Livre juif : Entre les gouttes de la Pologne à la France, une vie

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livre juif : Lentschener Helene , entre les gouttes

La réalité est souvent bien plus riche, captivante et étonnante que la fiction. Entre les gouttes est une occasion de plus qui nous est donnée de vérifier cela. Quitter la Pologne, voir les nazis entrer dans Bruxelles, y vivre les humiliations que subirent les juifs, se retrouver sur les routes de l’exode vers le nord de la France et ses côtes, revenir à Bruxelles, partir vers la zone libre,  échapper à la mort par miracle, rentrer dans la résistance et puis se reconstruire.

livre juif : Lentschener Helene , entre les gouttes

livre juif : Lentschener Helene , entre les gouttes

Attaquer une nouvelle vie, y rencontrer des artistes incroyables comme Jean Ferrat, Barbara ou Louis de Funes, côtoyer ceux qui feront l’actualité du siècle comme Arthur London, ou encore passer des vacances dans la villa de Picasso a Vallauris, et alors que l’on pensait être sur une trajectoire  enfin harmonieuse, perdre son mari et devoir à nouveau faire face à une nouvelle vie.

Et à nouveau la réussir. Entre le gouttes est une leçon de vie, d’optimisme, et d’intelligence. Un beau récit que l’on aurait du mal à croire si c’était une fiction.

La clé ? Hélène Lentschener la donne quand elle divise le monde en deux, ceux qui sont doués pour le bonheur, et les autres.

 

Extraits du livre :

Et puis au bout de trois semaines, début septembre 1942, Papa et Maman sont partis. Ils savaient qu’ils allaient à Drancy, mais ce qu’ils ignoraient, c’était qu’ils ne reviendraient jamais.

Un monsieur a dit à mon père « Ne prenez rien avec vous, on va vous le prendre. Laissez à votre fille tout ce que vous avez ». Ma mère m’a accro- ché autour du cou le petit sac qui contenait les dollars et m’a remis la boite avec les bijoux. Nous nous sommes dit au revoir. Ce fut un adieu.

Je me suis retrouvée seule avec le magot de mes parents à préserver « en attendant leur retour », croyais-je.

Mon père m’envoya une carte pos tale que j’ai toujours gardée. À Drancy, notre correspondance a continué. Je leur ai même écrit dans une lettre « après la pluie le beau temps ». Comme j’étais naïve !

Le 10 juin 1944, je vis bruler l’église d’Oradour-sur-Glane, à 5 km de Li- moges. Toutes les femmes et tous les enfants venaient d’être brulés vifs dans l’église, tandis que les tous les hommes du village avaient été mitraillés. 642 personnes au total.

Et puis, quelques jours plus tard, j’entendis des coups de feu. C’était le 21 août 1944. Limoges était libéré. La joie fut immense. Nous sommes descen- dus dans la rue. Heureux, soulagés, enthousiastes. Nous étions libres.

Choix de Claude Layani

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