre ses visiteurs. Mais de là à tomber sur un ring de sumo en plein centre commercial, il y a un pas. Lundi après-midi, ce scénario improbable est devenu réalité : dans le cadre du « Mois du Japon », l’Association pour la promotion et le développement du sumo en Israël a transformé un espace du centre en petit Tokyo, mêlant folklore, tradition et démonstration sportive.

À la tête de l’événement, Ilana Kartish, 35 ans, triple vice-championne d’Europe de lutte libre et vice-championne d’Europe de sumo. « J’ai été la première sumo-lutteuse israélienne à remporter une médaille », rappelle-t-elle avec fierté, tandis que derrière elle, deux lutteuses s’activent à entourer leurs articulations de ruban adhésif, étape préalable au port du mawashi, le pagne traditionnel des lutteurs japonais. Ici, pas de stricte immersion nippone : le costume se porte par-dessus un pantalon, concession aux réalités locales.

Entre curiosité et fascination

Huit lutteurs – hommes et femmes – foulent le tatami improvisé, offrant un spectacle à mi-chemin entre tradition sportive et mise en scène populaire. Le public, composé de centaines de curieux, est happé par ce qu’il voit. Les enfants fixent les géants du jour avec des yeux écarquillés, fascinés par le sel lancé pour conjurer le mauvais œil, par le salut codifié, par ces affrontements éclairs où tout peut se jouer en une seconde.

« Le sumo, c’est un choc culturel, mais aussi une leçon universelle de respect et de concentration », explique Kartish. L’instant a beau se dérouler à des milliers de kilomètres des écuries de Ryogoku à Tokyo, la discipline conserve son aura.

Le « yokozuna » israélien

Parmi les figures de proue de cette scène encore confidentielle, Sagi Hailu, 24 ans, présenté par Kartish comme « le sumo sioniste par excellence ». Ancien lutteur et judoka, il s’est tourné vers le sumo il y a trois ans sous la houlette de Nikolai Kozhuhov, immigré en Israël et figure centrale du sumo local depuis la fin des années 1990.

« Si vous aimez le judo, alors le Japon est un monde fascinant », confie Hailu. « C’est l’une des activités les plus passionnantes de ma vie. Cela m’a permis de progresser dans tous les domaines et m’a renforcé mentalement. Parfois, un combat ne dure qu’une seconde, il faut donc être prêt à 100 %. »

Conscient de l’hégémonie japonaise et de son âge déjà avancé pour une carrière professionnelle au Japon, il nourrit pourtant l’ambition d’y séjourner, ne serait-ce que brièvement, pour enrichir son expérience avant les Championnats d’Europe et du monde.

Sur le tatami du Dizengoff, il impose son autorité : un geste sec sur la poitrine, une poussée implacable ou une projection nette suffisent à écarter quiconque croise son chemin. Les cris admiratifs des enfants – « Oh ! » – fusent, comme s’ils assistaient à un duel de super-héros.

Du spectacle au rêve de professionnalisation

Quand le spectacle s’achève, chacun reprend le cours de sa vie. Les parents repartent avec des idées nouvelles pour leurs enfants, les plus jeunes avec des images inoubliables, et les lutteurs avec des rêves persistants : transformer ce qui reste pour l’instant un hobby en véritable profession.

« L’enthousiasme du public a été inoubliable », conclut Kartish, visiblement émue par la chaleur de l’accueil. « De nombreux enfants ont demandé à participer, et les athlètes seniors ont été très appréciés. Une fois de plus, nous avons été rappelés que le sumo touche des personnes de tous âges. Nous espérons continuer à nous développer, faire connaître ce sport à un public toujours plus large et, pourquoi pas, obtenir un financement ou un sponsoring pour organiser un championnat du monde. Ce serait un tremplin pour permettre à nos athlètes de briller sur la scène internationale. »

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