L'Alyah comme sur des roulettes : seguer, vous avez dit seguer ??

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Depuis une quinzaine de jours déjà, un second seguer –  fermeture – a été appliquée au niveau national en Israël.

 

Dès la première semaine, les magasins et les restaurants étaient fermés en effet.

 

 

Et pourtant, tout autour semblait bouillir, virevolter comme d’habitude. Les bus défilaient et filaient à toute allure, laissant derrière eux les éternels retardataires à bout de souffle.

Si je ne savais pas ce que je sais, je crois bien que je m’y serais laisser prendre.

Les filles dénudées revenaient de la plage ; la planche de surf sous un bras, manoeuvrant le guidon du vélo d'une main ; cheveux blonds au vent, la peau dorée encore mouillée et sablée.

Les enfants couraient après les ballons lâchés dans le ciel bleu et pur. D’autres escaladaient les arbres et les statuts pour se poser un moment dans cette cabane de l’instant et échapper au temps.

La circulation était dense et fluide.

Les passants se baladaient tout simplement ; certains flânant, d’autres méditant.

Des copines, masquées, discutaient, se rapprochant plus que de coutume pour mieux s’entendre, se comprendre.

Était-ce des vacances ?

Un yom hag (jour de fête) peut-être ?

Non, assurément non ! Il n’y aurait pas eu tant de bus ni autant de magasins alimentaires ouverts.

Voici le second seguer en Israël, qui ne ressemble en rien au premier. Et tout le monde dehors semble depuis quinze jours être soulagé de pouvoir créer un mouvement.

 

La vie a basculé de nouveau.

Du tout, fou, désordonné, nous sommes passés au minima.

L’effervescence avant Rosh Hashana était à son apogée. Peut-être cette année plus que les autres. On pouvait même sentir tristesse et colère gronder dans le brouhaha général. Non pas cette fois. Rosh Hashana ne pouvait ressembler à Pessah dernier.

Combien de familles ce sont malgré tout retrouvées. Qu’importe, il s’agissait de brandir la « faille Balfour » ou autre excuse de sortie autant légitimes les unes que les autres.

L’indomptable israélien refuse de se soumettre, d’autant plus face à ce qu’il juge, pour la majorité, incohérent, illogique, injuste. Il s’offusque et se débat. C’est naturel chez lui, tout simplement. D'autant quand on le contraint à sauter à l'eau sans bouée de sauvetage.

Il ne comprend plus pourquoi le pays s’était figé pour seulement 130 cas positifs. Il comprend encore moins pourquoi rien n’a partiellement fermé en juillet dernier après 1 000, 2 000 …  puis 5 000 cas.

A 7 000 cas positifs, finalement, les rumeurs courraient bon train. Mais était-ce le chiffre qui était à l’origine de la décision ? Ou les fêtes de Tichri qui risquaient d’ajouter un quatrième 0 à ce chiffre qui faisait jaser la presse internationale ? Ou les lits Corona qui commençaient déjà à faire défaut ? Ou encore ne fallait-t-il pas voler la vedette aux Accords d'Abraham ? Les avis divergent et fusent dans tous les sens.

Toujours est-il que le feu est passé au rouge écarlate. Finito la comedia. Pour leur immunité collective, on repassera donc.

On n’a pas encore digéré le précédent confinement que déjà il faut se préparer mentalement à la nouvelle fermeture. Se confiner, là maintenant ? D'autant que cette fois, plus de suspens, on sait déjà que si on ne travaille pas, on risque de tout perdre une bonne fois pour toute. Même les a-politiques se sont mis à grincer des dents. Chacun à son idée, son mot à dire. Une vraie cacophonie. On ne s'entend plus penser et l'on commencerait même parfois à ne plus vouloir y penser.

Avant Kippour, l’étau s’est resserré. Le seguer a été renforcé. Nous n’avons pas été raisonnables, peu disciplinés semblent-ils nous reprocher. Qui donc ? De quoi ? Pourquoi ?  Chacun rejette la faute sur l'autre. Le vertige me monte à la tête. Kippour aura été un "Joker" que les Israéliens se sont offert gracieusement : de véritables "Jeux Olympiques" enivrants.

Depuis petit, mon fils s’amuse à qualifier le kippour israélien de « fête des vélos », et s’extasie à l'idée de pouvoir se rendre à la synagogue avec sa trottinette en empruntant le bitume, en toute liberté. Sauf que cette année, il n’y a pas eu de synagogue pour les enfants et leurs mamans, mais en revanche beaucoup, beaucoup, vraiment beaucoup de vélos ont sillonné les villes.

Le lendemain, les gens semblaient avoir la gueule de bois. Les visages étaient fermés et ternes. L’ivresse insouciante de la veille s’était évanouie, laissant place à la réalité crue, brute et tranchante.

Mercredi soir, Benyamin Netanyahou annonçait que l’on devait se préparer au pire. Envisager l’hypothèse d’une fermeture longue qui nécessiterait un déconfinement lent, progressif, partiel, pouvant durer six mois à un an.

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Était-ce un canular ? Y avait-il une étape qu'on avait raté ? Peut-être une information majeure qui nous avait échappée. Raisonnablement, on ne pouvait pas passer d'une sortie de seguer prévue dans 15 jours à dans six mois ou encore un an !!! MAPITOM comme dirions-nous ici !! Je crois que chacun s'est plus ou moins senti berné, acculé au mur. L'anxiété est montée en flèche sur le thermomètre de l'angoisse. Mais qui donc a bien pu imaginer que nous pourrions infléchir la courbe exponentielle de la Covid-19 en un mois seulement ?

Avec mes enfants, on profite de balader notre chien, marcher longuement en fin de journée quand l'air devient plus respirable. On a ce besoin de se vider la tête, de jouer au foot au parc ; courir, transpirer, crier EIZE CHRILLLLLLLL, rire ... respirer, sentir la vie, se sentir en vie. Les passants que l'on croise, le soir venu, semblent éprouver aussi cette nécessité d'oublier quelques minutes la réalité qui nous muselle et nous conduit sur une route bien incertaine à la signalisation erronée, floue et incohérente.

On s'inquiète tant qu'on n'ose plus en parler. Du déni inconscient ? Non, c'est pire encore, ça s'appelle faire l'autruche. On recherche la gaieté, la légèreté, la liberté qui sont devenues les seules nourritures terrestres qui font encore de nous des hommes capables de penser, de prier et d'y croire.

Hag Souccoth Sameah, Refoua chélema aux malades, et souhaitons-nous de parvenir à traverser cette nouvelle épreuve nationale dans l'union et l'amour du prochain.

Hava Mélanie Oz

 

Retrouvez moi sur mon blog DailyMel.net 

Découvrez aussi L'école à la maison, un joyeux balagan  version Seguer 1 (si peu de choses ont changé que le post demeure étrangement actuel), et kippour à la maison #5781

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Je vous suggère de regarder l'émission Tandem 2.0 spéciale Corona qui vous apportera des réponses très claires sur le fameux test PCR.

C'est bien un masque sur sa tête

Restons masqués et cessons de nous coller les uns aux autres. Oui parce que porter un masque sur la tête, sur le bras ou encore sous la bouche et continuer à coller les gens dans les espaces fermés ne nous aidera à tourner la page. Plus tôt nous l'aurons compris, plus tôt pourrons-nous nous faire à nouveau de gros câlins.

Et vous, que vous inspire la situation ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parce que sans nul doute, ils me font toujours autant rire tant ils sont perspicaces, voici un petit bonus signé jewbuzz israël :

 

 

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