Flambée de la violence domestiques en Israël de Sarah Ben

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Flambée de la violence domestiques en Israël de Sarah Ben

Flambée de la violence domestiques

Suite au confinement et la diminution des places disponibles dans les centres d'accueil pour femmes battues

Les rares endroits où l'on prévoit encore de l'affluence dans les jours prochains restent les centres d'accueil pour femmes battues, en raison de l'enfermement avec des conjoints devenus violents au sein de familles épargnées jusque là. Le ministère des Affaires sociales se prépare à l'ouverture de nouveaux refuges.

Le confinement dû à la crise du corona a provoqué une montée en flèche des plaintes pour violence familiale, et les places encore disponibles dans les foyers d'accueil pour femmes battues se font rares. Le ministère envisage l'ouverture de nouveaux centres, pour prévenir la possibilité de fins de non recevoir adressées à de nouvelles demandeuses.

Selon les chiffres du ministère des Affaires sociales, l'occupation des refuges avoisine aujourd'hui les 90%, mais, sur le terrain, ces derniers font état d'une occupation de 95%. Des sources liées à ce problème ont rapporté à «Haaretz» que le problème des places est non seulement conséquent à l'augmentation des cas de violence mais également à l'impossibilité pour les pensionnaires de quitter ces centres, en raison des difficultés à se rendre au travail et à refaire leur vie en cette  période. Sur les lignes téléphoniques de la Wizo et de L.A. à la disposition des victimes de violence familiale et des centres d'assistance aux victimes d'atteintes sexuelles, on constate une augmentation des déclarations des cas, et on prévoit une augmentation sans précédent du nombre de femmes susceptibles d'être en proie à la violence domestique.

Selon ces organisations, la conjonction entre la contrainte de l'enfermement, la précarité économique et la perte de la vie normale, constitue un terrain fertile à la violence familiale. «Nous ne sommes pas préparés face au raz-de-marée qui s'apprête à déferler. Il s'agit d'une situation extrême jamais observée auparavant», déclare Rebecca Newman, directrice de la promotion du statut à la Wizo, qui entretient deux refuges pour femmes  battues en sus de leur ligne téléphonique. «Nous identifions des familles normatives qui font part pour la première fois de problèmes de violence, pendant que la situation empire dans les familles déjà en proie à ce problème».

Danielle (nom d'emprunt), qui est sortie d'un refuge pour femme battues il y a deux ans après un long processus de réadaptation, parle de l'aggravation de la précarité en cette période de crise du corona. «Je me suis reconstruite, j'ai changé de ville et rompu tout contact avec mon ex-conjoint, et je ne l'ai plus revu depuis. Il y quelques mois, j'ai rencontré quelqu'un. Nous sommes confinés suite à notre retour de l'étranger. Mais voilà que, soudain, je découvre un autre homme. Nous avons tous deux été renvoyés de notre travail, et nous sommes enfermés à la maison avec les enfants, et j'ai peur. Il nous crie et nous menace. Il me rappelle de plus en plus mon premier mari. Je suis morte de peur à l'idée que la violence ne devienne physique. Je n'ai pas où aller», rapporte-t-elle.

Outre le cas de Danielle, les lignes d'urgence font état d'appels de femmes en confinement agressées physiquement ou verbalement, dans l'impossibilité de partir de chez elles. Selon Dina Hevlin Dahan, directrice générale du foyer d'urgence pour femmes et directrice du forum des associations chargées du fonctionnement des refuges, le confinement est insupportable pour les femmes victimes de violence et leurs enfants. «Les équipes des refuges ont été renforcées, et leur action a été adaptée à la situation particulière sous l'égide du ministère des Affaires sociales. Mais il y a aujourd'hui un besoin urgent de centres supplémentaires pour les femmes victimes de la violence et pour leurs enfants».

Sans l'ouverture prochaine de nouveaux refuges, une liste d'attente de dizaines de femmes en danger de mort risque de se former. Chaque mois, cinquante nouvelles pensionnaires viennent rejoindre les refuges, et ce nombre risque d'augmenter de manière impressionnante. «En temps normal, deux cent mille familles sont concernées par le cercle de la violence d'après les estimations les plus prudentes. Ce nombre va augmenter considérablement», estime Rébecca Newman de la Wizo.

Selon elle, des femmes qui ont obtenu un soutien à l'insu de leur conjoint dans le passé craignent de poursuivre le traitement via Internet, de peur que le conjoint violent ne l'apprenne puisqu'ils sont enfermés dans la même maison. «Des femmes qui en temps normal sont entourées d'un soutien professionnel se retrouvent seules», ajoute Orit Soletsiano, directrice générale de la fédération des centres d'assistance aux victimes d'agressions sexuelles. «Nous assistons à une augmentation des appels suite au sentiment de chaos et d'impuissance qui s'instaure. La détresse des victimes est à son apogée, et les signes post-traumatiques s'aggravent.»

L'aggravation de la violence se manifeste aussi dans les tentatives de meurtre au sein de la famille. Une femme a été assassinée la semaine dernière à Rishon-Le-Sion par son conjoint. Mercredi, c'est une jeune femme qui a été assassinée à Oum-El-Fahem, tandis qu'une autre a échappé à une tentative de meurtre à Lod. Le lobby pour la protection de la femme a adressé la semaine dernière une lettre au Premier ministre, Benyamin Netanyahou, ainsi qu'au ministre des Affaires sociales, Ophir Akonis, pour les appeler à débloquer des fonds pour le logement d'urgence et les refuges des femmes victimes de violence familiale, et également à ouvrir une ligne d'urgence d'information dans toutes les langues. Il a aussi exigé que les autorités locales obtiennent des ressources en faveur de l'initiative de la prise de contact et de l'accord de réponses aux familles touchées par le cycle de la violence.

 

de Sarah Ben de Trouver en Israël 

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