Ecrivain juif : Le Paris de Walter Benjamin

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Le Paris de Walter Benjamin

 

 

Walter_Benjamin_vers_1928

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Walter Benjamin naît à Berlin-Charlottenburg de parents juifs, Émile Benjamin (1856-1929) et Pauline (née Schoenflies

Le Paris de Walter Benjamin

Walter Benjamin, « Paris capitale du XIXème siècle », Dessins de Julio Silva, Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 64 p., 2016

En 1938 Benjamin rédige en français ce qu’aurait dû être « Le livre des passages ». Il se voulait «une histoire sociale de Paris au XIXe siècle». L’auteur entame un travail essentiel et l’on regrette qu’il soit resté à l’état d’œuvre abandonnée. Benjamin devait démontrer comment les formes de modernité économique et technique avaient un lien avec l’univers d’une fantasmagorie. C’est d’ailleurs cette idée que Rem Khoolhaas reprendra plus tard en changeant le lieu de cette modernité (XXème siècle aidant) avec son « New-York Delire ».

Benjamin a compris combien les « fantasmagories du marché » correspondent à celles de l’intérieur, qui se trouvent constituées « par le penchant impérieux de l’homme à laisser dans les pièces qu’il habite l’empreinte de son existence individuelle privée ». Quant à la fantasmagorie de la civilisation elle-même, elle a trouvé son champion dans Haussmann, et son expression manifeste dans ses transformations de Paris.

Benjamin a prouvé comment le cœur de la ville change non avec « le cœur des mortels » (Baudelaire) mais avec leurs conditions économiques. L’auteur fait d’ailleurs appel au poète des Fleurs du Mal : « Pour la première fois chez Baudelaire, Paris devient objet de poésie lyrique. Cette poésie locale est à l’encontre de toute poésie de terroir. Le regard que le génie allégorique plonge dans la ville trahit bien plutôt le sentiment d’une profonde aliénation ».

Nous voici rendu au lieu de l'architecture de la persuasion et du racolage. Benjamin annonce aussi et en quelque sorte le Philip Roth et son "Rêve américain". Paris rapproche et éloigne, fascine et révulse dans la modification de paysage. L’être risque de devenir une présence in absentia. L’architecture de l’ornemental devient des plus ambiguë. Paris devient le territoire interlope du vide et du trop-plein. Preuve que la société de consommation n’est jamais avare de gâchis et de destruction.

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