M. Macron de retour de Jérusalem

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M.Macron de retour de Terre Sainte.

De retour de Jérusalem, M.Macron n'a pas hésité à mettre sur le même plan la Guerre d'Algérie et la Shoah.

Dans la logique d'Aristote, celle qui préside à notre langage (logos), à notre raisonnement :  a = a, ou : non a = non a, ou alors, à la rigueur : non non a = a, mais a = b, est impossible.

En effet, comment comparer la Guerre d'Algérie à la Shoah.

D'ailleurs, et c'est très symptomatique, au mot «guerre» se substituait alors à l'époque, pudiquement, le mot «évènements», on disait «les évènements d'Algérie», tant il est vrai que le terme «guerre» paraissait, à tort peut-être, comme exagéré. Nous sortions, il est vrai, de celle, abominable de 1939-1945 où au delà des terribles engagements militaires classiques pour une guerre, le crime absolu, inédit, contre l'Humanité avait été perpétré.

Il était donc impossible qu'on employât le même terme pour désigner des «évènements» tragiques bien sûr et qui pouvaient être dits et l'impensable, l'ineffable, l'indicible.

Pourtant, aujourd'hui, quelqu'un, le Président de la République Française énonce ces deux mots en terme d'équivalence. Ou alors, M.Macron se trompe de protagonistes dans un tour de passe-passe où les rôles sont décidément fort mal distribués.

Mais l'Histoire est là pour chercher ; attention, elle trouve...

Nous sommes en Algérie en 1940. L'antisémitisme y bat son plein. Des manifestations très violentes ont lieu contre les «compatriotes» juifs.

Les propagandistes du Maréchal Pétain sont déchaînés. Les Français d'Algérie chrétiens, pas tous bien sûr, réclamaient l'abrogation du «Décret Crémieux».

Décret par lequel, 70 ans plus tôt, les Juifs indigènes d'Algérie bénéficièrent de la nationalité française.

Remarquons, en passant, que cette mesure extraordinaire libérait en 1870, de jure, les Juifs de leur statut de dhimmis par lequel ils étaient discriminés de la part de leurs maîtres musulmans, comme d'un joug qu'on leur enleva.

Quarante ans plus tard, les Arabes allaient évidemment être ravis si ce décret était abrogé. Il va l'être.

En effet, le 3 octobre 1940, Pétain fait publier en Algérie une « Loi portant statut des Juifs » avant même sa publication officielle, trois semaines plus tard, en France ! On sait son cortège d'humiliations et d'injustices : les Juifs d'Algérie perdent leur nationalité française. Ils sont exclus de l'armée, de l'enseignement, de la magistrature, du corps des avocats, des médecins, de la presse, du cinéma etc...

Ces mesures ont été effectivement appliquées avec un zèle incroyable et surtout sans qu'il fallût que les Allemands fussent présents pour y veiller scrupuleusement.

M.Macron, avec tout le respect que l'on doit à votre fonction, faites-vous vôtre cette devise qui, modestement est la mienne : « Avant de dire, je cherche. »

Philippe Barkatz.

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