70 ans après : le temps est-il venu de rire de la Shoah ?

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Rire ou ne pas rire, là est la question qui se trouve au centre du documentaire « The last Laugh ». Malgré le consensus qui permet de se moquer des nazis, parmi les comédiens, les rescapés et les militants anti-racisme, l'opinion est divisée. Qu’est ce qui a changé depuis l'époque du « Dictateur" de Charlie Chaplin?

La Shoah est-elle un sujet approprié à l'humour? Le film documentaire de Fern Perlstein, "The Last Laugh", dont la première a eu lieu le mois dernier au festival du film de Tribeca, traite de ce sujet. Le film met en scène des survivants de la Shoah, des militants anti-racisme, des artistes, des écrivains et des comiques. Il comprend également des extraits de films et des spectacles de stand-up traitant de l'Holocauste.

La combinaison Shoah/humour est taboue depuis des décennies. Très peu de films ont osé toucher le sujet de manière humoristique, comme l’a fait par exemple, Charlie Chaplin dans "Le dictateur" en 1940. Cependant, à partir des années 90, avec l’arrivée des 2èmes et 3èmes générations sur les planches, une nouvelle mémoire a commencé à prendre forme, combinant humour et satire sur la Shoah au cinéma, à la télévision, dans des spectacles de stand-up et sur Internet.

"The Last Laugh" se concentre sur Borne Firestone, 91 ans, survivante de l'Holocauste. Mengele a mené ses horribles expériences sur ses sœurs et toute sa famille est morte dans l'Holocauste. Malgré le terrible traumatisme qu’elle a vécu, elle est d’avis que perdre son sens de l'humour – même au sujet de la Shoah – revient à laisser la victoire aux nazis. Elle affirme que sa vengeance contre Hitler réside dans le fait qu'elle a survécu et qu’elle peut se gausser de lui.

Ou est la limite? - Mel Brooks

Ou est la limite? - Mel Brooks

Au cours des dernières décennies, de plus en plus de comédiens ont osé aborder la question de l'Holocauste. On se souvient principalement de l’épisode "Soup Nazi" dans la série "Seinfeld", où la comédienne Joan Rivers a flatté le top model allemand Heidi Klum: "La dernière fois que l'Allemagne a eu si chaud, c’est quand ils ont poussé les Juifs dans les fours." Rivers a provoqué la colère de la ligue Anti- diffamation dont les membres affirmé qu’elle avait profané la mémoire de la Shoah.

Le consensus général que le film parvient à définir est le suivant :  si il est établi que l’on peut rire de la Shoah, alors seuls les juifs y sont autorisés.

"The Last Laugh" tente de répondre à cette question, entre autres, en discutant du film controversé "La vie est belle" de Roberto Benigni. Selon Mel Brooks, comédien et acteur juif estimé ("Les Producteurs", 1968), le décrit comme le pire film jamais fait, à cause de la façon dont il gère la Shoah. Cependant, Abraham Foxman de la ligue Anti- diffamation, a condamné la remarque de Rivers, car selon lui le film oscarisé est merveilleux.

Il y a également une brève discussion sur le film de Jerry Lewis "Le jour où le clown a pleuré," qui a été annulé avant d'arriver sur les écrans. Il était question d’un clown chargé de divertir les enfants cheminant vers les chambres à gaz d’Auschwitz. L'échec du film montre pourquoi ces sujets doivent être manipulés avec soin.

The Last Laugh" élargit la discussion sur l'humour et le tabou et couvre des sujets supplémentaires tels que le racisme et la catastrophe du World Trade Center.

Bien que le film ne donne pas de réponse claire à la question de savoir si on peut se moquer ou de l'Holocauste, il présente cependant une variété de points de vue et d’opinions. En fin de compte, même si nous sommes d'accord que l'humour est nécessaire pour survivre, où est la limite? Tout dépend de l'œil du spectateur.

Source : nrg.co.il

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