Israël: le jour où j'ai oublié mon fils dans la voiture

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Le jour où j'ai oublié mon fils dans la voiture

Je dois reconnaître que je suis avant tout un être humain et malgré des désirs purs et des hautes aspirations spirituelles, j'ai également de profondes bases de paresse, de dépendance et d'oubli comme tout à chacun. La  volonté ne suffit pas.

Par exemple, ce moment où j'ai réalisé que mon enfant était resté attaché sur son siège auto  dans ma voiture et que je l'avais totalement oublié - me pourchasse encore.

Ce fût le moment le plus terrifiant de ma vie.
C'était un vendredi, il y a six ans, je me suis arrêté dans un supermarché rue Shaulson pour acheter deux hallah  pour shabbat et une boîte de crème parvé.
Je suis revenu au bout de dix minutes, j'ai démarré, quand  j'ai entendu une petite voix derrière moi me dire : "Papa, où étais tu ?"

Ce moment où j'ai réalisé que mon enfant était resté ici, dans ma voiture, attaché  à son siège sécurité, et qu'il avait totalement disparu de mon esprit me renvoie à des crises d'anxiété et de honte encore aujourd'hui, six ans après.
Souvent je repense à cette perte de conscience, perte de la réalité, et les émotions que cela a éveillé en moi.
Je me jure que plus jamais une telle chose ne pourra arriver, je m'en fais bien  la ferme promesse mais je sais que rien ne peut l'assurer complètement.

Le doute me ronge toujours. Car comment puis-je savoir que cela n'arrivera pas?

Quand vous y réfléchissez, c'est une idée étrange de se promettre quelque chose, de faire le voeu, de se jurer que plus jamais je ne ferais une telle chose.

Si l'on se promet de faire quelque chose de bien pour soi comme courir deux fois par semaine  ou apprendre une page de commentaires par coeur ou arrêtez de fumer. Qui peut nous en empêcher? Et dans ce cas pourquoi devrai-je me le jurer ?

En fait , faire un voeu, émettre un souhait, se jurer que, c'est avant tout admettre que nous sommes un humain, avec ses faiblesses, et malgré toute la bonne volonté  nous restons un humain broyé par le quotidien.

Je connais ses moments d'extases, ces moments de joie, dans lesquels je suis disposé à jurer à me promettre, bref remodeler ma vie, ce sont des moments rares et éphémères qui seront tôt ou tard remplacés par la routine.

Ce sont les moments de la révélation de la Shekhina, de la parole de Dieu, des instants de grâce qui surgissent en nous,nous devons les capturer pour «purifier la terre et donner naissance et croissance».

La clé d'un progrès réel, de notre avancement personnel consiste à ancrer les désirs dans les actes: autant qu'il dira de sa bouche, il le fera, que nos paroles se transforment en actes et ainsi tous les jours.

Alors cette semaine, j'ai pris une pince à linge ; quand ma petite fille est assise sur son siège auto, j'accroche une pince à linge sur le col de ma chemise et quand est elle avec moi la pince à linge est sur son siège auto, une fois qu'elle revient à sa place sur son siège je remets la pince à linge sur le col de ma chemise.

C'est simple et pas cher, ça ne prend ni temps ni d'attention, et je suis sûr que je ne sortirai jamais de la voiture avec une pince à linge sur ma chemise.
Et jamais cela devait arriver, je sais que quelqu'un me dira , "mais pourquoi as tu cette pince à linge sur ta chemise ?!?"  illico presto demi-tour à la voiture pour aller chercher mon enfant !

 

 

 

 

 

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